A propos de l’information

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Chaque jour, un déferlement d’informations se répand à travers les médias classiques et Internet. S’il est nécessaire d’être informé sur ce qui se passe dans sa région, dans son pays, et d’une manière générale dans le monde, on peut néanmoins regretter une telle profusion de “nouvelles“. Sur certaines chaînes de télévision, outre celles qui sont données par les présentateurs du “Journal“, on en voit une multitude défiler au bas de l’écran. De mon point de vue, cette surinformation produit son contraire : la désinformation. On en est même venu à anticiper l’actualité et à imaginer des événements politiques, économiques et autres, comme s’ils s’étaient vraiment produits.

Il me semble également regrettable que tant d’importance soit accordée aux événements dramatiques et à ceux qui mettent en exergue ce que l’homme peut faire de pire vis-à-vis de lui-même et des autres. Est-il vraiment nécessaire de diffuser “en boucle“ des informations ou des images où il est question de morts, de blessés agonisant, de crimes, de prises d’otages et de catastrophes en tous genres. Certes, cela permet de susciter la compassion envers les victimes, mais cela cultive aussi la peur, l’angoisse, la tristesse, le pessimisme, etc., d’où la morosité ambiante.

Il est un principe connu de tous les Rose-Croix : la pensée est créatrice, en positif comme en négatif. Lorsque des millions de personnes se focalisent sur des informations négatives, elles génèrent des pensées et des émotions de même nature. Combinées ensemble, ces pensées et ces émotions négatives créent une visualisation collective qui finit tôt ou tard par se matérialiser en donnant lieu à de nouveaux drames en tous genres, qui à leur tour en alimentent d’autres… C’est ce qui explique par exemple que certaines catastrophes mises en scène dans des films à sensations finissent par se produire réellement.

Pourquoi ne pas se limiter à donner rapidement les informations négatives, sans nécessairement les illustrer et les commenter, et au contraire développer par de brefs reportages celles qui sont positives ou qui ont un intérêt réel ? Cela mettrait en évidence ce qu’il y a de meilleur dans la nature humaine et rendrait les gens plus optimistes, et donc plus heureux. Parallèlement, cela contribuerait à élever les consciences, ce qui, selon moi, devrait être l’un des rôles de l’Information en général.

Je pense que la plupart de ceux qui nous informent au quotidien sont conscients du problème, mais ils sont prisonniers d’un système qui privilégie “l’audimat“, et donc, malheureusement, l’attente du plus large public. Espérons que certains d’entre eux parviennent à se dégager de ce système et ouvrent une nouvelle voie dans le domaine de l’Information, devenant par là même des précurseurs, pour le bien de tous. À quand un « Journal des bonnes nouvelles » qui reléguerait les mauvaises au second rang, sans pour autant tomber dans l’angélisme ?

Serge Toussaint
Grand Maître de l’Ordre de la Rose-Croix

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