A propos du symbolisme

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Le symbolisme a toujours fait partie de l’ésotérisme, tel que le perpétuent le Rosicrucianisme, le Martinisme, le Maçonisme et autres mouvements traditionnels. Contrairement à ce que l’on peut penser à priori, son but n’est pas vraiment de voiler des lois ou des principes mystiques, mais de les illustrer ou de les imager aussi simplement et concisément que possible. À titre d’exemple, la Rose-Croix symbolise la dualité de l’être humain, à savoir son corps physique (la croix) et son âme (la rose). Vous noterez que ce symbole est universel et qu’il n’a aucune connotation religieuse en tant que tel. Le Pantacle, tel qu’il est utilisé par les Martinistes, représente l’union du monde matériel (triangle avec la pointe en haut) et du monde spirituel (triangle avec la pointe en bas), les deux faisant partie de la Création dans son ensemble (le cercle qui entoure les deux triangles entrelacés).

La plupart des symboles ésotériques sont formés à partir du point, de la ligne, de la croix, du triangle, du carré et du cercle, chaque combinaison ayant une signification particulière qu’il faut interpréter, pour ne pas dire décrypter. Ce décryptage est d’autant plus difficile que plusieurs symboles combinés n’ont pas nécessairement le même sens que lorsqu’ils sont considérés séparément. C’est ainsi qu’un carré seul représente la stabilité. Circonscrit dans un cercle, il symbolise le passage de la matière à la vie. De même, un point seul représente l’idée de commencement. Placé au centre d’un triangle, il symbolise la tri-unité matérielle ou spirituelle, selon la manière dont ce triangle est orienté. L’interprétation des symboles ésotériques n’est donc pas une science exacte, mais un art mystique.

Le symbolisme traditionnel ne se limite pas à des figures géométriques ou à des combinaisons de ces figures. Il inclut également l’usage des nombres, notamment ceux allant de 0 à 10 (les chiffres sont alors considérés comme des nombres). Chacun d’eux correspond également à une loi ou à un principe mystique : 1 à l’unité, 2 à la dualité, 3 à la trinité, 4 à la stabilité, etc. Mais là encore, leur signification peut changer, selon qu’ils sont pris isolément ou qu’ils s’intègrent dans une combinaison dite théosophique. Comme c’est le cas pour l’interprétation des figures géométriques, celle des nombres ne constitue pas une science, comme il est courant de le dire, mais un art.

Naturellement, les symboles ésotériques ne se limitent pas à l’utilisation des figures géométriques et des nombres. Ils intègrent des illustrations (le phénix, le damier, le caducée, etc.) et des objets (l’épée, le sablier, le maillet, etc.). Si leur étude est à la fois utile et passionnante, il faut veiller néanmoins à ne pas en faire le support d’un intellectualisme stérile, ce qui est malheureusement assez courant. Certes, tout symbole ésotérique, notamment s’il est composé, ne peut être compris sans faire appel à l’analyse et au raisonnement, mais il faut également et peut-être surtout en faire un objet de méditation, afin de le soumettre à la conscience de l’âme. En effet, c’est sous l’inspiration de ce qu’il y a de plus divin en nous que l’on peut saisir et intégrer la signification profonde des symboles ésotériques. Pour certains d’entre eux, il semblerait même qu’une vie ne soit pas suffisante pour en percer le mystère…

Serge Toussaint
Grand Maître de l’Ordre de la Rose-Croix

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