A propos des jeunes

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Tout d’abord, peut-être est-il utile de rappeler qu’être jeune est une chance. Certes, la situation actuelle du monde est inquiétante, et l’on peut comprendre les interrogations qu’elle suscite chez les jeunes, de même que la peur de l’avenir ressentie par nombre d’entre eux. Mais comme l’énonce l’adage, « la peur n’évite pas le danger », ce qui est une manière de dire que l’on attire souvent ce que l’on craint, tant sur le plan individuel que collectif. Ainsi, craindre la maladie, l’échec, le chômage, la crise, etc., contribue à causer la maladie, l’échec, le chômage, la crise, etc. Si tel est le cas, c’est parce que la pensée est créatrice, dans un sens positif comme négatif. Malgré le contexte international actuel, les jeunes devraient donc adopter une attitude positive à l’égard de l’avenir. Si on peut comprendre qu’ils réagissent contre ce qui leur déplaît, ils auraient également intérêt à tout mettre en œuvre pour réaliser ce qui leur plaît.

Comparée aux générations passées, la jeunesse actuelle possède deux grandes qualités : d’une manière générale, elle a un esprit universel et international, de sorte que très peu de jeunes sont racistes ou nationalistes. Par ailleurs, la plupart d’entre eux sont écologistes, en ce sens qu’ils ont pleinement conscience de l’état précaire de la planète et de la nécessité d’agir pour mettre fin à la dégradation de l’environnement. Cela étant, il me semble que beaucoup d’entre eux manquent de spiritualité. Je pense que ceci est dû au fait que la génération de leurs parents a rompu avec l’éducation religieuse (judéo-chrétienne en Occident) qui leur avait été imposée lorsqu’ils étaient jeunes. Cette rupture, pour ne pas dire ce rejet, les a conduits à “athéiser“ leurs enfants (les jeunes d’aujourd’hui). À cela s’ajoute le fait que la plupart des religions ne répondent plus aux questions existentielles qu’ils se posent, et ne sont plus adaptées à l’évolution des consciences et des mentalités.

Si la crise que traverse le monde est telle que la plupart des jeunes craignent pour leur avenir, c’est précisément parce que la société est devenue trop matérialiste et a fait de l’avoir un but en soi : avoir si possible beaucoup d’argent, une grande maison, une voiture puissante, la célébrité, le pouvoir, etc. Mais à quoi bon tout cela si l’on ne donne pas un sens à sa vie ? Les générations passées étaient obsédées par l’idée de « réussir dans la vie ». À mon avis, les jeunes devraient plutôt s’interroger sur ce qu’il faut faire pour « réussir leur vie ». Une telle interrogation les conduirait à revenir à cette question fondamentale que leurs parents ne semblent plus se poser : « Pourquoi vivons-nous sur Terre ? » Et contrairement à ce qu’ils pensent peut-être, il y a des réponses à cette question, hors de tout dogme religieux. En cela, il importe de comprendre que l’on peut être spiritualiste sans suivre une religion (c’est le cas de la plupart des Rose-Croix), car la spiritualité est du domaine de la connaissance et transcende la religiosité, laquelle est du domaine de la croyance.

En conclusion, il est devenu urgent d’adopter un mode d’existence privilégiant l’être et de puiser dans la spiritualité le désir d’œuvrer à l’avènement d’un monde où l’homme vivra en harmonie avec lui-même, avec les autres, avec la nature et avec le Divin, au sens mystique du terme. En cela, rappelons qu’André Malraux aurait dit que « le XXIe siècle sera spirituel (et non religieux) ou ne sera pas ». Comment ne pas compter sur les jeunes pour qu’il en soit ainsi !

 Serge Toussaint
Grand Maître de l’Ordre de la Rose-Croix

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