A propos des débats

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De plus en plus d’émissions de radio et de télévision sont consacrées à des débats. Certes, on peut y voir le signe d’une société véritablement démocratique, donnant toute sa latitude à la liberté d’expression. Cela étant, nombre de ces émissions encouragent la polémique, l’opposition, la confrontation et autres rapports de force, de sorte que le supposé débat se transforme le plus souvent en joute verbale, en duel oratoire, non sans son lot d’invectives et d’altercations, pour le plus grand plaisir d’une certaine catégorie d’auditeurs et de téléspectateurs.

De toute évidence, il est utile de débattre sur des sujets concernant l’état et le devenir de la société, avec ce que cela implique en termes de politique, d’économie, de culture, de morale, etc. Mais plutôt que d’encourager la polémique et de s’en nourrir, ne serait-il pas mieux de favoriser l’échange d’idées ? Naturellement, cela ne dépend pas que de l’animateur, car rien n’oblige les débatteurs à se quereller, ce qu’ils ont tendance à faire, volontairement ou non, avec sincérité ou non.

Chacun devrait convenir qu’il est agréable et enrichissant d’écouter des personnes échanger calmement et posément sur des sujets divers, alors qu’elles ont des idées différentes, voire opposées en la matière. Ce faisant, elles donnent l’exemple d’une attitude digne et respectable, et contribuent à la paix sociale. Passer son temps à contredire ou à alimenter la discorde ne mène à rien de constructif. Il est bien plus utile de chercher à s’accorder sur l’essentiel et de cultiver l’harmonie au-delà des différences, ce que les Rose-Croix s’évertuent à faire.

D’une manière générale, tout débat devrait avoir pour but, à travers un échange courtois et constructif, de mettre en évidence les divergences, mais aussi et peut-être surtout les convergences. Dès lors, plutôt que de se focaliser sur les premières et de rester sur la division, il vaudrait beaucoup mieux privilégier les secondes et en faire un vecteur d’union, pour ne pas dire de consensus. Cela suppose naturellement de la bonne volonté des uns et des autres, et une vertu aussi noble que rare : la tolérance. Le meilleur moyen d’y parvenir est de se rappeler qu’aucun de nous ne détient la vérité.

S’il est effectivement utile d’organiser des débats dits de société, on peut néanmoins se demander s’il n’y en a pas trop de nos jours, notamment à la radio et à la télévision. Dans ce domaine comme dans d’autres, l’excès finit par générer la lassitude et le désintérêt. À cela s’ajoute le fait que ce sont bien souvent les mêmes débatteurs qui sont sollicités, de sorte que l’on connaît a priori la teneur et la tenue de leurs discussions, dans le fond comme dans la forme.

Serge Toussaint
Grand Maître de l’Ordre de la Rose-Croix

 

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