A propos de la laïcité

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Il est évident que la laïcité est une nécessité pour maintenir une indépendance entre la sphère politique et la sphère religieuse. En effet, l’Histoire a montré et montre encore que le mélange des genres est une mauvaise chose, et ce, dans les deux sens : certes, du religieux vers le politique, mais également du politique vers le religieux. Cela suppose que ceux qui ont une responsabilité politique fassent abstraction de leurs croyances religieuses s’ils en ont, et que ceux qui assument une fonction religieuse ne l’utilisent pas à des fins politiques.

Si la laïcité est un principe fondamental dans toute démocratie, il faut veiller néanmoins à ce qu’elle ne porte pas atteinte à la liberté de croyance. En effet, tout comme il y a des intégristes de la religiosité, il y a des intégristes de la laïcité. Sous prétexte de la défendre, ces derniers sont en fait des laïcistes qui s’emploient à combattre la spiritualité et à instaurer un athéisme généralisé, probablement en vue de donner une orientation encore plus matérialiste à la société.

Parmi les partisans de la laïcité, il y a également des croyants “qui ne jurent“ que par la religion qu’ils suivent et qui ne respectent ni ne tolèrent les autres religions. En règle générale, ils sont très laïcs vis-à-vis de ces dernières, mais beaucoup moins envers celle à laquelle ils adhèrent ou qu’ils pratiquent. Cette laïcité “à géométrie variable“ est malsaine également, car elle dissimule une forme d’exclusion à l’encontre de ceux qui ont des croyances religieuses différentes.

Dans les pays où la laïcité fait l’objet de débats exacerbés, dont la France, aucune personnalité politique n’oserait prononcer le mot « Dieu » dans un discours officiel, pas même dans une conversation privée, dont on sait qu’elle pourrait être rendue publique. Pourtant, ce mot universel ne traduit pas en lui-même l’appartenance à une religion particulière ou à un mouvement religieux particulier. Il traduit simplement la croyance en un Principe transcendantal, une Force suprême, quelle que soit d’ailleurs l’idée que l’on s’en fait. C’est ainsi que la plupart des Rose-Croix admettent l’existence de Dieu, sans pour autant appartenir à une religion.

Quoi qu’on en dise, le matérialisme ne peut rien apporter de bon à l’humanité, car il est fondé sur les désirs les moins nobles de la nature humaine (désir de possession, de domination, de division, etc.) De son côté, la spiritualité (et non la religiosité) véhicule les valeurs les plus nobles que l’on attribue à l’âme humaine (générosité, humilité, tolérance, etc.), sans oublier l’espoir. Or, après la vie elle-même, qu’y a-t-il de plus précieux que l’espoir, fut-il fondé sur la croyance en Dieu et sur l’idée que l’homme a une destinée qui transcende sa vie mortelle ? En cela, il me semble que l’idéal se situe dans une laïcité spiritualiste ou, si vous préférez, dans une spiritualité laïque.

Serge Toussaint
Grand Maître de l’Ordre de la Rose-Croix

 

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