À propos de la condition féminine

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Régulièrement, la question de l’égalité homme-femme revient dans l’actualité, le plus souvent en relation avec le statut social et professionnel. Dans les sociétés modernes, chacun sait que les femmes, pour un emploi équivalent, sont moins bien rémunérées que les hommes. Des professions qu’elles seraient tout-à-fait capables d’exercer leur sont refusées. Il leur est très difficile d’accéder aux plus hautes fonctions dans les domaines politique, économique, etc. Certaines “fraternités” leur sont interdites. De toute évidence, une telle situation est à la fois anormale et injuste.

Quelle est donc l’origine de ce traitement de “défaveur” ? Je pense qu’il vient en grande partie des textes religieux qui “rapportent” les origines de l’humanité, notamment la Genèse. D’après ce texte biblique, Adam et Ève ont chuté de leur condition paradisiaque à cause d’Ève, qui aurait désobéi à Dieu après s’être laissée influencer par le serpent. Dès lors, les religions ont fait de la femme un être faible et influençable, et l’ont rendue responsable de la condition humaine, avec son lot d’épreuves et de souffrances. Certaines d’entre elles sont même allées jusqu’à dire qu’elle n’avait pas d’âme et qu’elle était un agent du Diable.

Chacun sait l’influence que les religions ont exercée sur les mœurs et les mentalités au cours des siècles passés. Fondées sur un patriarcat exclusif et sectaire, elles ont fait de la femme un être inférieur à l’homme et l’ont confinée à un rôle de mère et de femme soumise à son mari. De nos jours encore, elles sont séparées des hommes dans certains lieux de culte et ont difficilement sinon pas accès aux fonctions sacerdotales. Si l’on ajoute à cela que l’homme a toujours eu tendance à se croire supérieur sous prétexte qu’il est généralement plus fort sur le plan physique et qu’il est “géniteur”, il est facile de comprendre pourquoi les femmes ont été à ce point infériorisées dans nombre de domaines et le sont toujours.

Personnellement, j’ai toujours considéré que la femme est l’égale de l’homme en tant qu’être humain, et même qu’elle a des qualités “naturelles” qu’il n’a pas. Je comprends donc et partage le sentiment d’injustice que nombre de femmes peuvent ressentir face à l’inégalitarisme dont elles sont victimes, sans parler des violences verbales et physiques qu’elles subissent régulièrement. Cela étant, je suis convaincu que le temps joue en leur faveur et qu’elles trouveront dans les années à venir leur juste place dans la famille, dans la société et dans le monde. Comme on peut le constater, ce processus a déjà commencé, et chacun devrait s’en réjouir. J’espère simplement qu’elles se montreront magnanimes et que celles qui exerceront des fonctions de pouvoir sauront exprimer le meilleur d’elles-mêmes…

En relation avec ce sujet de réflexion, il me semble utile de rappeler que l’A.M.O.R.C. a toujours accordé le même statut aux femmes (45 % de ses membres) qu’aux hommes. Nombre d’entre elles occupent d’ailleurs des fonctions diverses dans les Loges et assument la fonction de Délégué régional, et certaines celle de Grand Maître.

Serge Toussaint
Grand Maître de l’Ordre de la Rose-Croix

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