A propos de l’histoire

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Par définition, l’histoire est indissociable du passé, ce qui explique pourquoi on dit couramment qu’on ne peut la refaire (exception faite des adeptes du révisionnisme). Elle se fait au fil du temps qui passe, de minute en minute, d’heure en heure, de jour en jour, de semaine en semaine, de mois en mois, d’année en année, de décennie en décennie, de siècle en siècle, de millénaire en millénaire. Par ailleurs, chaque peuple, chaque pays, chaque nation a son histoire, laquelle couvre une période plus ou moins longue, concerne un nombre plus ou moins grand d’individus, et se rapporte à un territoire plus ou moins vaste. C’est ainsi que l’on parle de l’histoire locale, régionale, nationale, internationale et mondiale.

Il n’y a encore que quelques décennies, les peuples constituant l’humanité ne s’intéressaient au mieux qu’à leur propre histoire, et le plus souvent à des fins nationalistes. Avec le développement des moyens de transport et de communication, des relations de plus en plus étroites se sont nouées entre continents et pays, de sorte que l’histoire s’écrit de plus en plus à l’échelle internationale et planétaire. Ce processus, que l’on appelle couramment «mondialisation», était inévitable. Il est donc inutile de s’y opposer, d’autant qu’il est un facteur de paix et de rapprochement entre les hommes. Ce qu’il faut, c’est faire en sorte qu’il soit un vecteur d’humanisme et contribue à rendre heureux tous les habitants de notre planète.

Comme nombre de Rose-Croix, je pense que l’avenir de toutes les nations dépend désormais de la marche du monde, ce qui revient à dire que l’histoire qu’elles légueront à la postérité reflètera leur aptitude à s’intégrer positivement dans la mondialisation. Plus vite les peuples et ceux qui les gouvernent comprendront cela, plus vite ils coopéreront pour trouver des solutions globales à la crise que traverse l’humanité dans son ensemble. Contrairement aux apparences, aucune nation, aussi peuplée et puissante soit-elle, ne pourra désormais prospérer à moyen terme sans tenir compte du bien-être des autres. S’il en est ainsi, c’est parce que leurs karmas respectifs sont devenus indissociables et que le moment est venu pour tous les êtres humains de prendre définitivement conscience qu’ils sont avant tout des âmes vivantes, liées par une origine commune et une même destinée.

Jusqu’à présent, l’histoire de l’humanité s’est faite dans la division et la compétition. Force est de constater qu’il est grand temps de favoriser l’union et la coopération. Si nous ne le faisons pas, la situation actuelle ne va cesser de s’aggraver pour la plupart des pays et de leurs habitants. Quant à ceux qui pensent ″échapper″ à la crise et même la maîtriser au point de prospérer “dans leur coin,”, ils s’illusionnent. C’est là une vision à court terme, fondée sur une approche exclusivement politique et économique des choses. Pour prendre une analogie quelque peu dramatique, un cancer, avant de se généraliser, épargne certains organes qui continuent à bien fonctionner. Mais il vient un moment où la maladie les atteint également. Or, l’humanité est très malade ; elle souffre d’égoïsme, d’individualisme, d’intolérance, de cupidité, de matérialisme, etc.

On dit couramment que «l’histoire se répète». Je pense que c’est vrai, en ce sens que les mêmes causes produisent les mêmes effets et que les hommes ont tendance à répéter les mêmes erreurs. Cela vaut pour chaque pays, et désormais pour le monde dans son ensemble. Il faut donc tenir compte du passé et s’inspirer des leçons qui en découlent. Malheureusement, les peuples et les individus “ont la mémoire courte”, ce qui explique pourquoi la plupart des problèmes auxquels nous sommes confrontés ne sont pas vraiment nouveaux. Leur apparente nouveauté réside uniquement dans le fait qu’ils s’accélèrent, s’intensifient et se généralisent sous l’effet de la mondialisation, d’où la nécessité de s’unir et de coopérer pour les résoudre si possible définitivement.

 

Serge Toussaint
Grand Maître de l’Ordre de la Rose-Croix

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