A propos de la culture

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Parmi les sujets souvent traités lors de débats réunissant philosophes, penseurs et autres intellectuels, il y a celui de la culture. Tous s’accordent à dire qu’elle joue un rôle fondamental dans la société et qu’elle constitue un lien très important entre les citoyens, à tel point que certains en font la «valeur citoyenne» par excellence. Dans nombre de pays, l’importance qui lui est accordée est telle qu’il existe un ministère de la culture, chargé entre autres de la promouvoir, de la développer et de lui trouver des sources de financement. Dans ces pays, quelle ville n’a pas son centre culturel, son espace culturel, son pôle culturel, son attaché culturel ?

Mais qu’est-ce que la culture ? Il existe de nombreuses définitions de ce terme, selon le contexte dans lequel il est employé. J’en retiendrai deux, l’une s’appliquant sur un plan individuel, l’autre sur un plan collectif : 1) «Ensemble de connaissances que possède un individu» ; 2) «Ce qui caractérise les mœurs d’une communauté, d’un groupe ethnique, d’une société, d’une nation, d’une civilisation». Ces deux définitions, extraites d’un dictionnaire encyclopédique, correspondent aux deux usages les plus courants que l’on fait du mot «culture». Il y en a d’autres, mais elles sont généralement plus techniques et concernent plutôt les sociologues, les anthropologues et autres spécialistes dans l’étude du comportement humain ou de l’espèce humaine.

Pour ce qui est de la première définition du mot «culture», elle ne pose aucune difficulté de compréhension. En effet, nous savons tous que l’être humain est capable d’acquérir des connaissances dans les divers domaines du savoir : science, littérature, histoire, géographie, art, etc., sans oublier ce que l’on qualifie de «culture générale», laquelle, comme son nom l’indique, correspond à l’ensemble des connaissances qu’une personne possède sur un plan général. Vu sous cet angle, il n’y a aucune limite à la culture, tant est vaste, et même infini, ce que nous pouvons apprendre à travers les livres, les documentaires, les voyages et autres vecteurs du savoir, au sens large. Cela suppose naturellement de vouloir se cultiver et d’avoir les dispositions nécessaires en termes d’intelligence et de mémoire. J’ajouterai néanmoins que si les personnes cultivées constituent une élite intellectuelle souvent digne d’admiration, la culture en elle-même n’est pas un critère de sagesse.

Venons-en maintenant à la deuxième définition du mot «culture». Comme indiqué, celle-ci est liée aux mœurs, c’est-à-dire aux «pratiques sociales communes à un groupe, un peuple ou une nation à un moment donné». De mon point de vue, la culture actuelle, dans de nombreux domaines, est plutôt décadente. Que dire en effet des émissions de télévision qui font l’apologie du voyeurisme, de l’impudeur et de la bêtise, des peintures, sculptures et musiques qualifiées d’artistiques et qui ne sont en fait que des impostures, des tags “sauvages” qui envahissent et dégradent les villes, de la gay pride (je n’ai rien contre les homosexuels), de l’affichage public de la pornographie, du consumérisme généralisé, de la violence urbaine, de la mise à sac de la planète, etc. ? Certes, la société actuelle ne se réduit pas à cela, mais elle est cela aussi, et dans de grandes proportions. Aussi, et sans aucune prétention, je proposerai une autre définition de la culture : «Ce que l’être humain peut exprimer, manifester et révéler de mieux et de meilleur, non seulement dans les différents domaines du savoir et de l’activité humaine, mais également à travers ses mœurs, et ce, sur un plan individuel et collectif».

Serge Toussaint
Grand Maître de l’Ordre de la Rose-Croix

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