À propos de la drogue

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Comme vous le savez certainement, il est avéré que le nombre de personnes qui se droguent à travers le monde ne cesse d’augmenter. Depuis la consommation du cannabis, considéré comme une «drogue douce», jusqu’à la prise d’héroïne, classée parmi les «drogues dures», on estime qu’environ 500 millions de personnes le font régulièrement, c’est-à-dire plusieurs fois par semaine, voire tous les jours. La vente de ces drogues étant (encore) illicite dans la plupart des pays, ce sont les trafiquants et les dealers qui règnent en maîtres sur ce marché tellement lucratif qu’il constitue véritablement une économie parallèle.

Régulièrement, on s’interroge pour savoir s’il faudrait ou non légaliser la vente des «drogues douces», notamment celle du cannabis. En ce qui me concerne, je pense qu’il ne faut pas le faire. Ayant interrogé des médecins sur cette question, tous sont unanimes pour dire que leur consommation régulière n’est en aucun cas anodine et a des effets physiologiques et psychologiques désastreux : altération du cerveau, troubles du sommeil, perte d’appétit, tendances suicidaires, comportement agressif, attitude schizophrénique, etc. Par ailleurs, elle produit une addiction qui, dans la grande majorité des cas, mène inexorablement à l’usage de «drogues dures», lesquelles constituent l’antichambre de la folie et de la mort. Sur ce point, il y a unanimité chez tous les observateurs (proches des drogués, infirmiers, psychologues, etc.).

À défaut de légaliser la vente des «drogues douces», certains préconisent de dépénaliser sa consommation, c’est-à-dire de ne plus pénaliser les consommateurs, avec ce qui peut en résulter en termes de condamnation : amende, internement, emprisonnement… En application de ce point de vue qui repose généralement sur l’idée que l’on doit être libre de ses choix de vie, chacun pourrait en faire usage individuellement et collectivement, comme c’est le cas actuellement pour le tabac. De mon point de vue, c’est là une position quelque peu hypocrite, car elle ne peut qu’inciter les fabricants et les fournisseurs à accroître leur production et leur vente, et les utilisateurs à augmenter leur consommation.

Ceux qui plaident en faveur de la légalisation des «drogues douces» mettent en exergue deux arguments majeurs : en premier lieu, cela permettrait selon eux d’en optimiser la qualité et de les rendre moins nocives pour les consommateurs. En second lieu, cela contribuerait à faire chuter le trafic illégal, voire à le faire disparaître, ce qui est peu probable. Je crois surtout que nombre de ceux qui défendent ce point de vue le font généralement, soit pour des raisons idéologiques, soit parce qu’ils voient dans cette perspective une manne financière colossale pour l’État. Et pour se donner bonne conscience, envisagent-ils de faire inscrire sur les doses : «Attention ; la drogue tue ou rend fou» ?

En dehors de leur usage thérapeutique, lequel doit s’inscrire dans un protocole défini avec le corps médical, la consommation régulière de drogue mène tôt ou tard à l’impasse et ne doit en aucun cas être banalisée. Plutôt que de débattre sur l’opportunité d’en légaliser la vente (en pharmacie ? au bureau de tabac ? dans un magasin spécialisé ?) ou (et) de dépénaliser sa consommation, il vaudrait mieux se demander pourquoi de plus en plus de personnes, notamment chez les jeunes, éprouvent le désir et le besoin de se droguer régulièrement. D’une manière générale, je pense que c’est parce qu’ils sont en manque de spiritualité et se fuient eux-mêmes, fuient leur vie quotidienne, fuient le monde tel qu’il est actuellement. Le meilleur moyen de lutter contre la drogue est donc de donner du sens à l’existence et de faire en sorte que la société soit l’expression des valeurs humaines les plus nobles et les plus fraternelles.

Serge Toussaint
Grand Maître de l’Ordre de la Rose-Croix

 

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