A propos de la liberté

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Après la santé, la liberté est considérée par la plupart des gens comme la condition la plus essentielle au bonheur, et ce, dans tous les pays du monde. Il est un fait que les hommes ont toujours cherché à la préserver lorsqu’ils l’avaient, et à l’acquérir lorsqu’ils ne l’avaient pas. Pour y parvenir, nombre de personnes ont sacrifié leur vie, et nombre de peuples se sont révoltés au prix du sang. En cela, la liberté est à la fois un archétype, un idéal et un besoin vital pour le genre humain.

Certains considèrent que l’homme est libre par nature. Cette idée est séduisante a priori, mais je pense qu’elle ne correspond pas à la réalité. En effet, de la naissance à l’adolescence, et même au-delà, un enfant dépend de ses parents, subit son milieu socio-culturel, doit aller à l’école, etc., de sorte que sa liberté est nécessairement limitée. Devenu adulte, il ne peut vivre correctement sans disposer d’un minimum d’argent et de confort matériel, et doit se soumettre aux lois de la société. Et ne serait-ce que sur un plan physiologique, il doit manger et boire pour survivre. Autant de contraintes et d’exigences qui font qu’aucun être humain n’est entièrement libre.

Si l’homme n’est pas libre par nature, il a un penchant naturel à l’être autant que possible. Cette aspiration est si forte en lui qu’il ne s’est jamais résigné à être privé de liberté et qu’il en a fait un droit social. Dans les sociétés démocratiques, ce droit est devenu constitutionnel, ce qui ne veut pas dire pour autant qu’il soit toujours respecté. Quoi qu’il en soit, nombre d’individus ont le sentiment de ne pas être libres. Pourquoi ? Parce que la liberté ne saurait se limiter à un droit. C’est aussi et peut-être surtout un état d’esprit.

Étant donné que l’homme est un être qui pense, parle et agit, la liberté à laquelle il aspire s’applique à trois niveaux majeurs : la pensée, la parole et l’action. La première est un acquis “naturel”, en ce sens qu’il est quasiment impossible d’empêcher quelqu’un de penser. Pour ce qui est de la liberté de parole, nous l’utilisons chaque jour lorsque nous disons ce que nous pensons aux personnes que nous côtoyons. À un niveau plus “officiel”, elle s’apparente à la «liberté d’expression». Quant à la liberté d’action, elle est à la mesure de ce que nous en faisons chaque jour et, selon l’adage bien connu, «s’arrête (en principe) où commence celle des autres».

On ne peut parler de liberté sans évoquer le libre arbitre. Si la première est essentiellement un droit social, le second est une faculté, celle qui permet à tout individu de faire des choix et d’orienter son existence. D’un point de vue rosicrucien, cette faculté est un attribut de l’âme et constitue le fondement de notre évolution spirituelle. C’est ainsi que tout être humain est confronté chaque jour à la nécessité de penser, de parler et d’agir en conscience, et c’est en le faisant qu’il conditionne à la fois sa vie et son destin.

Serge Toussaint
Grand Maître de l’Ordre de la Rose-Croix

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