A propos du chômage

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Comme chacun sait, le chômage sévit dans de nombreux pays et alimente la crise économique et sociale actuelle. En retour, l’état précaire de l’économie fait que des milliers de personnes perdent chaque jour leur emploi, auxquels s’ajoutent tous ceux et toutes celles, notamment parmi les jeunes, qui n’en ont jamais eu et qui en cherchent en vain (si vous le voulez bien, nous laisserons de côté ceux qui n’en recherchent pas ou plus, car ils sont très peu nombreux en comparaison des autres).

Si les causes du chômage sont multiples, je pense que l’une d’elles, et non des moindres, réside dans l’excès de machinisme et de technologie. De mon point de vue, et ceci n’est pas original en soi, la machine devrait avoir uniquement pour but d’aider l’homme ou de le remplacer dans les travaux trop pénibles ou dangereux. Mais avec le temps, et pour des raisons essentiellement financières et économiques, elle en est venue à le remplacer où cela n’était ni utile ni nécessaire. Un tel choix a non seulement supprimé un grand nombre d’emplois (pour la plupart manuels), mais également déshumanisé la société. À ce sujet, on peut lire dans la «Positio», Manifeste publié en 2001 par l’Ordre de la Rose-Croix :

« On ne peut nier que le développement progressif du machinisme a provoqué une certaine déshumanisation de la société, en ce sens qu’il a réduit considérablement les contacts humains, nous entendons les contacts physiques et directs. »

On aurait tort de penser que cet excès de machinisme et de technologie est le seul fait de quelques technocrates ou décideurs « en haut lieu ». Nous en sommes tous plus ou moins responsables, car pour ne pas nous fatiguer ou pour gagner du temps, nous avons tendance à utiliser des machines ou des accessoires dont nous pourrions nous passer. Pour prendre un exemple parmi d’autres, est-il vraiment raisonnable, dans un grand magasin, de faire soi-même le compte de ses achats sur une machine, sous prétexte de ne pas vouloir « perdre » quelques minutes dans une file d’attente ? N’est-il pas préférable de patienter un peu et de permettre ainsi à un caissier ou une caissière de conserver son travail ? De même, n’est-il pas mieux d’enregistrer son vol auprès d’un hôte ou d’une hôtesse d’accueil que sur une « borne d’enregistrement » on ne peut plus impersonnelle ? À chacun sa réponse, mais aussi sa part de responsabilité dans le chômage et dans la déshumanisation de la société.

Certes, un retour en arrière semble impossible. Et pourtant, est-il si absurde d’envisager que l’on remette des êtres humains à la place de certaines machines ? De nos jours, on prône la rapidité et la facilité en tout et pour tout, ce qui, de mon point de vue, nous rend de plus en plus impatients et paresseux. Sommes-nous pour autant plus disponibles, plus aimables, plus heureux ? Naturellement, (re)mettre l’être humain à la place de la machine où il serait sage de le faire ne réglerait pas totalement le problème du chômage, mais cela (re)créerait de nombreux emplois, (ré)humaniserait la société et (re)donnerait le sens des valeurs. À l’inverse, poursuivre dans la direction actuelle ne fera qu’accroître l’individualisme ambiant et aboutira à un monde sans âme, conditionné par la course au progrès technologique et informatique. Et quand on sait que des ingénieurs s’emploient à mettre au point des robots humanoïdes pouvant effectuer nombre de tâches domestiques, ménagères et plus largement manuelles, on peut se demander si dans l’avenir les machines n’auront pas plus de travail que les humains ?

Indépendamment de la nécessité, me semble-t-il, de “démachiniser” la société, il n’existe aucun “remède miracle” pour mettre fin à cette maladie sociale qu’est le chômage. En l’état actuel des choses, deux théories majeures s’affrontent : 1) Diviser et partager le travail qui existe pour en donner à ceux qui n’en ont pas. 2) Créer de nouveaux secteurs de travail et multiplier ainsi les offres d’emploi. Indépendamment de toute idéologie politique, je pense que la deuxième hypothèse est la plus prometteuse. En effet, le partage a nécessairement ses limites (à l’image d’un gâteau que l’on découpe), alors que la création n’en a pas vraiment, tant l’homme est créatif par nature. Encore faut-il qu’il s’en donne les moyens…

 

Serge Toussaint
Grand Maître de l’Ordre de la Rose-Croix

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