A propos du diable

Email this to someoneShare on FacebookTweet about this on TwitterShare on Google+

Comme vous le savez, le diable fait partie intégrante des grandes religions monothéistes, parmi lesquelles le Judaïsme, le Christianisme et l’Islam, pour ne citer que les plus importantes. En règle générale, il est présenté aux fidèles comme une entité spirituelle foncièrement malveillante, animée par le désir de s’opposer à Dieu et de dévoyer les hommes, le cas échéant en prenant possession de leur corps comme de leur âme. Pour mener à bien sa mission maléfique, il est sensé posséder des pouvoirs surnaturels et disposer de serviteurs tout aussi malveillants : les démons.

Comme la plupart des Rose-Croix sinon tous, je suis convaincu que le diable n’existe pas et n’a jamais existé. Il s’agit d’un concept créé par les fondateurs des religions pour dissuader les hommes de faire le mal et les inciter à faire le bien, de crainte qu’ils perdent leur âme ou soient précipités en enfer après la mort. Pendant des siècles, la plupart des fidèles ont vécu dans cette crainte et se sont donc conformés autant que possible au credo de leur religion. Et lorsque l’un d’eux reniait sa foi, contestait les saintes écritures ou commettaient des actes jugés particulièrement impies, il s’en fallait de peu pour qu’on le dise «possédé par le démon» et qu’on le brûle sur le bûcher.

De nos jours encore, la plupart des religions anciennes comme nouvelles se réfèrent au diable et l’utilisent toujours pour susciter la crainte chez leurs fidèles ou justifier l’existence du mal sur Terre. Par opposition, Dieu est présenté comme un Être spirituel absolument bienveillant et soucieux du bonheur des hommes, dès lors qu’ils suivent Ses commandements, tels qu’ils sont rapportés dans les Livres dits sacrés. Il s’agit-là d’une vision très manichéenne de l’existence, qui, bien que respectable, ne repose sur aucun fondement ontologique.

En réalité, le diable n’est autre que l’homme lui-même, lorsqu’il applique son libre arbitre d’une manière négative, au point de commettre des actes méchants, destructeurs et barbares, pour ne pas dire «diaboliques» : c’est lui qui provoque et fait les guerres ; c’est lui qui tue ses congénères sous l’effet de la haine, de l’ignorance, de la jalousie et autre faiblesse ; c’est lui qui ment, calomnie, manipule, dissimule, etc., au détriment d’autrui.  En un mot, c’est lui qui fait ce que l’on appelle « le mal ».

Laisser supposer que le diable peut être à l’origine du mal que les hommes font à l’encontre d’eux-mêmes ou des autres revient à les déresponsabiliser et, dans une certaine mesure, à les excuser. Or, que ce soit individuellement ou collectivement, nous sommes en grande partie responsables de ce que nous pensons, disons et faisons. Par extension, notre avenir est déterminé essentiellement par nos choix, et non par une lutte que Dieu et le diable se livreraient pour réaliser à travers nous leurs desseins respectifs, le Premier pour faire régner le bien sur Terre, le second pour lui substituer le mal.

Serge Toussaint
Grand Maître de l’Ordre de la Rose-Croix

Email this to someoneShare on FacebookTweet about this on TwitterShare on Google+