À propos du dopage

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Régulièrement, il est fait état du dopage dans le sport, suite à des contrôles positifs ou à des performances hors norme (cyclisme, athlétisme, natation, etc.). Il s’ensuit toujours une polémique entre ceux qui considèrent que cela fait désormais partie des mœurs sportives et qu’il faut l’accepter, et ceux qui continuent à penser que cela s’apparente à de la triche et ne devrait en aucun cas être toléré.

Comme de nombreux Rosicruciens, je fais partie de ceux qui pensent que se doper revient à tricher et, par conséquent, que cela devrait être interdit et sévèrement sanctionné. De mon point de vue, la triche est totalement incompatible avec les valeurs du sport et lui retire tout intérêt. Un sportif ne devrait s’en remettre qu’aux qualités physiques, mentales et psychologiques qu’il a développées naturellement, à force de travail, de discipline et d’entraînement. Les acquérir, les amplifier ou les entretenir par l’absorption de produits dopants me semble immoral et anti sportif.

La question qui se pose est de savoir pour quelles raisons un sportif peut en venir à se doper. La réponse à cette question a priori naïve tient dans la finalité même du sport : gagner, être (le) meilleur, vaincre l’adversaire, être victorieux, inscrire son nom dans l’histoire, etc. Dès lors, la tentation existe de recourir à des subterfuges pour atteindre cet objectif, d’autant qu’en plus des honneurs qui en résultent, il y a de nos jours des enjeux financiers qui dépassent l’entendement, en particulier dans le sport professionnel.

Partant du principe que de nombreux sportifs se dopent et qu’il est impossible de les en empêcher, certains pensent que le mieux serait d’autoriser le dopage et même de le légaliser. Je ne partage pas du tout cet avis, car cela reviendrait à officialiser la tricherie et à autoriser une nouvelle forme de compétition : l’absorption de produits dopants. Indépendamment du fait que cela me semble immoral, certains sportifs auraient les moyens financiers de se procurer ce qui est à la fois le plus efficace pour la performance et le moins nocif pour la santé, alors que d’autres ne bénéficieraient pas de ces moyens.

Les choses étant ce qu’elles sont, il semble bien loin le temps où l’on aimait dire, sans pour autant s’y conformer résolument : «L’essentiel n’est pas de gagner, mais de participer» (formule attribuée à Pierre de Coubertin). Comme c’est le cas de la plupart des domaines de la société, le sport est tombé sous la domination de l’argent et du “business”. Tout le monde le sait et, apparemment, beaucoup s’en accommodent, notamment parmi ceux qui ont un intérêt à le faire. À quand une charte éthique engageant véritablement chaque sportif, toutes disciplines confondues ?

Serge Toussaint
Grand Maître de l’Ordre de la Rose-Croix

 

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