A propos du libertarisme

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Dans certains milieux intellectuels, il est devenu courant de se dire libertaire et d’encourager ce mode de comportement, tant dans la vie familiale que sociale. En application de cette « philosophie », chacun est invité à dire et à faire ce qu’il veut, au mépris des lois, des principes et des codes en vigueur. Vu sous cet angle, le libertarisme consiste à n’accepter aucune limite dans l’application de son libre arbitre, si ce n’est celles que l’on se donne.

 Comme le montre l’anthropologie, les hommes ont compris très tôt dans leur histoire que la vie en communauté nécessite des règles, faute de quoi il est impossible de vivre de façon organisée et d’entretenir des relations de confiance. Alors qu’elles étaient simples et peu nombreuses à l’origine, elles se sont complexifiées et diversifiées en même temps que se sont multipliés les domaines et les secteurs qu’il était nécessaire de réglementer : la vie sociale, la religion, la politique, l’économie, etc. De nos jours, on ne compte plus le nombre de lois en vigueur à travers le monde.

 Dès lors que l’on a choisi de vivre en société, on doit respecter les lois qui la régissent. Certes, certaines peuvent sembler injustes, inefficaces, voire stupides, mais si chacun, au nom de ses convictions personnelles, s’accorde le droit de ne pas en tenir compte ou de les violer, c’est l’édifice social qui en vient à s’écrouler, au profit de l’anarchie. J’ajouterai que dans les pays démocratiques, il existe nombre de possibilités légales pour faire changer les lois ou les amender : pétitions, revendications, manifestations, grèves, etc.

 De mon point de vue, le libertarisme est une posture idéologique empreinte de démagogie. Dans les années 70, ce genre de posture a conduit à la création d’écoles libertaires : les élèves étaient libres de tout faire : chahuter, ne pas écouter, casser le matériel, quitter la classe en plein cours, etc., sous l’œil complice et complaisant de l’enseignant. Je vous laisse le soin d’imaginer les effets désastreux d’une telle pédagogie. Les théoriciens de cette manière d’enseigner pensaient que l’absence totale de règles et de contraintes permettrait aux enfants de s’épanouir sur tous les plans et de n’avoir aucune inhibition.

 Dans une certaine mesure, le libertarisme est à l’éthique ce que le libéralisme est à l’économie, à savoir une liberté excessive qui rend possibles tous les abus, généralement au détriment des plus faibles et des plus démunis. Quoi qu’en disent les libertaires, on ne peut vivre en société sans accepter un minimum de contraintes et de limites dans l’application de notre libre arbitre.

Serge Toussaint, Grand Maître de
L’Ordre de la Rose-Croix

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