Humanisme

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1. « L’un des dangers qui menacent l’humanité n’est autre que la surpopulation. En effet, nul ne peut nier qu’elle est un facteur de misère dans les pays défavorisés et qu’elle accroît davantage encore leur pauvreté. Certes, il faut leur venir en aide, mais les ressources provenant de notre planète, bien que pouvant être mieux gérées et mieux réparties, ne sont pas inépuisables. Il est donc impératif de réguler les naissances, ce qui implique d’informer et d’éduquer les populations concernées, notamment en ce qui concerne la contraception. C’est avant tout en qualité que l’humanité doit croître, et non en quantité. Dans ce domaine, le plus difficile n’est pas d’avoir des enfants, mais de répondre à leurs besoins légitimes et de bien les élever, c’est-à-dire de les élever vers le bien. »

2. « Nous n’avons ni à blâmer ni à condamner les personnes qui se suicident, car si elles le font, c’est le plus souvent par désespoir. Nous devons plutôt éprouver de la compassion à leur égard. D’après les enseignements rosicruciens, tout individu qui met fin à sa vie de cette manière connaît dans l’au-delà une période de trouble durant laquelle il se sent coupable d’avoir agi ainsi. Il comprend alors l’inutilité de s’être suicidé, en ce sens que cet acte ultime ne fait que reporter dans l’incarnation suivante les problèmes auxquels on veut échapper en se donnant la mort. Il réalise également que malgré les vicissitudes qu’elle comporte, la vie est le bien le plus précieux qui soit, car elle est le support de notre évolution spirituelle. Cette prise de conscience étant faite, la transition de son âme se poursuit selon le même processus que pour tout autre défunt. Autrement dit, elle rejoint le plan spirituel qui correspond à son degré d’évolution et y demeure en attendant de se réincarner. »

3. « Nous devons savoir faire confiance aux autres, que ce soit dans notre milieu familial, professionnel ou autre. En agissant ainsi à leur égard, nous leur permettons d’acquérir la confiance en soi qui leur manque peut-être. Autrement dit, nous leur donnons la possibilité d’exprimer leurs propres compétences et de prendre ainsi conscience de leurs potentialités. Comme vous l’avez probablement remarqué, certaines personnes ne confient jamais de responsabilités aux autres, prétextant qu’elles n’ont pas confiance. Si elles se comportent ainsi, c’est le plus souvent parce qu’elles veulent rester le maître dans leur domaine et ne pas courir le risque d’être dépassées par l’élève. Il s’agit là d’une attitude égoïste, généralement fondée sur un besoin de domination ou sur la crainte de ne plus détenir le monopole d’un savoir, d’une technique, d’un art, d’une science, etc. Pourtant, rien n’est plus noble que de partager ce que la vie nous a permis d’apprendre et de comprendre. »

4. « Il ne faut surtout pas confondre “tolérance” et “faiblesse”, ce qui est malheureusement trop souvent le cas. Cela signifie qu’il y a des comportements et des situations intolérables, au sens propre du terme. Dans cet ordre d’idée, il me semble que tout discours ou toute action qui constitue une menace pour l’intégrité ou le bien-être d’autrui ne doit pas être toléré, tant sur le plan individuel que collectif. Dans le cas contraire, on se rend complice de toutes les formes que le mal peut prendre dans le monde. En ce sens, tous les extrémismes et tous les intégrismes, qu’ils soient politiques, religieux ou autres, portent atteinte à la dignité humaine et ne doivent être cautionnés sous quelque forme que ce soit. »

5.« La pauvreté n’est pas une fatalité. Elle ne correspond pas non plus à un Décret divin visant tel ou tel individu, tel ou tel peuple. Penser cela reviendrait à admettre que Dieu a fait de la souffrance une condition nécessaire à l’évolution spirituelle de l’homme, ce qui n’est pas le cas. Par ailleurs, il est évident que les pauvres, dans leur immense majorité, ne le sont pas parce qu’ils espèrent ainsi recevoir les bénédictions divines ou se rapprocher du “Royaume des Cieux”. Il est même probable qu’ils prient pour être plus heureux sur le plan matériel et connaître la prospérité. Certains sont pauvres parce qu’ils n’ont pas le courage de sortir de leur misère ou ne possèdent pas l’intelligence voulue pour y parvenir. D’autres le sont parce qu’ils subissent les aléas de l’économie mondiale ou la mauvaise gestion de ceux qui dirigent les destinées de leur pays. Mais d’une manière générale, la pauvreté résulte d’un manque de solidarité entre les hommes, ce manque de solidarité étant lui-même la conséquence de l’égoïsme. »

6.« Il ne faut pas confondre “détachement” et “indifférence”. En effet, être détaché, ce n’est pas se désintéresser des autres, car cela s’apparenterait à de l’égoïsme. Autrement dit, ce n’est pas être indifférent à ce qu’ils sont, ce qu’ils font ou ce qui leur arrive. Ce n’est pas non plus dénigrer les aspects matériels de l’existence ou manquer de respect à l’égard des biens que l’on peut posséder. On doit au contraire se préoccuper du bien-être d’autrui et prendre soin des choses que nous avons pu acquérir, ne serait-ce que parce qu’elles sont le fruit du travail de quelqu’un d’autre. En résumé, ne pas faire des possessions terrestres l’idéal de notre vie, ne pas convoiter celles de notre prochain, accepter l’idée que l’on peut perdre du jour au lendemain celles dont on dispose, telles sont les caractéristiques majeures du détachement. »

7. « Contrairement à ce que l’on pourrait penser a priori, une personne altruiste n’est pas nécessairement quelqu’un qui croit en Dieu et qui, sous l’effet de cette croyance, se consacre à faire le bien autour d’elle. En effet, il y a des athées qui font preuve de beaucoup d’altruisme, car bien que n’étant pas croyants, ils ont foi en la vie et en l’homme lui-même. Dans leur cas, cette foi “non religieuse” est suffisante pour leur inspirer le désir d’aider les autres chaque fois que l’occasion leur en est donnée. En ce sens, on peut tout à fait être bienveillant et charitable, sans pour autant appartenir à une religion ou à une école de pensée particulière. Ce qui importe avant tout dans ce domaine, c’est l’intérêt que l’on porte à ses semblables et le sens que l’on donne à la fraternité humaine. Autrement dit, c’est le degré d’humanisme que chacun a atteint, et ce, indépendamment de ses convictions religieuses, philosophiques ou politiques. »

8. « Un adage relativement connu énonce que “chacun reçoit dans la mesure où il donne”. Au-delà des apparences, cet adage traduit une loi qui s’applique dans la vie de tout individu. En vertu de cette loi, qui constitue en fait une expression particulière du karma, le meilleur moyen d’être heureux est de rendre les autres heureux. C’est ainsi que plus on est altruiste, plus on crée les conditions de son propre bonheur. Inversement, plus on est égoïste, plus on assombrit son avenir. Cela ne veut naturellement pas dire que nous devons donner dans le seul but de recevoir, car cela s’apparenterait à un calcul qui se retournerait contre nous un jour ou l’autre, d’une manière ou d’une autre. Comme l’ont enseigné tous les sages du passé, l’idéal en la matière est tout simplement de bien faire par principe, sans espoir de retour. »

9. « D’une manière générale, le courage est indissociable de la notion d’effort. C’est précisément pour cette raison que l’on associe généralement cette vertu au travail. Il est un fait que travailler nécessite d’être courageux, et ce d’autant plus que les difficultés à affronter sont grandes. En cela, nous ne pouvons nier que certaines activités, qu’elles soient professionnelles ou domestiques, sont plus pénibles que d’autres et nécessitent par conséquent davantage d’efforts. Par ailleurs, la motivation joue un rôle important, en ce sens qu’il est plus facile d’accomplir une tâche qui nous plaît que de faire quelque chose qui ne présente aucun intérêt pour nous. C’est pourquoi tous ceux qui exercent un métier qu’ils n’aiment pas sont particulièrement méritants, car cela leur demande encore plus de courage et d’abnégation. Mais soyons confiants en l’avenir de l’humanité, et gageons que le jour viendra où la société sera organisée de telle manière que chacun trouvera la place qui correspondra le mieux à ses compétences et à ses aspirations profondes. »

10. « Dans son expression la plus élevée, la bienveillance est l’aptitude à “aimer son prochain comme soi-même”, commandement que de nombreux sages du passé, et pas seulement Jésus, ont enseigné aux hommes. Cela dit, nous devons reconnaître qu’un tel commandement dépasse les possibilités du commun des mortels et correspond encore à un idéal à atteindre. En raison de notre imperfection du moment, il faut admettre que nous sommes incapables d’aimer tout le monde, à plus forte raison ceux qui ne nous aiment pas. Soyons donc modestes dans ce domaine, et efforçons-nous déjà de ne faire de tort à personne, non seulement en action, mais également en parole. En cela, l’absence totale de haine peut être considérée comme une forme primitive d’amour. »

11. « Comme chacun sait, l’idée que les hommes se font de Dieu a été à l’origine de nombreuses guerres de religions et a causé la mort de millions d’individus au cours de l’Histoire. Ceci est d’autant plus grave et regrettable qu’Il est le même pour tous et qu’Il n’appartient à personne. Quoi qu’il en soit, la plupart de ces guerres ont été générées par des croyances conditionnées par ce que les religions concernées ont dit de Lui ou de l’Avatar auquel elles se rattachent. Or, la seule certitude que devrait avoir tout croyant est celle d’un Dieu unique, commun à tous les hommes, sans aucune distinction. Dès lors, pourquoi s’entretuer en Son nom, ou plus exactement au nom de la conception que l’on a de Lui ? En cela, la tolérance devrait être le fondement de toute religion et constituer la première des vertus qu’il soit demandé aux fidèles de pratiquer au quotidien. Et bien que la foi soit un sentiment et non une opinion, le seul fait d’admettre l’existence de Dieu devrait être une bonne raison pour que les fidèles de toutes les religions se respectent et même s’apprécient mutuellement. Cette remarque pose tout le problème du dialogue inter-religieux, dialogue qu’il faut absolument privilégier pour faire de la Religion un vecteur de paix entre les hommes. C’est en effet dans l’échange que se trouve la clé d’une compréhension mutuelle entre tous les croyants. »

12.« Penser que le bonheur de l’homme dépend uniquement du bien-être matériel est réducteur, d’autant plus que l’expérience montre que nombre de personnes qui bénéficient de ce bien-être ne sont pas heureuses, d’où l’expression populaire “L’argent ne fait pas le bonheur”. Certes, un minimum de confort est nécessaire pour bien vivre (manger à sa faim, être vêtu comme il convient, disposer d’un logement décent, bénéficier des commodités courantes, etc.), mais cela ne suffit pas. Par nature, tout individu aspire également à la Transcendance, car l’âme qui est en lui l’incite à s’interroger sur le but de l’existence et à entrevoir une autre réalité que celle à laquelle il est confronté au quotidien. Tout politicien devrait donc tenir compte de ce fait et voir en chaque citoyen, certes une personne qui recherche le bien-être matériel, mais également qui est en quête, sinon de spiritualité, du moins d’un sens à donner à la vie. En cela, la politique devrait être une extension de la philosophie et avoir par conséquent l’“amour de la sagesse” pour fondement. »

13. « Nombre d’individus et de corporations dénoncent la mondialisation et la rendent responsable de la crise à laquelle de nombreux pays sont confrontés depuis des décennies. Pourtant, elle correspond à un processus naturel inévitable qui résulte du fait que les voies de transport et de communication transcendent les frontières, et font de la planète entière un espace ouvert à tous les échanges. En ce sens, la Terre est devenue un seul pays, ce qui est un facteur de rapprochement et de paix entre les hommes. Il me semble donc absurde de s’opposer à la mondialisation, car elle est irréversible et présente en réalité beaucoup plus d’avantages que d’inconvénients. Qu’on le veuille ou non, elle correspond à une étape “programmée” dans l’évolution de l’humanité, car il était inévitable que tous les pays qui la constituent finissent un jour par nouer des relations politiques, économiques, culturelles et autres. Cela dit, il faut faire en sorte que cette mondialisation soit une source de progrès social pour toutes les nations et qu’elle contribue au mieux-être de tous les hommes. »

14.« La misère n’est pas une fatalité contre laquelle il n’existe aucune solution, mais une situation due en grande partie à l’égoïsme des hommes. Cela veut dire que le seul moyen d’y mettre fin, ou du moins de la faire disparaître en grande partie, est de susciter la générosité des pays et des individus pouvant venir en aide aux plus défavorisés. Par “générosité”, il faut entendre, non seulement “aide financière”, mais également “coopération”, au sens d’aider les populations les moins développées à agir par elles-mêmes pour améliorer leurs conditions de vie et prospérer : leur apprendre à creuser des puits, à cultiver et irriguer la terre, à conserver les récoltes, à construire des habitations fonctionnelles et agréables à vivre, etc. Cela suppose naturellement de le faire dans un but altruiste, et en aucun cas pour profiter des pays concernés ou les maintenir en état de dépendance. En l’état actuel des choses, il faut malheureusement reconnaître que cette entraide et cette coopération sont, sinon absentes des relations internationales, du moins très nettement insuffisantes. »

15. « S’il est vrai que la misère est due essentiellement à l’égoïsme des hommes et à une mauvaise répartition des ressources naturelles et économiques, il est un facteur qui l’accroît considérablement dans nombre de pays pauvres : la surpopulation. Malheureusement, le poids des traditions et l’influence des religions y rendent encore difficile le contrôle des naissances, et l’on ne peut que soutenir et admirer le travail d’éducation auxquelles certaines missions humanitaires se livrent dans ce domaine. À cela s’ajoute le fait que beaucoup de pays touchés par la pauvreté et la surpopulation sont le théâtre quasi permanent de guerres civiles, ethniques ou religieuses, ce qui aggrave la misère et rend plus difficile encore son éradication. »

16.« Il existe actuellement de nombreux pays pauvres à travers le monde. S’il est utile, nécessaire et légitime de les aider à se développer et à s’enrichir, on peut néanmoins se demander jusqu’où ce développement et cet enrichissement doivent aller. Est-il vraiment souhaitable d’amener ces pays à reproduire ce qui se fait dans les pays riches, à savoir disposer de milliers de magasins qui regorgent de milliers d’articles, déclinés sous des dizaines de marques, promotionnés à travers un matraquage publicitaire souvent mensonger, fabriqués “à la chaîne” dans des usines ultra-informatisées qui privilégient le machinisme et polluent l’environnement, etc. Si l’absence ou l’insuffisance de biens est une mauvaise chose, l’abondance ou la profusion n’en est pas une bonne pour autant, notamment lorsqu’elle se fait aux dépens de l’homme lui-même ou de la nature. L’idéal en la matière n’est donc pas de créer un monde fondé sur la consommation à outrance, pas plus qu’un monde où il n’y aurait que des riches. Il est plutôt de faire en sorte qu’il n’y ait plus de pauvres, et que tout individu puisse vivre confortablement et disposer de ce dont il a besoin pour vivre heureux, là où il est. »

17. « Si le travail est vécu par de nombreuses personnes comme une contrainte, et s’il est pour certaines d’entre elles une source d’avilissement, c’est parce qu’il est devenu le fondement d’une société de plus en plus matérialiste. Au lieu d’évoluer en privilégiant l’être et le qualitatif, il s’est malheureusement développé au profit de l’avoir et du quantitatif. En l’état actuel des choses, il a davantage pour but de favoriser le productivisme et le “consommisme”, que de répondre aux besoins légitimes et naturels des gens. Ceci est tellement vrai que l’on en est venu à remplacer autant que possible l’homme par la machine, ce qui a contribué à déshumaniser la société et à favoriser le chômage. Pour que le travail devienne une source d’épanouissement et de bien-être, il est impératif que les sociétés modernes se donnent une orientation humaniste et fassent de la qualité de vie le fondement de l’activité économique. Cela implique que tout citoyen, dans le domaine et au niveau qui lui sont propres, travaille au service du bien commun, dans le respect de l’autre et de l’environnement. Cela suppose également de mettre fin à l’excès de machinisme qui prédomine actuellement. »

18.« Tous les hommes ont la même origine divine et sont animés par une même essence spirituelle, celle de l’Âme universelle. En vertu de ce principe, les races ne sont que des différences “physiques” et ne peuvent en aucun cas justifier des comportements racistes. On peut regretter également que tant de guerres “saintes” aient été commises au nom de Dieu, alors qu’Il est le même pour tous et n’appartient à personne. En cela, tous les intégrismes religieux sont condamnables et portent malheureusement atteinte à la religion dont ils se réclament. Quoi qu’il en soit, tous les hommes sont les cellules d’un seul et même corps, ce corps étant animé par l’âme collective de l’humanité, qui fait elle-même partie intégrante de l’Âme universelle. »

Note : Les citations figurant dans cette rubrique sont extraites des écrits de Serge Toussaint et portent sur des points divers qu’il a traités à la lumière de ses réflexions personnelles et de l’enseignement rosicrucien.

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