Lettre ouverte à nous-mêmes

« Comment serait-il possible que je puisse savoir que je doute, c’est-à-dire qu’il me manque quelque chose et que je ne suis pas parfait, si je n’avais en moi aucune idée d’un Être plus parfait que le mien, par la comparaison duquel je peux connaître les défauts de ma nature. »

René Descartes (1596-1650) Philosophe

Habituellement, lorsque l’on écrit une lettre ouverte, c’est à l’attention et à l’intention d’une ou de plusieurs personnes, dans le but de partager certaines réflexions ou de susciter des réactions. Mais n’avons-nous pas des choses à nous dire ? N’avons-nous pas des confidences à nous faire ? N’avons-nous pas des questions à nous poser ? Il est évident que si. C’est ce que je vous propose de faire à travers cette lettre ouverte un peu particulière, en espérant qu’elle vous permettra, non seulement de vous adresser à vous-même avec sincérité et bienveillance, mais également d’en apprendre davantage sur votre être profond. En termes rosicruciens, elle est une invitation à communier avec votre Moi intérieur.

Précisément, que faut-il entendre par « Moi intérieur » ? D’une manière générale, il correspond à ce que les philosophes de la Grèce antique désignaient sous le nom de « psyché », nom porté également par une princesse de la mythologie grecque, élevée au rang de déesse avant d’épouser Eros, dieu de l’amour. La psyché désignait pour eux l’intériorité de tout être humain, c’est-à-dire le Moi conscient auquel il s’identifie lorsqu’il pense, mais aussi le Moi inconscient qui s’exprime en lui lorsqu’il rêve ou se trouve dans un état de conscience transcendantal. Par extension, ils l’assimilaient à la personnalité propre à chacun, à l’entité consciente qui vit et évolue à l’intérieur du corps (le « soma »). La plupart étaient convaincus qu’elle survivait à la mort, ne serait-ce qu’en partie.

Sur le plan étymologique, il est intéressant de noter que le mot « psyché » provient du grec « psukhein », qui signifie « souffler », et indirectement du mot « psukhé », qui veut dire « souffle ». C’est pourquoi les philosophes grecs faisaient de la psyché, certes le Moi conscient et inconscient de l’être humain, mais également le principe vital qui anime son corps et le maintient en vie. Par ailleurs, « souffle » se disant « spiritus » en latin, on en vint également à voir dans la psyché l’esprit qui confère à tout individu le sens moral, c’est-à-dire le sens de ce qui est fondamentalement bien et fondamentalement mal dans le comportement humain. Pour Socrate, elle n’était autre que l’âme elle-même, la partie purement spirituelle de tout individu. Pour Platon, son disciple, elle était une émanation de l’Éther, qu’il assimilait à l’Essence divine qui imprègne toute la Création.

L’origine de la psychologie

Avec le temps, le mot « psyché » donna naissance à « psychisme », défini dans la plupart des livres de référence comme l’« ensemble des processus psychiques conscients et inconscients relevant de l’esprit, de l’intelligence, de la volonté et de l’affectivité ». En application de cette définition, l’adjectif « psychique » est utilisé de nos jours pour qualifier ces processus sans pour autant les définir précisément. C’est ainsi que l’on parle indifféremment des facultés psychiques, des impressions psychiques, des perceptions psychiques, des troubles psychiques…, ce qui, vous en conviendrez certainement, est très vague. On s’accorde néanmoins à dire que l’état psychique d’une personne correspond à sa situation psychologique du moment, laquelle est plutôt bonne ou plutôt mauvaise. La psychologie, précisément, est la science qui a pour but d’étudier cet état, cette situation, et d’y remédier en cas de besoin.

Comme vous le savez certainement, la psychologie a une approche ternaire de la psyché. D’après Sigmund Freud (1856-1939), considéré comme le fondateur de la psychanalyse, elle s’exprime en tout être humain à travers le ça, le moi et le surmoi. Selon lui, le ça est la part la plus inconsciente de l’être humain ; il est le réservoir des instincts et le réceptacle des désirs refoulés au plus profond de nous-mêmes. Le moi correspond à la part la plus consciente de l’individu et lui permet d’équilibrer ses pulsions. Quant au surmoi, il oscille entre le conscient et l’inconscient, selon que l’on est à l’état de veille ou non. C’est lui qui gère les interdits et nous incite à nous conformer aux exigences de l’éducation parentale et de la vie en société. Si vous ne l’avez jamais fait, prenez le temps, ne serait-ce qu’à titre informatif, de lire plus en détail ce qu’il en est de ces trois dimensions de l’être, selon Freud.

Naturellement, chacun est libre d’adhérer à l’approche freudienne de la psyché. En ce qui me concerne, je la trouve confuse, arbitraire et excessivement matérialiste. Établie en dogme dès le début du XXe siècle, elle fut enseignée à des générations d’étudiants (dont je fis partie) et continue à l’être. De nos jours, elle sert encore de référence à la psychanalyse, tout du moins pour les disciples de Freud, et conditionne les méthodes utilisées par eux pour soulager les patients de leurs troubles, depuis les moins graves (complexes, sentiment de culpabilité, manque de confiance en soi…), jusqu’aux plus handicapants (paranoïa, schizophrénie, bipolarité…), ces derniers étant davantage du ressort de la psychiatrie. Quoi qu’il en soit, les psychologues, les psychanalystes et les psychiatres sont très utiles, d’autant que de plus en plus de personnes, adultes et enfants, souffrent de désordres dits psychiques, les plus courants étant les différentes formes de dépression.

Comme la plupart des Rose-Croix sinon tous, c’est l’approche jungienne de la psychologie humaine qui a ma préférence. Après avoir été plusieurs années le disciple de Freud, Jung (1875-1961) mit fin à leur coopération et poursuivit seul ses recherches, et ce, pour deux raisons majeures. En premier lieu, il n’accordait pas à la libido l’importance que son ex-mentor lui donnait. Par ailleurs, contrairement à lui, il était spiritualiste et admettait comme une évidence l’existence de l’âme. Ayant abandonné le topique ça-moi-surmoi, il opta pour un autre ternaire : conscient-subconscient-inconscient. Comme son nom l’indique, le conscient désignait pour lui tout ce dont nous avons conscience sur le plan objectif (perceptions sensorielles) et sur le plan subjectif (facultés mentales) ; le subconscient correspondait à tout ce qui transcende le conscient et dont nous n’avons conscience ni objectivement ni subjectivement ; l’inconscient appartenait au domaine de l’âme elle-même et était purement spirituel.

Que savons-nous de nous-mêmes ?

Mais revenons-en à l’objet de cette lettre. Que savons-nous de nous-mêmes ? Que nous sommes un homme ou une femme ; que nous avons tel âge ; que nous sommes nés à tel endroit, à telle date ; que nous habitons tel quartier de telle ville de tel pays ; que nous travaillons dans tel domaine ou que nous sommes “retraités” ; que notre famille se compose de telles personnes (adultes et enfants) ; que nous avons tels amis, tels voisins, telles connaissances… Autant de choses dont nous avons conscience et qui font partie de notre vécu, depuis le jour de notre naissance jusqu’à cette minute. À cela s’ajoute une multitude de souvenirs, les uns agréables et réconfortants, les autres désagréables et démoralisants. Il y a aussi les espoirs que nous plaçons dans l’avenir et qui nous aident à vivre, pour certains parmi nous à survivre. Assurément, chacun de nous est une personnalité unique dont la vie passée, présente et future est elle aussi unique.

Mais ce qui fait de chacun et de chacune de nous un être unique, c’est aussi et surtout ce que nous sommes en tant que personnalité. Et qui d’autre que nous-mêmes peut savoir ce qu’il en est de cette personnalité, dans sa nature la plus intime ? En notre conscience, si ce n’est en notre âme, nous connaissons nos défauts et nos qualités, nos forces et nos faiblesses, nos compétences et nos lacunes, notre part d’ombre et de lumière. Personne d’autre que nous-mêmes n’est en mesure de (dis)cerner avec justesse ce que nous sommes au plus profond de nous-mêmes. Certes, nous n’échappons pas au jugement des autres, mais ce qu’ils pensent ou disent de nous est toujours subjectif ou approximatif, pour le meilleur et pour le pire. Il en est de même pour ce que nous-mêmes pensons et disons d’autrui, car nous ignorons ce qu’il en est vraiment de leur personne.

À propos de « personne », il est peut-être utile de rappeler que ce mot provient du latin « persona », dérivé de « personare », qui veut dire « retentir ». À l’origine, il désignait le masque que les acteurs portaient et qui, tout en cachant leur visage, amplifiait leur voix, afin qu’elle soit audible pour les spectateurs. Sur le plan étymologique, notre personne est donc le masque qui dissimule aux autres qui et ce que nous sommes. Par extension, notre personnalité correspond à ce que nous sommes sur le plan intérieur, à ce qui fait de nous cet être unique dont nous avons parlé précédemment et que nul autre que nous-mêmes ne peut connaître vraiment. C’est en ayant conscience de cela que nous devrions regarder tout homme, toute femme et tout enfant vivant en ce monde. Là se trouve probablement l’une des clés pour éviter tout jugement de valeur à l’encontre d’autrui et instaurer une véritable fraternité entre les êtres humains, sans aucune distinction.

S’agissant de nos défauts, nous ne devons en aucun cas nous culpabiliser. Nous en avons tous, plus ou moins marqués et plus ou moins préjudiciables à nous-mêmes comme aux autres. Ce qui importe, c’est de ne pas nous complaire avec et de faire en sorte que notre entourage en subisse le moins possible les effets négatifs. Cela suppose de nous évertuer à les maîtriser ou, mieux encore, à les transmuter. Comment ? Non pas en nous opposant à eux (ce qui ne ferait que les renforcer et leur donner un plus grand pouvoir de nuisance), mais en nous évertuant à les remplacer par leurs qualités opposées, jusqu’à ce qu’elles fassent partie intégrante de notre personnalité. À titre d’analogie, le seul moyen de faire disparaître l’obscurité est de lui substituer la lumière. Si, par exemple, vous êtes quelque peu impatient, il est inutile de fustiger votre impatience et de la traiter comme une ennemie. Il faut plutôt vous efforcer à faire preuve de patience lorsque les circonstances l’exigent, jusqu’à ce que cela devienne “naturel” pour vous. Dès lors, cette vertu fera partie de vous-même.

Nous apprécier nous-mêmes, tels que nous sommes

S’il est un fait que nous avons tous des défauts, nous avons tous également des qualités, des aptitudes, des talents, des dons. Ils sont autant de bonnes raisons de nous apprécier nous-mêmes, tels que nous sommes. Ce sont eux aussi qui nous valent l’affection et l’amour des autres. Les posséder doit donc être pour nous un motif de satisfaction et de contentement. Selon les cas, ces qualités, ces aptitudes, ces talents, ces dons sont le fruit de l’éducation que nous avons reçue, de l’instruction dont nous avons bénéficié, du travail sur nous-mêmes que nous avons fait dans cette vie ou, si vous croyez à la réincarnation, d’un acquis venu d’un lointain passé. Quoi qu’il en soit, ils font partie intégrante de notre personnalité actuelle et contribuent, non seulement à notre bien-être, mais également à celui d’autrui, notamment de ceux et de celles que nous côtoyons dans notre existence. Lorsque vous doutez de vous, lorsque votre imperfection se rappelle à vous, concentrez-vous quelques instants sur ce qui est bien et positif en vous. Ce faisant, vous retrouverez votre sérénité et vous vous sentirez beaucoup mieux.

Sur le fronton du temple de Delphes, dédié aux Mystères d’Éleusis, était gravée la maxime « Connais-toi toi-même ! » Beaucoup plus tard, au début du XXe siècle, un auteur anonyme ajouta « et tu connaîtras l’univers et les dieux ». Quasiment tous les philosophes grecs firent de cette maxime le fondement de la quête humaine. Ils pensaient en effet que c’était là, non seulement la raison d’être de notre présence sur Terre, mais également la voie à suivre pour trouver le bien-être et le bonheur auxquels nous aspirons. Mais que veut dire « se connaître soi-même » ? D’une manière générale, et pour reprendre ce que nous avons dit à propos de la personnalité de chacun, c’est « connaître nos défauts et nos qualités, nos forces et nos faiblesses, nos compétences et nos lacunes, notre part d’ombre et de lumière ». Pour que cette connaissance de nous-mêmes soit utile et bénéfique, elle doit s’accompagner d’un travail sur soi-même. D’un point de vue philosophique, pour ne pas dire mystique, elle n’a d’intérêt réel que si elle suscite en nous le désir et le besoin de nous améliorer, de nous parfaire.

La quête de perfectionnement constitue chez les Rose-Croix le fondement de leur philosophie. C’est ainsi qu’ils s’emploient à éveiller en eux les vertus que l’on attribue à l’âme humaine, dans ce qu’elle a de plus divin : la bienveillance, l’humilité, la générosité, l’intégrité, la tempérance, la compassion… Naturellement, un tel éveil nécessite du temps, et donc de la patience et de la persévérance, deux autres vertus majeures. Mais il en vaut la peine pour au moins deux raisons. En premier lieu, cela nous rend meilleur à nos propres yeux et renforce l’estime que nous avons de nous-mêmes, ce qui fait de nous une personne plus heureuse. En second lieu, cela nous rend meilleur aux yeux des autres et fait de nous une personne plus agréable pour ceux et celles que nous côtoyons dans la vie courante, ce qui contribue au « mieux vivre ensemble ». Vu sous cet angle, on peut dire : « Connais-toi toi-même ; tu seras plus heureux et tu rendras les autres plus heureux ». Sans être nécessairement spiritualiste, tout humaniste devrait convenir que travailler à son amélioration est nécessairement positif pour soi-même et pour la société.

Se connaître soi-même

Mais, comme je l’ai rappelé précédemment, la seconde partie qui a été ajoutée à l’ancien adage au début du XXe siècle est : « … et tu connaîtras l’univers et les dieux ». De toute évidence, cet ajout a une connotation spiritualiste et donne à la psyché une dimension métaphysique. Selon certains astrophysiciens, l’homme est « un enfant des étoiles », en ce sens que tous les atomes qui composent son corps proviennent de ceux que l’univers a produit depuis le Big Bang, il y a environ 13,8 milliards d’années. À cela, les Rose-Croix ajoutent qu’il possède une âme qui prend sa source dans l’Âme universelle. De ce fait, en apprenant à se connaître « corps et âme », il peut effectivement en venir, non seulement à mieux comprendre le cosmos, mot grec qui signifie « univers organisé », mais également à lever le voile sur son origine spirituelle. Vous noterez d’ailleurs que lorsque nous levons les yeux vers un ciel étoilé, nous ressentons de tout notre être un appel vers l’Infini et éprouvons le besoin de communier avec l’Immensité qui s’offre à nous.

Pourquoi « … l’univers et les dieux », et non pas « … l’univers et Dieu » ? C’est probablement pour rester dans l’esprit de l’époque et donner le sentiment que l’ajout faisait partie de l’adage, dans sa version originale. En effet, c’est le polythéisme qui prévalait en Grèce, avec son panthéon de dieux et de déesses. Transposé à notre époque, et sans trahir l’intention de l’auteur de cet ajout, nous pouvons donc dire « … l’univers et Dieu ». S’agissant des Rose-Croix, ils voient en Lui, non pas un Être anthropomorphique, comme c’est le cas de la plupart des croyants qui suivent une religion, mais une Intelligence absolue et impersonnelle œuvrant dans l’univers, la nature et l’homme lui-même au moyen de lois qui ne doivent rien au hasard. Si vous partagez cette conception mystique de Dieu, vous comprendrez qu’en étudiant ces lois dites « divines », nous pouvons effectivement Le connaître ou, du moins, ressentir ce qu’Il est et comment Il opère, non seulement dans la Création, mais également en nous-mêmes.

D’un point de vue rosicrucien, le Divin en nous correspond au Soi. En termes symboliques, il s’apparente, non pas au Moi intérieur, mais au Maître intérieur, c’est-à-dire à la Conscience divine en nous, laquelle est fondamentalement pure et parfaite. C’est donc sous l’impulsion de notre Soi, de notre Maître intérieur, que nous sommes enclins à exprimer les vertus évoquées précédemment et à manifester ce qu’il y a de meilleur dans la nature humaine. À l’inverse, nos défauts sont l’expression de notre ego, dans ce qu’il a de plus négatif. Aussi longtemps qu’il n’est pas maîtrisé, il a tendance à exercer une mauvaise influence sur nos jugements et sur notre comportement, ce qui peut nous conduire à faire preuve d’égoïsme, de jalousie, d’impatience, de malveillance, d’intolérance…, qui sont autant de maladies de l’âme. Quiconque veut se parfaire n’a donc pas d’autre choix que de travailler sur lui-même et de se guérir de ses défauts en s’éveillant à leurs qualités opposées. Tel est le fondement de l’alchimie (la guérison) mentale et spirituelle à laquelle les Rose-Croix s’adonnent en application de leur philosophie, sans jamais culpabiliser.

Un adage connu de tous les mystiques énonce que « le Maître n’apparaît que lorsque le disciple est prêt ». Appliqué à chacun de nous, cela signifie que notre Moi intérieur, qui est imparfait, est le disciple de notre Maître intérieur, qui est parfait puisqu’il intègre la Sagesse divine. Pour se faire entendre à nous, Il utilise ce que nous appelons couramment la « voix de notre conscience », laquelle nous incite constamment à nous conformer à ce qui est fondamentalement bien dans le comportement humain. Mais nous disposons du libre arbitre, de sorte que nous pouvons ne pas en tenir compte ou même nous y opposer. Dès lors, nous nous comportons mal à l’égard de nous-mêmes ou d’autrui, et laissons libre cours à nos défauts. En revanche, si nous l’écoutons et agissons en conséquence, nous manifestons les vertus inhérentes à notre Maître intérieur et mettons fin à leur mauvaise influence. Or, si nous vivons sur Terre, c’est pour permettre à notre psyché, à notre âme, sous l’impulsion de son “noyau” divin, de prendre conscience de sa perfection latente et de la manifester autant que possible à travers notre comportement. Autrement dit, c’est en venir à exprimer ce qu’il y a de plus divin dans la nature humaine, et donc à se montrer patient, humble, généreux, intègre, tolérant… au contact des autres, dans l’intérêt de tous.

Si vous avez lu cette lettre jusqu’à son terme, j’espère qu’elle vous a conduit, au fil des lignes et des paragraphes, à vous interroger sur vous-même et sur le sens que vous donnez à votre vie. Comme je l’ai indiqué, je pense sincèrement que se connaître soi-même permet d’être plus heureux et de rendre les autres plus heureux. Si vous partagez ce point du vue, je vous engage à mener cette quête, comme l’ont fait et le font encore les hommes et les femmes de bonne volonté.

Avec mes meilleures pensées.

Serge Toussaint

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