A propos des rêves

Actualisé le 02 mai 2018

Nous rêvons tous durant notre sommeil. Il s’agit d’une réalité dont nous avons plus ou moins conscience, mais que la science a démontrée et qu’elle continue à étudier à des fins diverses. Les rêves sont une nécessité, à tel point que médecins et psychologues pensent qu’une personne qui n’en ferait pas sombrerait graduellement dans la folie. Parmi les fonctions multiples qu’on leur attribue (informative, cognitive, curative, projective…), la plus importante est la réactive, en ce sens qu’ils nous servent d’exutoire et permettent à notre subconscient de se libérer de tensions psychologiques qui affecteraient notre santé physique et mentale si elles demeuraient au plus profond de nous.

Mais les rêves ne prennent pas tous leur source dans notre subconscient et n’ont pas uniquement une fonction d’exutoire. Certains sont générés par notre âme elle-même et sont donc de nature spirituelle. Ce sont les plus rares mais aussi les plus inspirants, car ils ont un contenu symbolique et même transcendantal. Lorsqu’on sait les discerner et les interpréter, ils nous aident à mieux nous connaître et nous donnent des indications précieuses sur notre état intérieur. Naturellement, cela suppose de les noter et d’en faire le support d’un travail régulier de réflexion et de méditation.

S’il est possible et même utile d’étudier nos rêves, il faut néanmoins comprendre que leur interprétation constitue un art et non une science, car ils comportent une part importante de subjectivité. Cela veut dire qu’il faut voir en eux des révélations, des impressions ou des indications qui nous éclairent sur notre personnalité profonde ou sur notre vie, mais à l’égard desquelles il faut toujours avoir un certain recul. Gérer et diriger son existence en fonction de ses rêves, comme le font certaines personnes, n’est donc pas raisonnable ; c’est même irresponsable.

Un autre point doit être mentionné : certains individus disent être capables d’interpréter les rêves des autres et en font une pratique courante. En règle générale, ils se livrent en fait à une analyse psychologique basée sur le symbolisme que la Tradition accorde à tel ou tel élément majeur du rêve (tel personnage, tel animal, telle fleur, tel mot, tel chiffre, telle couleur, etc.). En réalité, nul autre que nous-mêmes ne peut interpréter nos rêves, car leur signification est liée à notre personnalité, à notre tempérament, à notre vécu, à notre culture, à nos craintes, à nos espoirs… Autant d’éléments qui nous sont propres et qu’aucune autre personne, notamment si elle nous est “étrangère”, ne peut connaître et même comprendre.

La plupart des gens pensent que dormir ne sert qu’à se reposer et à se régénérer ; certains considèrent même que c’est une perte de temps. Pourtant, le sommeil est une période très utile à notre âme. Il lui permet en effet de se libérer provisoirement des sensations et des impressions liées à l’état de veille et au monde matériel, et de communier en toute liberté avec le monde invisible. Or, c’est précisément durant cette période de communion que se produisent les rêves spirituels. Lorsque l’on a conscience de cela, chaque nuit prend une dimension qui transcende de très loin le seul repos du corps. À ce propos, Jung a déclaré : «Le rêve est une porte étroite dissimulée dans ce que l’âme a de plus intime ».

Serge Toussaint
Grand Maître de l’Ordre de la Rose-Croix