A propos du don d’organes

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Comme vous le savez, des appels au don d’organes sont faits régulièrement à travers les médias par des autorités médicales, quand ce n’est pas par des représentants du Ministère de la santé. Malgré ces appels, il semblerait que les services de médecine et de chirurgie concernés manquent d’organes à transplanter, d’où le grand nombre de malades en attente d’un cœur, d’un foie, d’un rein, etc. On peut donc se demander quelles sont les raisons d’un tel manque, pour ne pas dire d’une telle pénurie ?

D’après les enquêtes les plus sérieuses menées dans ce domaine, le problème est dû essentiellement au fait que la plupart des gens sont favorables à l’idée de donner leurs organes, mais que très peu le font savoir de leur vivant. C’est pourquoi, en cas de décès suite à un accident ou à une maladie, les proches du défunt restent sur la réserve et ne vont pas jusqu’à autoriser un prélèvement sur lui. Il est donc important que toute personne qui souhaite faire don de ses organes au moment de sa mort en informe ses proches ou les instances médicales habilitées à en prendre note. Dès lors, une procédure officielle est mise en œuvre le moment venu, dans l’intérêt d’un ou de plusieurs malades.

Ayant eu l’occasion d’aborder ce sujet lors de conférences organisées sous l’égide de l’A.M.O.R.C., je me suis aperçu qu’il y avait d’autres raisons au manque d’organes disponibles pour des transplantations. Un nombre relativement important de personnes ont des doutes quant aux agissements de la médecine en la matière. Pour être plus précis, elles craignent qu’en donnant leur corps à la science, celle-ci l’utilise sans égard pour ce qu’il a été en tant qu’organisme humain, ou se livre sur lui à des expériences qu’elles réprouvent. Peut-être le corps médical devrait-il rassurer les gens dans ce domaine et leur expliquer comment il opère envers les corps qui lui sont confiés ? Pour des raisons éthiques, il est évident que les médecins et les chirurgiens qui en disposent devraient les traiter avec soin et leur accorder le plus grand respect.

Une autre réserve qui m’a été soumise en relation avec le don d’organes est de nature religieuse. Certains fidèles croient à la résurrection des corps et pensent que si on prélève leur cœur, leur foie, leurs reins ou autre, leur dépouille sera souillée et incomplète, de sorte qu’elle ne pourra pas ressusciter au moment du « Jugement dernier ». Bien que chacun soit libre de ses croyances, comment penser que des corps inhumés ou incinérés puissent revivre à nouveau dans plusieurs siècles ou millénaires ? Dans le même ordre d’idée, certains fidèles refusent de donner leurs organes, car ils craignent que leur âme elle-même soit incomplète lorsqu’elle paraîtra devant le Créateur au moment de franchir le seuil de l’après-vie. Pourtant, elle est inaltérable en tant qu’énergie spirituelle. De ce fait, rien de ce que le corps physique peut subir avant ou après la mort ne peut l’affecter.

En résumé, le don d’organes correspond à un choix que chacun doit faire en sa conscience si ce n’est en son âme, sans se laisser influencer par les dogmes religieux et en ayant à l’esprit qu’il permet de sauver des vies. Que l’on soit croyant ou non, n’est-ce pas là un acte des plus humanistes ? Et qui sait : peut-être nous arrivera-t-il un jour de devoir notre survie à un organe prélevé sur un donneur ?

Serge Toussaint
Grand Maître de l’Ordre de la Rose-Croix

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