A propos du silence

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Chacun devrait convenir que nous vivons dans un monde de plus en plus bruyant, notamment dans les grandes villes et les grands centres urbains. Les voitures, les “deux roues” motorisées, les avions, les trains, les engins en tous genres, autant de causes diverses à l’origine du bruit qui règne aux quatre coins de notre planète. De très nombreuses personnes en souffrent, au point de faire des dépressions ou d’être affectées par des troubles aussi pénalisants que l’insomnie, l’irritabilité et autres formes de stress. Certains médecins considèrent que le bruit est un véritable fléau pour l’humanité, et qu’il est devenu urgent de prendre les mesures qui s’imposent dans ce domaine.

Alors que le bon sens voudrait que l’on recherche le silence où et quand cela est possible, nombre d’individus, notamment parmi les jeunes, se rajoutent du bruit dans leur vie privée : concerts de musique ou de pseudo-musique dépassant largement en décibels ce que l’oreille humaine peut entendre sans être agressée, “baladeurs” réglés beaucoup trop fortement, etc. Une anecdote à ce propos : Un jour où je me promenais en forêt, j’ai croisé un groupe d’adolescents qui marchaient sur un sentier. Tous avaient un “baladeur” et semblaient coupés non seulement des autres, mais également du paysage environnant et du chant des oiseaux. J’avoue qu’en les voyant ainsi, j’ai ressenti une certaine tristesse mêlée de compassion. À tort peut-être, j’ai eu le sentiment qu’ils n’étaient pas heureux.

Sans parler du bruit en tant que tel, vous avez certainement remarqué que très peu de personnes s’accordent des périodes de silence chez elles. Si elles ne discutent pas avec un proche, elles parlent au téléphone, écoutent la radio, regardent la télévision, surfent sur Internet, etc. Autrement dit, elles s’occupent de telle sorte qu’elles se coupent d’elles-mêmes et donnent le sentiment de refuser tout « vide » dans leur vie quotidienne, au point d’en “boucher” systématiquement les “trous”. Ce faisant, elles se privent d’une grande source de bien-être : l’introspection.

Il est un fait que la société actuelle sollicite de plus en plus les sens objectifs, les fonctions cérébrales et les appétits physiques. Cette culture du « remplissage » a conduit de nombreuses personnes à privilégier l’aspect matériel de la vie au détriment de sa dimension spirituelle. Autrement dit, elle les a rendues de plus en plus matérialistes et les a éloignées de leur âme. Or, de quoi a-t-elle besoin pour son épanouissement ? De moments de silence. C’est ce qui explique pourquoi tous les sages du passé en ont fait un élément essentiel de leur enseignement.

Que faire pour procurer à notre âme le silence dont elle a besoin pour s’épanouir ? Prendre le temps, régulièrement, de s’intérioriser, de méditer, de ne pas parler inutilement, de se promener dans la nature, etc. C’est ce que font les Rose-Croix en application de leur philosophie. Si la majorité des gens le faisaient, non seulement ils se sentiraient beaucoup mieux, mais le monde dans son ensemble serait également plus calme et plus paisible. J’ajouterai que la meilleure alliée du silence est la spiritualité, car, précisément, elle est fondée sur le désir de communier avec l’âme qui est en nous. Pour cela, il faut savoir se mettre à son écoute, ce qui est impossible dans le bruit, le tumulte et l’agitation.

 

Serge Toussaint
Grand Maître de l’Ordre de la Rose-Croix

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