A propos du karma

Actualisé le 24/10/2018

par Serge Toussaint, Grand Maître de l’Ordre de la Rose-Croix

Il est devenu assez courant d’entendre des personnes, notamment des jeunes, parler du « karma ». Mais bien souvent, ce mot est employé d’une manière approximative, parfois même à contresens. Tout d’abord, il est peut-être utile de rappeler qu’il est d’origine sanscrite et signifie : « action-réaction ». Cette notion est au cœur de la philosophie orientale et traduit le fait que « chacun récolte tôt ou tard ce qu’il a semé », ce que tous les sages du passé ont enseigné d’une manière ou d’une autre.

Souvent, le karma est réduit à son aspect négatif. Autrement dit, ceux qui s’y réfèrent le font généralement en relation avec les problèmes, les difficultés et les épreuves auxquels ils sont confrontés à un moment donné de leur existence. Or, dans l’absolu, les bienfaits, les joies et les succès sont également des effets de la loi karmique. Vues sous cet angle, ce que l’on appelle couramment « chance » et « malchance » sont liées plus souvent qu’on ne le pense à nos choix et à notre comportement. Cela signifie que la chance doit se mériter et que la malchance peut être évitée. Sachant cela, il faut nous évertuer à appliquer au mieux notre libre arbitre dans la vie quotidienne.

Est-ce à dire que toutes les épreuves et tous les problèmes que nous connaissons au cours d’une vie résultent d’un karma négatif, et par conséquent de nos mauvaises actions ? Non, car il est impossible de vivre ici-bas sans être confronté à des difficultés diverses, inhérentes à l’aspect matériel de l’existence. Par ailleurs, la loi karmique, que l’on appelle également « loi de compensation » ou « loi du juste retour des choses », n’est pas punitive, mais évolutive. Autrement dit, elle a pour but de nous faire évoluer en attirant notre attention sur la relation qui existe entre ce que nous vivons au quotidien et ce que nous pensons, disons et faisons. Tout en éveillant notre conscience à ce qui est fondamentalement bien et mal dans le comportement humain, elle cultive en nous le sens des responsabilités.

Comme tout ce qui est du domaine de la métaphysique et de la spiritualité, nombre de personnes, notamment parmi les athées et les matérialistes, ne croient pas au karma et pensent que le destin de chacun est conditionné par le hasard et les circonstances de la vie. C’est naturellement leur droit. Cela étant, le fait de nier l’existence de la loi karmique ne l’empêche nullement de s’appliquer. Que l’on y croit ou non, elle intervient dans l’évolution spirituelle de chacun et détermine en grande partie le destin qu’il se forge lui-même de jour en jour, de mois en mois, d’année en année et de vie en vie. Avoir conscience de cela incite à appliquer au mieux son libre arbitre et à exprimer le meilleur de soi-même au quotidien.

Il est vrai que sur le plan humain, on peut avoir l’impression que la vie est injuste. C’est ainsi que des personnes connaissent des difficultés et des épreuves, alors qu’elles ont le sentiment de bien se comporter. Inversement, des individus malhonnêtes et malveillants ont une existence apparemment heureuse et confortable. Mais ici, le mot « apparemment » prend tout son sens, car nous ignorons ce qu’il en est vraiment de leur vie. Par ailleurs, le bien-être matériel ne suffit pas au bonheur. Quoi qu’il en soit, la loi karmique s’appliquera tôt ou tard pour ces individus, dans cette incarnation ou dans la prochaine. Ils connaîtront alors des épreuves diverses et les subiront aussi longtemps qu’ils n’auront pas compensé le tort causé à autrui et éveiller le meilleur d’eux-mêmes.