A propos de l’amitié

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À moins de souffrir d’une maladie mentale ou d’un désordre psychologique, tout être humain a besoin d’aimer et d’être aimé pour être heureux. Cela étant, il y a plusieurs degrés dans l’amour : entre deux conjoints, entre des parents et leurs enfants, entre des grands-parents et leurs petits-enfants, entre des oncles ou tantes et leurs neveux ou nièces… et entre des amis. Dans ce dernier cas, on parle plutôt d’amitié, en ce sens que l’affection qu’ils se portent n’est pas filial et ne concerne pas des membres d’une même famille “de sang”, mais des personnes qui sont a priori “étrangères” entre elles. Pourtant, et comme vous le savez, des amis peuvent avoir des liens plus puissants, plus sincères et plus durables.

Une autre particularité de l’amitié réside dans le fait qu’elle est exempte de toute dimension sexuelle, ce qui n’est généralement pas le cas de l’amour qui unit deux conjoints, notamment lorsqu’ils sont jeunes. Il n’y a donc pas d’arrière-pensée de cette nature entre deux amis. De même, il n’y a pas de passion entre eux, au sens véritablement “passionnel” de ce terme. Lorsqu’une amitié se tisse entre des personnes, c’est pour de toutes autres raisons. Elles s’aiment et se fréquentent uniquement parce qu’elles s’apprécient en tant qu’individus, ou plus exactement en tant que personnalités.

Il est difficile de décrire ce qui fait que des personnes en viennent à se lier d’amitié. À l’origine, il y a nécessairement une rencontre qui peut être “hasardeuse” ou non. Le plus souvent, il y en a une deuxième, puis une troisième, car on ne devient pas ami sur un “coup de foudre”. Pour cela, il faut apprendre à se connaître, voire à se reconnaître, puis à s’apprécier. Cela demande du temps et, par conséquent, de la patience. Et lorsqu’il s’agit d’une réelle amitié, elle ne cesse de se renforcer au fil du temps et perdure jusqu’à la mort des personnes concernées, au point que celui ou celle qui reste ressent un vide qu’il est difficile de combler, comme c’est le cas lorsque l’on perd un être cher.

La force de l’amitié réside notamment dans le fait qu’elle est désintéressée en tous points et qu’elle donne sans rien attendre en retour. Par ailleurs, elle n’exige pas que l’autre soit tel qu’on voudrait qu’il soit dans sa manière de penser, de se  comporter, etc. On l’aime avec ses défauts et ses faiblesses, et les qualités comme les talents qu’on lui connaît sont à la fois une source d’inspiration et une invitation à s’améliorer soi-même. Assurément, l’ami(e) véritable est une âme-sœur, ce qui explique pourquoi on se sent autant lié, pour ne pas dire attaché, à lui (à elle).

À plusieurs reprises, j’ai précisé «réelle amitié», «ami(e) véritable». Pourquoi ? Parce que l’amitié, comme vous le savez parfaitement, ne se construit pas à travers un “clic” sur tel ou tel réseau social. Ne voyez pas là une critique des relations et des liens que l’on peut tisser sur internet, mais il est impossible d’avoir ne serait-ce que plusieurs dizaines d’amis dignes de ce qualificatif. Cela étant, rien ne s’oppose à ce qu’un(e) ami(e) virtuel(le) devienne un jour un(e) ami(e) réel(le). Mais cela suppose qu’ils se rencontrent, se côtoient, fassent des choses ensemble, éventuellement se disputent ; autrement dit vivent des expériences communes.

 Serge Toussaint
Grand Maître de l’Ordre de la Rose-Croix

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