A propos de l’éthique

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De toute évidence, le monde actuel ne va pas bien : crise économique et sociale, misère, pauvreté, conflits, guerres, inégalités marquantes, violations des droits les plus élémentaires, dictatures, atteintes à l’environnement, etc. Mais qu’on le veuille ou non, c’est le comportement humain qui est à l’origine de cette situation chaotique. Si la majorité des hommes et des femmes qui habitent cette planète exprimaient ce qu’il y a de meilleur dans la nature humaine, il est évident que les choses iraient infiniment mieux, et que l’humanité, dans son ensemble, serait beaucoup plus heureuse qu’elle ne l’est actuellement.

Que faut-il entendre par «exprimer ce qu’il y a de meilleur dans la nature humaine» ? Comme vous l’aurez compris, il s’agit d’exprimer ce que l’on appelle couramment les «qualités», que Socrate, le père de la morale, préférait désigner sous le nom de «vertus». Il en est ainsi de l’honnêteté, de l’humilité, de la générosité, de la tolérance, de la bienveillance, etc. Or, l’éthique, au sens large du terme, est l’aptitude à manifester ces qualités à travers notre comportement, au sein de la famille comme de la société. Vous conviendrez certainement que cela n’a rien de moralisateur.

S’il y a des guerres en ce monde, c’est parce que la plupart des êtres humains se laissent encore dominer par la violence, l’esprit de vengeance et la haine ; autant de sentiments négatifs qui les incitent à s’entretuer. S’il y a des millions d’hommes, de femmes et d’enfants qui ne mangent pas à leur faim ou n’ont pas le nécessaire pour vivre décemment, c’est en raison de notre propension à être égoïstes, tant sur le plan individuel que collectif. Si l’économie est aussi vacillante et génère autant d’inégalités, c’est parce que la cupidité et la malhonnêteté gangrènent tous les niveaux de la société. C’est donc l’absence d’éthique qui est à l’origine de l’état chaotique du monde.

Si vous admettez que l’éthique est l’aptitude à manifester les qualités qui font la dignité de tout être humain, vous comprendrez qu’elle est universelle en essence. En effet, être honnête, humble, généreux, tolérant, bienveillant, etc., est une question, non pas de race, d’ethnie, de nationalité, de classe sociale, de religion, etc., mais de volonté personnelle. Rien ni personne ne peut empêcher quiconque d’éveiller ces qualités s’il le veut vraiment et s’il en fait le fondement de sa philosophie. Imaginez ce que serait le monde si la grande majorité des êtres humains tendaient vers cet idéal de comportement ?

Nombre de personnes pensent et disent que si le monde va mal, «c’est la faute des politiques». C’est là un raisonnement caricatural. Certes, on ne peut nier que certains d’entre eux sont malhonnêtes, cupides, etc., mais c’est le cas dans toute autre profession ou corporation. En outre, peut-on exiger qu’ils soient ce que nous-mêmes ne sommes pas, à savoir parfaits ? Bien sûr, on attend une certaine exemplarité de ceux et de celles qui nous dirigent, mais j’ai toujours pensé que la plus haute forme de politique est celle qui consiste à bien se gouverner soi-même, et que le seul moyen d’y parvenir est de s’évertuer à faire preuve d’éthique. Si chaque citoyen s’y employait, la société dans son ensemble en serait radicalement transformée.

Serge Toussaint
Grand Maître de l’Ordre de la Rose-Croix

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