Sur le plan étymologique, le mot « rédemption » vient du latin « redemptio », qui veut dire « rachat ». Dans le Christianisme, ce mot se rapporte au fait que Jésus aurait « racheté » l’humanité grâce aux souffrances qu’il endura sur la croix. Pour être plus précis, il aurait, grâce au sacrifice de sa vie, sinon annulé, du moins amoindri considérablement les péchés commis par les hommes depuis leur apparition sur Terre. En termes théologiques, on parle de « rémission des péchés ». Par sa « résurrection », il aurait également ouvert les portails de la vie éternelle à tous ceux et à toutes celles qui croient en lui (pas seulement les Chrétiens). Respectueux des croyances de chacun, je laisse à chacun le soin d’adhérer ou non à ces deux notions religieuses, en l’occurrence chrétiennes.

La rédemption

Dans le langage courant, le mot « rédemption » est employé également pour désigner le processus qui conduit un individu à se racheter de ses propres fautes et de ses propres erreurs de comportement. Dans l’absolu, toute personne peut effectivement se rédempter et réparer, ne serait-ce qu’en partie, le mal qu’elle a pu commettre envers elle-même, autrui ou la société. Pour cela, il faut qu’elle prenne conscience du tort qu’elle s’est causé ou qu’elle a causé, et qu’elle agisse en conséquence sur le plan humain. Certes, tout n’est pas réparable, même au terme d’une longue et pénible rédemption. C’est le cas, par exemple, d’un assassinat, car il est impossible de redonner vie à quelqu’un qui a été tué. Néanmoins, même un criminel peut s’amender.

À propos des criminels, il n’est pas rare que certains d’entre eux, après avoir commis des actes irréparables (meurtres, viols, tortures, attentats…) aient tout fait pour obtenir le pardon des victimes ou de leur famille, ce qui ne veut pas dire qu’ils l’aient obtenu. L’un des exemples les plus connus est celui de Caryl Chessman, condamné à mort aux États-Unis pour avoir commis des viols et des kidnappings dans les années 30. Durant sa détention en prison, il écrivit trois livres dans lesquels il exprima tous ses regrets pour les crimes commis, mais clama son innocence pour d’autres dont il fut injustement accusé. Il expliqua également comment la société elle-même génère des inégalités, des injustices, des privations, des frustrations… qui peuvent conduire des individus à devenir violents. Au moment de son exécution (le 2 mai 1960), nombre d’observateurs reconnurent que l’homme qui venait d’être mis à mort n’avait plus rien à voir avec celui qui avait été arrêté en 1948.

Se rédempter soi-même

Comme je l’ai indiqué précédemment, une personne peut également se rédempter pour le mal qu’elle s’est causé à elle-même. Un drogué, un alcoolique, dès lors qu’il en a la volonté et avec l’aide de son entourage, est en capacité de se sevrer progressivement et de sortir de l’enfer qu’il vit au quotidien et qu’il fait vivre à ses proches. Une telle rédemption est très difficile à réaliser, car elle implique de mettre fin, non seulement à une addiction physique et psychologique particulièrement puissante et prenante, mais également aux causes qui l’ont provoquée (soucis personnels, angoisse existentielle, extrême solitude, stress excessif, choc émotionnel). C’est pourquoi toute personne qui réussit à rompre avec l’alcool ou la drogue a beaucoup de mérite et constitue un exemple pour ceux et celles qui cherchent à faire de même.

Si l’on emploie le mot « rédemption » à propos de quelqu’un qui fait tout son possible pour se racheter vis-à-vis de lui-même ou d’autrui, c’est parce que cela nécessite beaucoup d’efforts et s’accompagne toujours de souffrances physiques et (ou) psychologiques. Cela suppose en effet que la personne qui s’engage dans cette voie livre un combat contre elle-même, ou plus exactement contre ses faiblesses, ses défauts, ses mauvaises habitudes, ses pulsions négatives, ses addictions… Naturellement, on peut regretter qu’elle ait à souffrir, mais s’il en est ainsi, c’est généralement parce qu’à un moment donné de son existence, elle a fait un mauvais usage de son libre arbitre. Vue sous cet angle, on peut considérer que la rédemption est la compensation volontaire d’erreurs graves dont on a pris conscience et que l’on veut assumer en toute conscience.

 

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