Dans son acception profane…
Dans son acception “profane ”, le mot « Illumination » désigne « le fait d’éclairer quelque chose par des dispositifs lumineux en grand nombre ». Au pluriel, les illuminations sont « des décorations lumineuses qu’on allume durant certaines fêtes » (notamment à Noël). Pour les produire, il faut naturellement utiliser de nombreuses ampoules et les alimenter au moyen de cette énergie que l’on appelle « électricité ». On considère généralement que c’est Michel Faraday (1791-1867) qui a inventé l’électricité et que c’est Thomas Edison (1847-1931) qui a été le premier à déposer un brevet pour une ampoule électrique, en octobre 1879. Auparavant, les êtres humains s’éclairaient essentiellement avec des bougies ou des lampes à huile. Quant aux énergies qu’ils utilisaient dans leur vie, elles étaient de type mécanique, hydrolique ou éolien.
La déification du Soleil
Depuis leur apparition sur Terre, les hommes ont toujours aimé la lumière, dont la seule source, pendant des millénaires, fut le Soleil. C’est la raison pour laquelle l’Astre du jour fut déifié par quasiment tous les peuples de l’Antiquité. Akhenaton, célèbre pharaon de la XVIIIe dynastie, en avait fait le symbole du Dieu unique qu’il vénérait et voyait en lui la source, non seulement de la lumière, mais également de la vie, telle qu’elle se manifeste sur Terre. Il lui consacra même un hymne (l’« Hymne à Aton »), considéré par les égyptologues comme l’un des plus beaux textes de l’Ancienne Égypte. Plus tard, le Soleil fut vénéré en Grèce sous le nom d’Hélios, souvent personnifié par un dieu portant une couronne rayonnante et chevauchant un char à travers le ciel. Par la suite, les Romains le déifièrent sous les traits d’Apollon, pourvoyeur de la lumière solaire.
La déification de la lumière
Dans le lignage des civilisations antiques, les grandes religions ont déifié, non pas le Soleil, mais la lumière. Dans le Christianisme, elle l’est sous le nom de « Lux » ; dans le Judaïsme, sous le nom de « Aor » ; dans le Bouddhisme sous le nom de « Maha-Boddi », etc. Quelle que soit la religion concernée, ce nom symbolise la Lumière divine, c’est-à-dire la Sagesse de Dieu, telle que les fidèles Le conçoivent. Si l’on en croit les textes dits sacrés, Jésus, Moïse, Mahomet et Bouddha incarnèrent cette Sagesse et eurent pour mission de la répandre parmi les hommes à des époques différentes et en des lieux différents. C’est pourquoi ils sont désignés sous le nom d’« Illuminés » dans la Tradition religieuse, au sens de « personnes éclairées par une révélation divine ». Le mot « Bouddha », dérivé du sanscrit « Boddhi », signifie d’ailleurs « éveillé », « illuminé » ou « détenteur de sagesse ».
La lumière pour les Rose-Croix
Bien que l’Ordre de la Rose-Croix ne soit pas une religion, le concept d’Illumination fait également partie de son enseignement et de sa philosophie. Cela étant, l’approche qu’il a de ce concept n’est pas religieuse, mais mystique, en ce sens que d’un point de vue rosicrucien, il ne s’agit pas d’une révélation que Dieu accorde à un(e) Élu(e), mais l’état de Sagesse que toute personne est susceptible d’atteindre au cours de son évolution spirituelle. C’est donc en nous éveillant nous-mêmes à la dimension la plus divine de notre être que nous pouvons connaître un jour l’Illumination. Cet état correspond en fait à l’union entre notre âme et l’Âme universelle, thème des fameuses « Noces chymiques de Christian Rosenkreutz ». Un tel état de Sagesse ne pouvant être réalisé qu’au terme d’un très long processus évolutif, la plupart des Rose-Croix considèrent qu’y accéder nécessite, de nombreuses réincarnations successives.
La lumière intérieure
Si le concept d’Illumination est familier aux membres de l’A.M.O.R.C., ils ne sont obsédés par l’idée d’atteindre un tel niveau de conscience. Certes, ils mènent une quête de Sagesse, mais ils le font à leur rythme, au contact des autres, et en profitant des plaisirs que la vie peut leur offrir. En cela, ils accordent plus d’importance au chemin qu’ils suivent pour s’accomplir spirituellement qu’au but ultime auquel il mène. Ils savent également que « Illumination » rime avec « Illusion ». Ayant « la tête dans le ciel mais les pieds sur terre », ils ne sont en aucun cas des “Illuminés”, au sens péjoratif du terme. Effectivement, ils aspirent à contempler un jour « la plus Grande Lumière » et à accéder ainsi à l’« Éternelle Sagesse », l’« Eternae Sapientiae », comme l’appelaient les mystiques du passé. Cela dit, c’est vers leur propre lumière intérieure qu’ils tournent régulièrement leur regard, car c’est elle qui éclaire nos choix et nous incite à bien agir au quotidien.





