A propos de l’alchimie spirituelle

Email this to someoneShare on FacebookTweet about this on TwitterShare on Google+

Comme vous le savez, les alchimistes du Moyen-Âge pratiquaient l’alchimie matérielle (ou opérative) dans le secret de leur laboratoire, à l’aide d’outils et d’instruments insolites, parmi lesquels des cornues, des alambics, des creusets, sans oublier l’athanor, foyer principal des opérations. Leur but était de transmuter des métaux vils (généralement le plomb) en or, selon un processus qui comportait plusieurs étapes (sept d’après la plupart des livres de référence). À l’issue de ce processus, ils étaient censés obtenir la Pierre Philosophale qui, après avoir été réduite en poudre et projetée sur le métal en fusion, transformait celui-ci en or. Cela étant, rien ne permet d’affirmer qu’ils y soient vraiment parvenus.

Si l’Art Royal ou Grand Œuvre fait partie intégrante de la Tradition rosicrucienne, les Rose-Croix actuels s’adonnent plutôt à l’alchimie spirituelle. Celle-ci consiste à travailler sur nous-mêmes, afin de transmuter nos faiblesses et nos défauts (nous en avons tous) en leurs qualités opposées : pessimisme en optimisme, impatience en patience, paresse en courage, orgueil en humilité, intolérance en tolérance, etc. Le but d’une telle alchimie est de devenir meilleur sur le plan humain, avec tout ce qui en résulte de positif pour nous-mêmes et pour autrui. Malheureusement, trop peu de personnes ont conscience de l’intérêt et même de la nécessité de se livrer à cette transmutation mystique, ce qui explique en grande partie l’état quelque peu chaotique du monde.

Certes, il est difficile de transmuter un défaut, car tant qu’il n’est pas maîtrisé, il fait partie intégrante de notre personnalité et tend à s’exprimer chaque fois que les circonstances lui sont “favorables”. Pour réaliser sa transmutation, il ne faut surtout pas le combattre, car un tel combat le nourrit et lui donne encore plus d’importance. Comme je l’ai dit précédemment, on doit s’évertuer à lui substituer graduellement la qualité opposée. À titre d’analogie, le seul moyen de vaincre l’obscurité est d’y apporter la lumière. Au début, un tel processus est difficile, mais avec le temps, il vient un moment où cette qualité nous devient “naturelle”. Dès lors, le défaut concerné a été transmuté.

Si l’alchimie spirituelle est fondamentale pour transmuter graduellement nos défauts en leurs qualités opposées et en venir ainsi à exprimer ce qu’il y a de meilleur en nous, une autre forme de transmutation est tout aussi nécessaire : celle qui consiste à remplacer toute pensée négative qui nous vient à l’esprit par une pensée positive. Par «pensée négative», il ne faut pas entendre uniquement les pensées empreintes de méchanceté, de rancune, de jalousie, de vengeance, etc. Il faut entendre également les pensées générées par la crainte, l’angoisse, le pessimisme, le manque de confiance en soi, etc. Que nous en ayons conscience ou non, elles nuisent à notre bien-être général et sont à l’origine de nombreux troubles psychologiques et physiques.

Quel intérêt y a-t-il à pratiquer l’alchimie spirituelle et mentale ? La réponse à cette question tient en un seul mot : s’améliorer. Mais pourquoi s’améliorer ? En premier lieu, pour devenir une meilleure compagnie pour soi-même, car tout défaut majeur est une cause de mal-être et fait de nous un ennemi de nous-mêmes. En second lieu, pour devenir une meilleure compagnie pour les autres, qu’il s’agisse de nos proches, de nos amis, de nos collègues de travail, de nos voisins, etc. En troisième lieu, pour devenir un meilleur citoyen et contribuer ainsi à l’amélioration de la société. Mais d’un point de vue rosicrucien, ces trois raisons se confondent en une seule : si nous vivons sur Terre, c’est pour nous parfaire en éveillant ce qu’il y a de plus divin en nous, ce qui suppose d’avoir une approche spiritualiste de l’existence.

 

Serge Toussaint
Grand Maître de l’Ordre de la Rose-Croix

Email this to someoneShare on FacebookTweet about this on TwitterShare on Google+