A propos de la peine de mort

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En abordant ce sujet, j’ai bien conscience qu’il est trop vaste pour être traité de manière exhaustive en quelques paragraphes. Disons simplement que comme c’est le cas de nombreux Rosicruciens, je me sens de plus en plus en déphasage avec le monde actuel, notamment au niveau des “valeurs” qui sont devenues les siennes : voyeurisme, impudeur, vulgarité, bêtise, exhibitionnisme, égotisme, culte du corps et autres déviances sont omniprésentes dans les médias, sur internet et dans la société en général. À l’inverse, la pudeur, la droiture, la discrétion, le respect, la gentillesse et autres qualités sont désormais considérées comme des “signes extérieurs de ringardise”.

On ne peut s’étonner qu’internet soit à l’image de la société et reflète le meilleur et le pire de la nature humaine, car c’est un espace où chacun peut exprimer librement ses frustrations, ses pulsions, ses rancœurs, ses défauts, ses fantasmes, etc. En revanche, il est vraiment dommage que de grands médias, privés comme publics, se laissent autant aller à relater, rapporter et mettre en scène ce qu’il y a de plus avili dans le comportement humain. Pourquoi le font-ils ? Pour répondre à la demande ? Pour accroître leur lectorat et leur audimat, avec ce que cela implique en termes de profits financiers ? Parce que ceux et celles qui travaillent dans ces médias ont eux-mêmes leur part d’ombre et la manifestent à travers leurs choix éditoriaux ? À chacun sa réponse !

Comment en est-on arrivé à une telle déliquescence des mœurs ? D’une manière générale, je pense que c’est parce que les gouvernants comme les gouvernés ont fait des droits le fondement de leurs discours pour les uns et de leurs revendications pour les autres, au détriment des devoirs qui incombent à tout citoyen. Ce faisant, nous avons perdu en quelques générations les repères utiles et nécessaires à la vie en société. C’est d’ailleurs ce constat qui a conduit l’Ancien et Mystique Ordre de la Rose-Croix à publier en 2005 une «Déclaration des devoirs de l’Homme», que certains médias ont relayé, ce que nous avons beaucoup apprécié.

À propos des relations de l’A.M.O.R.C. avec les médias, je reçois régulièrement des courriers et des courriels de membres comme de non-membres me demandant pourquoi on ne donne pas davantage la parole aux Rosicruciens dans la presse, la radio et la télévision. Il est vrai que les responsables des grandes religions et de la Franc-Maçonnerie sont souvent invités à s’exprimer sur des faits ou des problèmes de société. Jusqu’à ce jour, une telle opportunité n’a quasiment jamais été donnée à ceux de l’A.M.O.R.C., tout du moins en France. En fait, j’ai depuis longtemps le sentiment que les Rosicruciens sont quelque peu “boycottés” dans le “pays des droits de l’homme”. Je pense savoir pourquoi, mais le dire ne changerait rien et n’aurait aucun intérêt…

Pour en revenir à la société actuelle, vous aurez compris que je la trouve plutôt décadente. Je pense pourtant n’être ni réactionnaire, ni arrière-gardiste, ni moralisateur, mais simplement humaniste, et sans doute quelque peu utopiste. Cela étant, et comme j’ai déjà eu l’occasion de le dire et de l’écrire, je pense que c’est là un passage obligé. En effet, j’ai le sentiment que l’humanité est dans son adolescence, de sorte qu’elle se cherche elle-même, non sans se livrer à tous les excès. Lorsqu’elle aura fait l’expérience des déviances et des travers les plus glauques et les plus avilissants, elle devrait se rendre à l’évidence : le bonheur auquel les êtres humains aspirent se situe dans les valeurs les plus élevées qui soient, c’est-à-dire dans celles qui correspondent à ce qu’il y a de meilleur dans la nature humaine. Il lui appartiendra alors de se transcender en vue de cultiver ces valeurs sur un plan individuel et collectif.

Serge Toussaint
Grand Maître de l’Ordre de la Rose-Croix

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