À propos de l’éducation

Tout d’abord, il convient de faire la distinction entre deux notions que l’on confond souvent et qui, pourtant, sont différentes : l’instruction et l’éducation. Instruire un enfant consiste à lui transmettre des connaissances théoriques et pratiques, afin qu’il puisse poursuivre au mieux son cursus scolaire puis s’intégrer dans la vie sociale et professionnelle ; c’est le rôle des enseignants. L’éduquer, c’est lui inculquer des valeurs éthiques, afin qu’il se comporte aussi dignement que possible dans la société ; c’est avant tout le devoir et la responsabilité des parents. Malheureusement, beaucoup d’entre eux n’ont plus les repères voulus pour assumer correctement ce rôle et se déchargent sur le corps enseignant.

L’éducation

Quelles sont donc les valeurs civiques que nous devons inculquer à nos enfants ? La plus importante, me semble-t-il, est le respect d’autrui, sans lequel la vie en société ne peut être harmonieuse. Au risque de paraître quelque peu rétrograde, savoir dire « bonjour », « au revoir », « s’il vous plaît », « merci », « excusez-moi », etc., sont autant de convenances qui permettent d’avoir de bonnes relations avec les autres. De même, aider un aveugle à traverser la rue, porter le sac chargé d’une personne âgée, laisser sa place à un adulte dans le train ou le car, couper son téléphone portable dans les transports en commun ou lors d’une réunion, etc., sont des actes civiques auxquels il faut sensibiliser les enfants.

Quant aux valeurs éthiques que nous devons transmettre aux enfants, elles correspondent à celles qui entrent dans ce que l’on appelait autrefois la « morale ». Si je précise « autrefois », c’est parce que ce mot, associé pendant des siècles à la religion, a subi un tel rejet que le seul fait de s’y référer confine désormais à la “ringardise”. De nos jours, il est même en vogue d’être amoral, si ce n’est immoral. Pourtant, la morale, telle que les Rose-Croix la conçoivent, désigne tout simplement le respect de soi-même, d’autrui et de l’environnement. Chacun, quelles que soient ses opinions politiques et ses croyances religieuses s’il en a, devrait pouvoir faire sienne cette définition.

Les vertus

Mais de mon point de vue, l’éducation doit inclure une dimension encore plus élevée que je qualifierais de « spirituelle ». En effet, elle a également pour but d’éveiller chez les enfants des qualités comme la patience, le courage, l’humilité, la générosité, l’intégrité, la tolérance, la non-violence, etc. En effet, ce sont ces qualités qui font la valeur et la dignité de l’être humain. Socrate, considéré comme le « père de la morale », les désignait sous le nom de « vertus » et voyait en elles des attributs de l’âme. Par ailleurs, il pensait que tout individu les possède à l’état latent mais doit les développer, afin de les rendre manifeste dans son comportement. Quant à Comenius, célèbre Rose-Croix du XVIIe siècle, il déclara : « c’est l’âme humaine qu’il faut éduquer, et pas seulement l’individu que nous voyons passer de l’enfance à l’âge adulte ».

À l’exception de quelques cas qui relèvent le plus souvent de la pathologie, tous les parents aiment leurs enfants et s’efforcent de les rendre heureux sur les plans affectif et matériel. Cela étant, le meilleur des héritages qu’ils puissent leur transmettre ne se mesure pas aux biens et à l’argent qu’ils leur légueront éventuellement après avoir quitté ce monde, mais aux valeurs qu’ils leur auront inculquées. Or, ces valeurs ne se vendent ni ne s’achètent, de sorte qu’une bonne éducation est une question, non pas de moyen financier, mais de volonté. C’est aussi la plus belle preuve d’amour que l’on puisse donner à ses enfants, car elle est un don du meilleur de soi-même.

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Cet article a 8 commentaires

  1. coalainmercius

    Saut! A tous…Mise en œuvre des moyens propres à assurer la formation et le développement d’un être humain ; moyens pour y parvenir.. C’est bien ..😘 

  2. Vivaldi

    En lisant ce texte du Grand Maitre je me suis rappelé d’un ouvrage que l’on avait l’habitude d’utiliser dans l’école classique au niveau primaire de mon pays, dénommé « Civique et Morale ». Dans cet ouvrage on retrouve toutes les notions morales et instructions civiques qui pourraient faire d’un enfant un citoyen digne de ce nom, enseignements qui façonnent l’homme du pays pour ne pas dire un citoyen du monde. Mais depuis ces vingt dernières années cet ouvrage a disparu dans le système éducatif du pays et selon le témoignage de plus d’un, depuis lors les valeurs morales commencent à disparaitre dans la societé, pas de respect. La religion selon sa mission devrait être l’une des voies capable d’inculquer aux jeunes ces valeurs en vue de créer une société plus juste et harmonieuse mais malheureusement jusqu’à aujourd’hui nous pouvons dire c’est nettement le contraire. Alors face a une telle situation n’est ce pas l’occosion pour qu’une organisation comme l’ordre de la Rose-Croix se fasse connaitre ? 

  3. Angélique A

    Merci pour ce sujet de fond, car la question est fondamentale pour évoluer vers une société de solidarité et de paix. Effectivement, « autrefois » les cours de « religion » ou de « morale » ou de « philosophie », selon les écoles et les degrés, venaient soutenir l’éducation que les parents donnaient, comme un écho qui renforce le message par son retour identique. Actuellement, ces messages ne prennent pas source chez les parents, ni en parole, ni en acte, et ne sont quasi plus présents dans les écoles et sonnent faux pour les élèves qui entendent le contraire chez eux.Dans les pays en développement ou parfois sous-développés, suite aux guerres et ingérence des dirigeants, les organisations et fondations humanitaires qui travaillent le « renforcement des capacités », instaurent des programmes pour les enfants principalement pour les adultes « d’éducation civique ». Car, la plupart du temps les parents, donc les adultes, ont été imbibés de messages haineux: culturel, social, religieux, racial, sexiste, etc. Ici, en Occident nous retirons les programmes et là-bas, ils sont instaurés. N’est-ce pas la preuve que c’est nécessaire pour le « vivre-ensemble » et en paix. D’apprendre à respecter autrui, mais aussi soi-même afin d’être un exemple pour les autres.J’espère de tout coeur que notre société Occidentale se rappellera à temps, de rappeler ces valeurs et ces vertus nécessaires à toute évolution positive; de recommencer l’éducation à la maison et de leur donner de bonnes bases pour construire leur avenir en particulier et « l’A-venir » en général.

  4. Mik Run

    Des sens différents qui conduisent à un même idéal.

  5. Lorelei

    C’est tout à fait la vision que j’ai de l’éducation, c’est aussi celle que j’ai pu recevoir de mes parents. Comme vous le mentionnez au début de ce point de vue, certains parents confondent l’instruction et éducation… c’est dans l’un de vos textes  (https://www.blog-rose-croix.fr/a-propos-de-l-echec-scolaire/) que j’ai pu lire qu’il serait plus convenable d’appeler « Ministère de l’Instruction », ce qu’on appelle actuellement Ministère de l’Éducation.Étymologiquement parlant, éduquer, c’est élever… c’est donc éveiller les plus belles choses, toutes ces vertus qui sont déjà en nous, pour nous faire grandir aussi bien intellectuellement que spirituellement.

  6. Philippe RC

    Je suis bien d’accord avec les propos de Mr Toussaint.Comme l’a dit Paul Valéry, l’éducation ne se borne pas à l’enfance et à l’adolescence. De même, l’enseignement ne se limite pas à l’école. Toute la vie, notre milieu est notre éducation, et un éducateur sévère et parfois dangereux.Je pense aussi que l’éducation fait partie de notre mission en tant qu’être humain. En effet, la transmission est ce qui nous lie et nous permet d’évoluer en tant que société. De ce fait, l’éducation doit être transmise uniquement dans le but d’aider son prochain à tirer le meilleur de lui-même, afin qu’il puisse s’épanouir et devenir un exemple pour ses pairs.

  7. esther melèdje

    C’est dans l’éducation comme source de transmission des valeurs aux enfants, que la « démission » de certains parents vis à vis de leurs responsabilités a des conséquences. En effet, ce manque de prise en charge génère des problèmes au niveau de l’éducation scolaire : surcroît de travail pour l’enseignant qui dans ce cas-là ne peut se concentrer sur son travail consistant essentiellement à montrer l’apprentissage des connaissances scolaires aux enfants. De telles situations peuvent entraîner des perturbations au niveau des enfants concernés : inadaptation, voire difficultés pour suivre correctement l’enseignement dispensé.Ces parents démissionnaires-là devraient faire leur part de travail vis-à-vis de leurs enfants  pour les aider et aussi leur rendre l’éducation scolaire moins pénible, et en même temps alléger la tâche des enseignants qui sont, même sans une telle situation, il me semble assez surchargés (proportion d’enseignants par rapport au nombre d’élèves)… »L’Education Sauvegarde de l’Humanité » de Serge Toussaint, devrait être un cadeau parmi les cadeaux offerts aux jeunes parents… E.M.E.

  8. Anne-Marie.K

    Je soussigne à votre point de vue.Il est très important de parler de l’éducation et surtout de donner une bonne éducation à ses enfants.Toutefois ce qui est triste est que nombre d’adultes ne jouissent pas eux-mêmes d’une bonne éducation et ne peuvent donc la transmettre à la génération future. Ainsi il me semble que nous devons en réfléchir sérieusement comment nous pouvons donner l’exemple d’une bonne éducation et animer les générations suivantes à la pratiquer.Cordialement

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