Rose-Croix et politique

Dans son sens le plus courant, la politique désigne l’activité qui consiste à gouverner un pays, une région, une ville ou même un village, dans l’intérêt des citoyens. Il s’agit à la fois d’une grande responsabilité et d’une tâche difficile, car tout le monde n’a pas les mêmes idées dans ce domaine, tant parmi les gouvernants que parmi les gouvernés. C’est ce qui explique pourquoi la politique a toujours été une source de conflits, d’oppositions, ou simplement de désaccords. À cela s’ajoute le fait que chacun projette en elle son vécu, ses convictions, ses passions, ses aspirations, ses angoisses, etc. Toujours est-il qu’elle est une cause majeure de dissension et de fâcherie, y compris entre les membres d’une même famille. En fait, l’expérience prouve qu’elle est malheureusement un vecteur d’intolérance entre les personnes qui ne partagent pas les mêmes opinions. On ne peut naturellement que le regretter, car l’idéal en la matière est de pouvoir échanger librement, sans chercher à convaincre.

La politique

On ne doit pas dénigrer la politique ou la rejeter sous prétexte qu’elle est à l’image des hommes eux-mêmes, c’est-à-dire imparfaite. Il faut plutôt l’améliorer et en faire une pratique utile au bien commun. Comme chacun sait, il existe actuellement diverses formes de gouvernements à travers le monde. D’une manière générale, on peut les classer en trois grandes catégories : autocratique, théocratique et démocratique. Dans une autocratie, la politique se réduit pour les citoyens à subir les décisions d’un dirigeant le plus souvent autoproclamé, avec toutes les dérives totalitaires que cela peut impliquer. Dans une théocratie, elle est mise au service d’une religion d’État et s’apparente par conséquent à  une  dictature  religieuse, là aussi avec toutes les dérives possibles. Dans une démocratie, la politique est conditionnée par une interaction quasi permanente entre les gouvernants et les gouvernés, avec une attention particulière accordée aux droits de l’Homme.

De l’avis de la grande majorité des observateurs, ce sont les sociétés démocratiques qui garantissent le mieux les principes de liberté, d’égalité et de fraternité auxquels aspire le commun des mortels. Cela ne veut pas dire pour autant que la démocratie est la panacée en matière de gouvernement. En effet, elle comporte des faiblesses, dont deux principales. En premier lieu, elle a tendance à privilégier les droits au détriment des devoirs, ce qui, paradoxalement, peut aboutir à l’anarchie, avec le risque d’une dictature à venir. En second lieu, la plupart des démocraties reposent sur un clivage entre deux courants majeurs qui tendent à s’opposer systématiquement dans les grands débats de société. Certains pensent que c’est cette opposition qui fait la richesse d’une démocratie. D’autres estiment au contraire qu’elle est sclérosante, car donnant souvent lieu à une alternance durant laquelle les uns s’emploient à défaire ce que les autres ont fait, généralement pour des raisons d’appareils, de corporations ou de clans.

Rose-Croix et politique

Sachant que la politique est une source de désaccords, d’oppositions et de conflits, l’Ancien et Mystique Ordre de la Rose-Croix est depuis toujours apolitique, et ce, dans tous les pays du monde. C’est ce qui lui permet de réunir des membres ayant des convictions différentes dans ce domaine, voire opposées. En application de cette règle fondamentale, son enseignement et sa philosophie sont exempts de toute considération politique. Par ailleurs, il est rigoureusement interdit de parler de politique lors des réunions tenues dans les Organismes locaux de l’Ordre. Ne pas respecter cette règle est l’un des rares motifs d’exclusion en vigueur dans l’A.M.O.R.C. Dans le même ordre d’idée, il est ouvert à toutes les confessions religieuses, mais tout prosélytisme en faveur d’une religion est lui aussi interdit.

Étant fondamentalement apolitique, l’Ordre de la Rose-Croix ne possède aucun réseau d’influence et s’interdit de coopérer à l’élaboration de lois, de décrets, d’édits, d’arrêtés… ayant un caractère politique ou socio-politique, comme le font certaines obédiences maçonniques ou autres mouvements impliqués dans ce domaine. De même, il n’entretient aucune relation avec telle mouvance idéologique ou tel parti politique. Sa préoccupation première est de transmettre son enseignement philosophique aux personnes susceptibles d’être intéressées, et ce, dans le respect absolu de sa devise : « La plus large tolérance dans la plus stricte indépendance ». C’est ce qui explique pourquoi l’A.M.O.R.C. est depuis toujours présent dans des pays gouvernés selon des régimes très différents.

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