À propos de l’humanisme

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Si les Rosicruciens se disent spiritualistes, ils s’efforcent également d’être humanistes. Dans la «Positio Fraternitatis», Manifeste que l’A.M.O.R.C. a publié en 2001, on peut d’ailleurs lire : «Nous croyons que tout être humain est une cellule élémentaire d’un seul et même corps, celui de l’Humanité entière. En vertu de ce principe, notre conception de l’humanisme consiste à dire que tous les hommes devraient avoir les mêmes droits, bénéficier du même respect et jouir de la même liberté, et ce, indépendamment du pays où ils sont nés et de celui où ils vivent. » J’ajouterai que cet humanisme se retrouve dans l’Ordre lui-même, puisqu’il regroupe des hommes et des femmes de toutes races, de toutes nationalités, de toutes classes sociales, de toutes religions, etc.

Tous les êtres humains sont des frères et sœurs de sang, car celui qui coule dans leur veine est fondamentalement le même. De plus, ils ont le même génome et appartiennent au même genre : le genre humain. Ils sont donc intimement liés sur le plan physique. Mais d’un point de vue rosicrucien, ils sont plus que cela ; ce sont des âmes-sœurs, car ils ont la même origine spirituelle. En effet, chacun d’eux possède une âme qui provient de l’Âme universelle, laquelle est une émanation de cette Intelligence, de cette Conscience, de cette Énergie, de cette Force (peu importe le terme) que l’on appelle «Dieu». Cela veut dire que l’Humanité est une en essence et provient de la même Source divine.

Vous avez certainement remarqué que nombre de personnes se sentent davantage attirées par ceux qui ont la même nationalité, la même religion, les mêmes idées politiques, les mêmes tendances philosophiques, les mêmes accointances culturelles, les mêmes goûts artistiques, etc. Cette tendance s’explique par le fait qu’il existe en tout être humain un instinct grégaire qui l’incite à rechercher l’affinité parmi ceux qui lui ressemblent. Cela peut se comprendre et n’est pas négatif en soi. En revanche, ce qui est anormal et même condamnable, c’est de rejeter, ou pire encore de haïr, ceux qui pensent et vivent différemment. Se comporter ainsi à l’égard d’autrui traduit un manque évident de tolérance et d’humanisme.

Le Maître Jésus et d’autres Sages du passé ont engagé tous les êtres humains à s’aimer les uns les autres. Que l’on soit croyant ou non, on ne peut nier qu’il s’agit d’un commandement profondément humaniste. Cela étant, il faut reconnaître qu’il exprime un idéal très difficile à atteindre pour le commun des mortels, y compris pour les Rosicruciens. Aussi, plutôt que de vouloir absolument aimer tout le monde, au risque de s’illusionner ou de faire preuve d’hypocrisie, il faut d’abord commencer par ne haïr personne. Vue sous cet angle, et aussi contradictoire que cela paraisse, l’absence totale de haine est un grand pas vers l’amour universel.

Bien que la spiritualité fasse partie intégrante de ma vie, s’il fallait choisir entre «être spiritualiste» et «être humaniste», j’opterais pour le second choix. Je pense en effet que la priorité pour tout être humain est d’apprendre, sinon à aimer, du moins à respecter son prochain, au-delà de toute distinction. Sans cet amour ou ce respect mutuel, l’humanité ne parviendra jamais à vivre en paix et dans l’harmonie. Cela étant, je pense que l’idéal est de se conformer à un humanisme empreint de spiritualité, car cela lui donne une dimension transcendantale que l’athéisme et encore moins le matérialisme ne peuvent véhiculer.

 

Serge Toussaint
Grand Maître de l’Ordre de la Rose-Croix

 

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