A propos de la fin du monde

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Régulièrement, on nous annonce la fin du monde. La dernière en date était prévue pour le 21 décembre 2012 et s’appuyait notamment sur une interprétation erronée du calendrier Maya. Des articles de presse ont été consacrés à ce sujet, ainsi que des émissions de radio et de télévision.

Un film “catastrophe“ a même été réalisé sur ce thème, à grand renfort d’effets spéciaux plus effrayants les uns que les autres. Sans compter les adeptes de l’apocalypse, qui ont vu là une opportunité d’attirer l’attention de leurs semblables sur la disparition annoncée de l’humanité, voire de la planète, et de prêcher le repentir et la “bonne parole”.

Rappelons que la fin du monde a été annoncée à maintes reprises au cours des siècles passés et mêmes des dernières décennies : 1967, 1984, 1993, 2000, pour ne citer que les années les plus récentes. Le plus souvent, cette annonce s’appuyait sur des prophéties ou sur des prédictions ancrées dans un passé plus ou moins lointain, ou sur un calendrier dit antique ou traditionnel, comme ce fut le cas pour 2012. Dans certains cas, elle a eu pour base la “vision“ ou la “prémonition“ d’un contemporain se croyant missionné. Force est de constater que toutes les dates annoncées sont derrière nous, et par conséquent que toutes les affirmations, argumentations et démonstrations faites en leur temps pour les confirmer n’étaient que de fausses spéculations.

Annoncer la fin du monde pour telle ou telle date revient à dire que le destin de l’humanité est prédéterminé, ce qui n’est pas le cas. Assurément, il dépend, non pas de Dieu et encore moins du Diable, mais des hommes eux-mêmes, c’est-à-dire de leur comportement et de leurs choix, tant sur le plan individuel que collectif. Il est vrai qu’ils ont désormais les moyens de s’autodétruire à l’échelle planétaire, mais gageons sur un sursaut de sagesse. Cela étant, comme beaucoup d’autres, j’appelle de mes vœux la fin de ce monde excessivement matérialiste, individualiste, égoïste, violent, etc., et l’avènement d’un monde plus humaniste, fondé sur ce qu’il y a de meilleur dans la nature humaine. Cela nécessitera encore beaucoup de temps et présuppose effectivement que l’humanité se ressaisisse et agisse en conséquence.

D’un point de vue psychologique, la fin du monde et les angoisses qu’elle génère sont comparables à la mort et aux craintes qu’elle fait naître chez la plupart des êtres humains, si ce n’est que la fin du monde est une hypothèse (je fais abstraction de la “mort” de notre soleil dans environ 9 milliards d’années), alors que notre mort est inéluctable à court ou moyen terme. Il faut dire également que la notion d’apocalypse fait partie de la plupart des religions et des textes qui s’y rapportent, le plus connu étant L’Apocalypse selon saint Jean, que l’on trouve dans le Nouveau Testament. Compte tenu de l’influence qu’elles ont exercée et exercent encore, cette idée fait partie de l’inconscient collectif et reste donc facile à déclencher et à entretenir, ce que certaines personnes n’hésitent pas à faire pour des raisons diverses.

Rappelons si besoin est que le mot « apocalypse » ne veut pas dire « destruction » ou « fin » du monde, comme beaucoup de personnes le pensent. Ce mot provient du grec « apokálupsis », qui signifie « révélation », « dévoilement ». Vu sous cet angle, nous pouvons voir dans l’apocalypse le moment où l’humanité, libérée de ses “démons”, c’est-à-dire de ses instincts les plus négatifs, voire les plus destructeurs, s’ouvrira à la Connaissance et instaurera sur Terre une Société idéale. Certains mystiques font coïncider ce moment avec l’apogée de l’ère du Verseau, qui se situerait vers l’an 4200. Une telle perspective peut sembler utopiste, mais qui vivra verra…

Serge Toussaint
Grand Maître de l’Ordre de la Rose-Croix

 

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