Rose-Croix et apocalypse

La plupart des gens assimilent l’apocalypse à l’idée qu’ils s’en font à travers le récit de saint Jean, dans le Nouveau Testament. Ce récit, qui décrit a priori la fin du monde, se divise en plusieurs parties qui se complètent pour expliquer comment il va sombrer dans le chaos, avant de renaître sous l’égide du Christ ressuscité : Vision inaugurale, les Sept Lettres, les Sept sceaux, les Sept trompettes, les visions du dragon, les bêtes et l’agneau, les Sept fléaux des sept coupes, la chute de Babylone, la victoire du Christ sur les forces du mal. D’un point de vue théologique, « l’apocalypse de Jean » est un discours eschatologique qui relate la « fin des temps », aussitôt suivie de la « Parousie », c’est-à-dire du retour de Jésus sur Terre, (re)venu pour y instaurer définitivement le Royaume de Dieu, avec pour “capitale” la Jérusalem céleste.

L’apocalypse

Depuis la publication du texte de saint Jean, au premier siècle de notre ère, nombre de prédicateurs se sont succédés au cours des siècles pour « prêcher l’apocalypse », laissant entendre que le monde était sur le point de disparaître en raison de l’impiété des hommes. Si la plupart de ces prédicateurs étaient des responsables ou des fidèles de l’Église chrétienne, il s’en trouva aussi de tout temps parmi les “gourous” de sectes apocalyptiques. Dans tous les cas, le discours fut et reste le même : cultiver la peur de la fin du monde pour mieux manipuler les personne crédules et influer sur leur comportement. Cette récupération et cette déviance du récit biblique furent malheureusement à l’origine de suicides collectifs dans certains groupes dits “apocalyptiques”, “eschatologiques” ou “millénaristes”.

Force est de constater que l’humanité, depuis qu’elle est apparue sur Terre, n’a pas disparu sous l’effet d’une quelconque apocalypse, et ce, en dépit d’annonces multiples, y compris durant le XXe siècle. Des livres écrits par des personnes connues ou célèbres ont même été publiés sur ce thème, à grand renfort de publicité. Chaque fois, ce fut des “succès de librairie”. Pourquoi ? Parce que de nombreuses personnes “aiment se faire peur” ou sont sensibles aux discours apocalyptiques. La peur de la mort étant ancrée depuis toujours dans l’inconscient collectif, toute prédiction s’inscrivant dans cette perspective suscite l’intérêt ou la curiosité, fut-elle morbide. Par extension, toute annonce faisant état de la fin du monde trouve un écho chez la plupart des gens, qu’ils soient d’ailleurs croyants ou athées.

Rose-Croix et apocalypse

Évidemment, l’Ordre de la Rose-Croix n’est en aucun cas un mouvement apocalyptique, eschatologique ou millénariste. Autrement dit, il ne prône nullement l’idée que l’impiété des hommes pourrait provoquer de quelque façon que ce soit la fin du monde. Il ne les engage pas davantage à se conformer scrupuleusement au credo de la religion chrétienne ou à quelque enseignement que ce soit pour que l’apocalypse ne se produise pas. D’un point de vue rosicrucien, la Terre, pas plus que l’univers, n’a été créé en six jours, comme cela est dit dans la Genèse. De même, sa disparition ne pourrait se faire comme cela est rapporté dans le texte de saint Jean. Ces deux récits (le premier ouvre l’Ancien Testament et le second clôture le Nouveau) sont allégoriques et ne doivent pas être interprétés littéralement.

Est-il possible que le monde en vienne à disparaître ? Hélas oui. Non pas parce que Dieu, tel un Être anthropomorphique rancunier et vengeur, l’aura décidé, mais parce que les hommes, par leur comportement et leurs mauvais choix, auront provoqué leur propre disparition. Malheureusement, à en juger l’état de la planète (pollutions diverses, disparition constante d’espèces végétales et animales, déforestation ininterrompue, réchauffement climatique en expansion), sans parler du danger que présentent le nucléaire civil et militaire ainsi que les armes de destruction massive, on peut craindre à moyen terme la disparition, non pas de la Terre, mais des êtres humains. Cela étant, soyons confiants en leur capacité à se raviser et à se transcender, et n’oublions pas que le mot « apocalypse » signifie littéralement « révélation ». Aussi, gageons qu’ils vont en venir à se réconcilier avec la nature et à révéler ce qu’il y a de meilleur en eux, dans l’intérêt de toute l’humanité et de notre planète.

Partager cet article
Partager sur facebook
Partager sur twitter
Partager sur pinterest
Partager sur linkedin

Cet article a 9 commentaires

  1. esther meledje

    Lorsque je me trouvais à l’école primaire, on nous avait appris une chanson que j’ai beaucoup aimée puisque malgré les innombrables années qui se sont écoulées, j’ai gardé les paroles au fond de moi : « Il est une vieille ronde, vieille comme le monde, et qui va d’un bout de l’an jusqu’à l’autre éternellement… ». Au fil du temps, l’enseignement que j’en ai tiré après réflexion est que la Terre « vit sa vie » de façon ininterrompue et que, tant l’humanité que les autres êtres vivants qui s’y trouvent, doivent s’adapter et éviter de trop la souiller, sachant qu’elle est notre hôtesse et contrairement à elle, nous y arrivons et y vivons par cycles continus. Le défit de l’humanité qui est de tous les règnes « la plus grande » consiste à faire en sorte que ne s’interrompent pas ces cycles, pour l’aider elle a son libre arbitre mais surtout l’étincelle d’Amour divin émanant de chaque membre de sa fraternité. esther melèdje

  2. Philippe RC

    Ce sont les hommes eux-mêmes qui provoqueront leur perte s’ils continuent d’exploiter la nature comme ils le font aujourd’hui. Le pire, c’est que nous en sommes conscients mais que nous ne changeons rien, ou si peu… alors, avec fatalisme, nous considérons notre fin comme quelque chose d’inéluctable et nous continuons, dans une folie collective, à ravager notre planète et la vie qu’elle porte. Des millions d’années d’évolution pour ça… nous avions la possibilité d’être tellement plus. C’est à se demander si nous ne sommes pas réellement une erreur de la nature…

  3. Abdoul Aziz Bouda

    Avec l’érosion continuelle du littoral, on est parfois tenté de dire que nous avançons peu à peu vers l’apocalypse. Même si cela est perçu généralement comme une œuvre divine, l’Homme demeure incontestablement le principal facteur de son impact sur le changement climatique. Par conséquent, au-delà de la limitation de la course aux armes de destruction massive, il convient également que les mécanismes internationaux de lutte contre la prolifération des gaz à effet de serre soient intensifiés afin que nous puissions attendre encore longtemps la fin

  4. Phaeton

    « Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme ». En se basant sur cette citation, une attitude sereine, positive sur le devenir de l’Humanité reste envisageable. L’Humanité, évolution oblige, continuera à exister sous une forme ou une autre. Peut-être que ses extinctions ne sont que des mues successives vers son envol, son élévation.
    L’un de ses problèmes tient aussi de l’idée de sa représentation sur l’Arbre de Vie. Le lien existant entre toutes les formes de vie lui semble irréel, du domaine péjoratif, de la religion. La pandémie présente est venue secouer sa branche.  En dépit des peurs ressenties et entretenues, des flammes s’allument ici et là sur notre planète. Sciences et Spiritualité ne sont que deux faces de la Connaissance de l’Humanité sur elle-même. Quoi qu’on vive, dans la joie ou dans la peine, la Vie est belle et nous porte.

  5. Martine

    C’est vrai que l’état actuel de la planète est inquiétant, mais le hasard n’existant pas, je reste confiante.

  6. Paul Jean

    Les prédictions « apocalyptiques » ne sont que le résultat d’égos souffrant de notoriétés.
    En aucun cas, ces personnes ne sont accréditées.
    Rien n’est écrit à l’avance pour la bonne et simple raison que nous pouvons tout changer selon nos choix.

  7. RAYNALD

    Merci. Chacun de nos gestes, actions et chacune de nos paroles ont un effet, j’ose y croire, de boule de neige et aide à la transformation de la pensée et de la conscience de l’homme planétaire.

  8. Lorelei

    A en croire ladite « horloge de la fin du monde« , nous ne serions qu’à 1 min 40 de notre fin, tant les tensions politiques entre certains possesseurs de la bombe nucléaire, et tant les inquiétudes liées au changement climatique sont grandes. Charge à chacun d’entre nous d’être des agents de la paix et de changer nos habitudes, pour faire en sorte que cette horloge recule dans les années à venir.

  9. esther meledje

    D’aucuns parmi les êtres humains, par leurs comportements, créent ou contribuent à créer le chaos renforçant cette idéologie apocalyptique. Dans la réalité, il n’y a pas de fin du monde mais, de perpétuelles fins d’un monde (…). Ces différentes phases voulues ou subies par lesquelles passe « l’homme » font partie de son processus d’évolution qu’il a pris en option. Vu que l’humanité est le propre artisan de son bonheur ou de son malheur, cela ne dépend que d’elle pour faire les choix appropriés, parfois par anticipation, pour une vie meilleure. esther melèdje

Laisser un commentaire

*