A propos de la joie

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Le monde actuel est tellement anxiogène que nombre de personnes semblent avoir perdu la joie de vivre. Il est vrai que lorsque l’on est confronté à des difficultés matérielles de tous ordres, que l’on n’a pas de travail, que l’on manque de moyens financiers, etc., il est difficile, sinon impossible, de se sentir heureux et serein. Prétendre le contraire ne serait pas objectif et traduirait même un manque de compassion envers les personnes concernées. Comment ne pas être affecté également par les guerres et les conflits qui ravagent le monde, sans parler des actes terroristes commis par les islamistes ?

Si l’on peut comprendre que nombre de personnes soient inquiètes et même tristes dans le contexte actuel, il faut reconnaître que les médias n’arrangent rien, en ce sens que la plupart mettent systématiquement en exergue les aspects négatifs de la vie sociale, économique, politique, etc. Ce faisant, ils alimentent la morosité ambiante et entretiennent la méfiance, la suspicion, le pessimisme, le défaitisme, etc. Certes, il leur appartient de nous informer de ce qui pose problème dans le comportement humain, mais ils devraient au moins équilibrer avec des informations positives, réconfortantes, inspirantes… De toute évidence, cela contribuerait à rendre les gens plus optimistes, plus sereins et probablement plus joyeux.

Naturellement, il ne s’agit pas de rendre les médias responsables de la tristesse ambiante, ne serait-ce que parce que nous ne sommes pas obligés de lire, d’écouter ou de regarder ce qui nous affecte et nous rend tristes. Par ailleurs, beaucoup de personnes le sont alors qu’elles n’ont aucun problème matériel, professionnel, familial ou autre. S’il en est ainsi, c’est parce que la joie est avant tout un état d’esprit, ou plus exactement un état d’âme. C’est précisément ce qui explique pourquoi certains indigents et certains malades manifestent néanmoins une grande joie de vivre.

Précédemment, j’ai précisé que «la joie est avant tout un état d’esprit, ou plus exactement un état d’âme». Pourquoi ? Parce qu’elle prend sa source, non pas dans notre cerveau (auquel cas elle serait une faculté intellectuelle), mais dans ce qu’il y a de plus spirituel en nous. Elle fait donc partie des émotions les plus nobles que nous puissions ressentir, exprimer et même communiquer. À titre de comparaison, le plaisir résulte d’une satisfaction plutôt physique ou mentale. De ce fait, il peut être généré par des occupations ou des activités qui manquent singulièrement d’élévation et de noblesse. C’est ainsi que certaines personnes prennent du plaisir à tuer leur semblable ou à leur faire du tort…

Si vous admettez que la joie prend sa source dans l’âme elle-même, vous comprendrez que c’est essentiellement dans la spiritualité que l’on peut et que l’on doit la rechercher. C’est ce que font les mystiques en général et les Rose-Croix en particulier, ce qui ne veut pas dire pour autant qu’ils se privent des plaisirs légitimes de l’existence. Sachant que nous sommes sur Terre pour nous parfaire au moyen des expériences de la vie, ils puisent dans ces expériences, y compris dans les plus pénibles et les plus éprouvantes, une opportunité d’évoluer spirituellement tout en étant aussi heureux que possible au contact des autres.

Serge Toussaint
Grand Maître de l’Ordre de la Rose-Croix

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