Sur le plan étymologique
Sur le plan étymologique, le mot « responsabilité » provient du latin « respondere », qui veut dire « répondre de », au sens d’assumer les conséquences de ses actes. Au regard de la société, toute personne jugée coupable d’une contravention, d’un acte délictueux ou d’un crime est passible d’une condamnation allant de l’amende à l’emprisonnement, et dans certains pays à la peine de mort. En principe, il appartient à des juges d’instruire à charge et à décharge le dossier de quiconque a enfreint la loi, à quelque niveau que ce soit. Comme chacun sait, la justice est à l’image des hommes, c’est-à-dire imparfaite, de sorte qu’il arrive que des innocents soient condamnés et des coupables innocentés. Il est malheureusement probable qu’il en sera toujours ainsi, au grand dam de ceux et de celles qui auront à souffrir d’injustices.
« Être responsable mais pas coupable »
Sans doute connaissez-vous la formule « être responsable mais pas coupable » ? Généralement, les personnes qui l’emploient dans une situation qui les implique le font pour s’exonérer des conséquences de leurs décisions. Parfois, c’est aussi pour elles une manière de reconnaître qu’elles ont une responsabilité dans le litige qui les concerne, mais qu’elles rejettent toute culpabilité au regard de la loi. Autrement dit, elles se sentent responsables vis-à-vis de leur conscience, mais non coupables vis-à-vis du système judiciaire. Il arrive effectivement que ce soit le cas. À l’inverse, « être coupable mais non responsable » n’a a priori aucun sens, car en matière de justice, la culpabilité d’une personne n’est reconnue que si sa responsabilité a été démontrée dans l’affaire qui l’implique, tant au civil qu’au pénal.
Le « sens des responsabilités »
En dehors de tout cadre judiciaire, la notion de responsabilité renvoie au « sens des responsabilités », ce qui peut s’entendre à deux niveaux : 1) Exercer une fonction ou un emploi qui s’accompagne de responsabilités vis-à-vis du supérieur hiérarchique ou de l’employeur. 2) Assumer ses responsabilités en tant qu’être humain et citoyen. Dans le premier cas, cela revient à effectuer au mieux le travail qui nous est confié et pour lequel nous sommes rémunérés. Dans le second, cela suppose de remplir autant que possible les devoirs qui nous incombent vis-à-vis de nos semblables, de nos proches et de la société en général. Dans les deux cas, c’est une démarche positive et utile. L’attitude opposée est celle qui consiste à « fuir nos responsabilités », ce qui entraîne toujours des conséquences négatives pour nous-mêmes et pour autrui. Dans les situations extrêmes, cela peut conduire à se marginaliser, voire à se désocialiser, avec tous les préjudices que cela entraîne.
La Justice divine
Si la justice humaine est imparfaite et même faillible, il est une autre Justice qui ne commet jamais d’erreur ; c’est la Justice divine, ou plus précisément la Loi karmique. En application de cette loi, et comme l’ont enseigné tous les sages du passé (et pas seulement Jésus), « chacun récolte tôt ou tard ce qu’il a semé (en pensée, en parole et en action) ». Son but n’est ni de nous condamner ni de nous punir, mais de nous faire prendre conscience de nos erreurs de jugement et de comportement, et de nous inciter à les assumer et à les réparer. Autrement dit, elle a pour finalité, non pas de nous juger et encore moins de nous condamner, mais de nous mettre face à nos responsabilités et d’agir en conséquence. Par là même, elle contribue à notre évolution spirituelle, laquelle doit nous mener de vie en vie vers l’état de Sagesse, appelé « état de Rose-Croix » dans la Tradition rosicrucienne.
« Tout être humain est en grande partie responsable de son destin »
D’un point de vue rosicrucien, tout être humain est en grande partie responsable de son destin, en ce sens que les choix qu’il fait au quotidien conditionnent en grande partie son avenir. Si je précise « en grande partie », c’est parce que les autres ont également leur libre arbitre et peuvent l’utiliser à notre encontre. Mais d’une manière générale, ce qu’il advient dans notre vie est la conséquence karmique de nos actes. Savoir cela devrait nous inciter à assumer aussi bien que possible nos responsabilités et à faire de notre conscience notre meilleur guide. Et si vous admettez qu’elle est indissociable de notre âme (d’où l’expression « en notre âme et conscience », vous comprendrez qu’être responsable, c’est non seulement nous évertuer à bien nous comporter à l’égard de nos semblables, mais également à puiser dans la spiritualité le désir de nous améliorer, de nous parfaire.





