Qu’est-ce que l’union ?
Par définition, l’union est « la relation étroite entre plusieurs choses ou plusieurs personnes, au point de former un tout cohérent ou une certaine unité ». Dans la matière, les atomes s’unissent pour former tous les corps solides, liquides et gazeux. Dans la vie organique, les cellules s’unissent au service de l’organisme dont ils font partie (végétaux, animaux, êtres humains). Il existe sur Terre des milliards d’organismes plus ou moins élaborés, plus ou moins évolués, eux-mêmes unis pour former des genres, des espèces, des races, qui, bien que divers et variés, constituent un tout, en l’occurrence le monde auquel nous appartenons tous. C’est donc l’union qui prévaut dans la nature et qui rend possible la coexistence des choses dites inanimées et des êtres vivants.
« Nous appartenons tous à la même espèce. »
L’humanité elle-même résulte de l’union de tous les êtres humains. Jadis, les anthropologues les distinguaient en trois grandes races : blanche (caucasienne), noire (africaine), jaune (mongole), auxquelles certains ajoutaient la race rouge (amérindienne). De nos jours, cette distinction n’a plus vraiment cours, et ce pour deux raisons, l’une physiologique, l’autre idéologique. La première est fondée sur le fait qu’il est désormais admis que 99,9 % de l’ADN est rigoureusement identique entre tous les êtres humains, quelle que soit leur race présumée d’appartenance. La seconde, plus discutable à mon avis, consiste à penser que le meilleur moyen d’éradiquer le racisme est de supprimer le mot « race » et de ne plus s’y référer. Cela me semble totalement illusoire. Quoi qu’il en soit, le mieux est de partir du principe que nous appartenons tous à la même race, ou plutôt à la même espèce.
« Nous devons privilégier l’union dans nos relations avec autrui. »
S’il est un fait que l’humanité résulte de l’union de tous les êtres humains, cela ne veut pas dire pour autant qu’ils sont tous unis ; loin sans faut. Les divisions et les oppositions sont nombreuses, que ce soit entre les membres d’une même famille, entre communautés, entre citoyens d’un même pays, entre citoyens de pays différents, et à l’échelle mondiale. En cause : les divergences politiques, économiques, religieuses, culturelles, sociales, sociétales… Est-ce à dire que la désunion est une fatalité contre laquelle nous ne pouvons rien ? Non, que ce soit sur un plan individuel ou collectif, il ne dépend que de nous de privilégier l’union dans nos relations avec autrui, qu’il s’agisse de nos proches ou de ceux et de celles qui sont plus éloignés par leur manière de penser, de se comporter, de vivre… En fait, c’est la seule voie à suivre si nous voulons que « humanité » rime réellement avec « fraternité ».
À propos d’humanité, il est intéressant de rappeler que ce mot, qui dérive du latin « humanitas », a deux définitions : 1) « ensemble des êtres humains, considéré parfois comme un être collectif ou une entité morale ». 2) « vertu consistant à faire preuve d’amour, d’empathie et de compassion envers tous les êtres humains, sans distinction ». La seconde définition établit clairement ce qui est attendu de tout être humain vis-à-vis des autres. Elle laisse entendre également que l’humanité forme un tout indivisible en essence, un corps unitaire dont chaque individu est une cellule. J’ajouterai que d’un point de vue rosicrucien, elle possède aussi une âme collective, laquelle est formée des âmes individuelles des hommes, des femmes et des enfants qui vivent sur cette Terre.
« L’unité dans la diversité. »
Dans la définition donnée au mot « union » au début de ce texte, il est précisé « …au point de former un tout cohérent ou une certaine unité ». Cette précision fait le lien entre union et unité. Appliqué à l’humanité, cela suppose que les êtres humains fassent le choix, non seulement de s’unir plutôt que de se désunir, mais également de faire de cette union une unité… dans la diversité. Cela n’est possible que s’ils parviennent à faire abstraction de leurs différences de race, de langue, d’ethnie, de nationalité, de culture, de religion, etc., au bénéfice de la fraternité humaine à l’échelle locale, régionale, nationale, internationale et mondiale. Une telle perspective peut sembler utopiste, mais il faut y croire et agir en ce sens, ce qui fit dire à Edgar Morin, philosophe particulièrement humaniste : « Les humains doivent se reconnaître dans leur humanité commune, en même temps que reconnaître leur diversité ».



