L’Ordre de la Rose-Croix admet-il l’existence du diable ?

Le diable dans les religions

Comme vous le savez, le diable fait partie intégrante des grandes religions monothéistes, parmi lesquelles le Judaïsme, le Christianisme et l’Islam, pour ne citer que les plus importantes. En règle générale, il est présenté aux fidèles comme une entité spirituelle foncièrement malveillante, animée par le désir de s’opposer à Dieu et de dévoyer les hommes, le cas échéant en prenant possession de leur corps comme de leur âme, durant leur vie ou après leur mort. Pour mener à bien sa mission maléfique, il est censé posséder des pouvoirs surnaturels et disposer de serviteurs tout aussi malveillants : les démons.

La crainte du diable

Au regard de l’Ordre de la Rose-Croix, le diable n’existe pas et n’a jamais existé. Il s’agit d’un concept créé par les fondateurs des religions pour dissuader les hommes de faire le mal et les inciter à faire le bien, de crainte qu’ils perdent leur âme ou soient précipités en enfer après la mort. Pendant des siècles, la plupart des fidèles ont vécu dans cette crainte et se sont donc conformés autant que possible au credo de leur religion. Et lorsque l’un d’eux reniait sa foi, contestait les saintes écritures ou commettait des actes jugés particulièrement impies, il s’en fallait de peu pour qu’on le dise «possédé par le démon» et qu’on le brûle sur le bûcher.

La plupart des religions, sinon toutes, incitent leurs fidèles à croire à l’existence du diable et des démons.

Dieu, par opposition au diable

De nos jours encore, la plupart des religions anciennes comme nouvelles se réfèrent au diable et l’utilisent toujours pour susciter la crainte chez leurs fidèles ou justifier l’existence du mal sur Terre. Par opposition, Dieu est présenté comme un Être spirituel absolument bienveillant et soucieux du bonheur des hommes, dès lors qu’ils suivent Ses commandements, tels qu’ils sont rapportés dans les Livres dits sacrés et les religions qui s’y rattachent. Il s’agit là d’une vision très manichéenne de l’existence, qui, bien que respectable, ne repose sur aucun fondement ontologique.

Le diable n’est autre que l’homme lui-même…

En réalité, le diable n’est autre que l’homme lui-même, lorsqu’il applique son libre arbitre d’une manière négative, au point de commettre des actes méchants, destructeurs et barbares, pour ne pas dire «diaboliques» : c’est lui qui provoque et fait les guerres ; c’est lui qui tue ses congénères sous l’effet de la haine, de l’ignorance, de la jalousie et autre faiblesse ; c’est lui qui ment, calomnie, manipule, dissimule, etc., au détriment d’autrui.  En un mot, c’est lui qui fait ce que l’on appelle « le mal ».

Comme expliqué dans cette « Lettre ouverte au diable », celui-ci est un mythe qui ne correspond à aucune entité ayant une réelle existence.

L’origine du mal

Laisser supposer que le diable peut être à l’origine du mal que les hommes font à l’encontre d’eux-mêmes ou des autres revient à les déresponsabiliser et, dans une certaine mesure, à les excuser. Or, que ce soit individuellement ou collectivement, nous sommes en grande partie responsables de ce que nous pensons, disons et faisons. Comme cela est expliqué dans les enseignements de l’A.M.O.R.C., notre avenir est déterminé essentiellement par nos choix et le karma qui en résulte, et non par une lutte que Dieu et le diable se livreraient pour réaliser à travers nous leurs desseins respectifs, le Premier pour faire régner le bien sur Terre, le second pour lui substituer le mal.

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Cet article a 18 commentaires

  1. Louise F.

    Le diable : croque-mitaine du passé qui a frappé l’imaginaire de nombreux fidèles. J’espère qu’il n’hante plus les esprits et qu’il fait vraiment partie du passé car, il faut bien l’avouer le diable a fait beaucoup de mal à l’âme humaine. S’il a su baliser la moralité, il a aussi amené le désespoir chez plusieurs croyants. La peur monopolisait les esprits même chez ceux qui se croyaient les plus forts. Aujourd’hui, j’ose espérer que le gros bon sens lui a fait perdre ses cornes auprès des croyants. L’amour, la bonté et la compassion sont et seront toujours les prérogatives divines dans le cœur de l’homme. Le diable n’existe pas, mais son symbole s’incarne dans l’être humain qui décide d’utiliser son libre-arbitre à mauvais escient. Les crimes les plus horribles sont commis au nom du pouvoir et la méchanceté peut atteindre des paroxysmes inouïs. Dans l’éducation de nos enfants, il nous incombe de leur inculquer des valeurs humanistes telles que : la tolérance, la compassion, l’empathie, la fraternité, la bienveillance et l’amour. En allumant une lumière dans leur cœur, nous les aiderons à utiliser leur intelligence du cœur pour faire des choix éclairés et ainsi bannir à tout jamais la peur. Oui, l’amour bannit la peur.

  2. the very high

    Quand on voit le mal que l’ont fait sur Terre au nom de Dieu on se demande ce qui reste au diable comme activité!

  3. Patrick

    Je suis sur tous les points d’accord avec cet article.
    Le diable est pour moi un symbole, un mythe, un conte, qui nous permet de comprendre la face sombre de l’homme.
    Dans sa personnification, il est utilisé par le pouvoir religieux pour asseoir davantage son autorité par la peur inspirée aux fidèles.
    Personne de sensé n’a vu le diable, sauf peut-être dans Faust, à travers les livres, les opéras, les films.
    On trouve curieusement dans de nombreuses civilisations son équivalence comme force destructrice, notamment dans l’Egypte antique.

  4. je suis 11 je suis

    Dieu ne connaît pas le diable. Aussi plus tu t’approcheras de Dieu et plus tu verras que la place que donnent les religions au diable vis-à-vis de Dieu n’a pas lieu d’être.

  5. angaman

    Merci Aetius pour ta contribution.

  6. Edwilna

    Bonjour,

    Je ne fais pas partie de l’ordre de la rose-croix, mais j’avoue que j’aime bien votre analyse « du diable ». Personnellement je l’applique à la l’ensemble « des divinités » dans les religions. La raison est simple, n’est-ce pas l’homme lui même qui a créé les religions, que ce soit les religions Incas, Mayas, grec ancien, etc…jusqu’au religions actuellement prédominantes. De tous temps l’homme a ressenti le besoin de « guider » ses semblables, et pour cela quels autres moyens que la religion et la création de divinités afin de canaliser « nos folies, envie ou pulsions ». Le diable et dieu moderne ou ancien ont tout simplement été créés afin de promettre un paradis après le mort ou pire l’enfer. Quel homme pourrait offrir au non d’un Dieu tout puissant une rédemption de l’âme du pécheur et ainsi lui ouvrir les porte du paradis, pire lui permettre de vivre tranquillement avec ses péchés absouts par une volonté divine et lui donner le droit au final de recommencer (l’absolution chrétienne entre autres), plus communément appelé « confession ».
    Je risque fort de choquer, mais le pire fléau de l’humanité n’est-elle pas au final la religion. Quel bien a t’elle réellement apporté, je me le demande. Par contre, des guerres et massacres au fil des siècles… pas besoin ici de citer les peuples massacrés au non et pour un Dieu, mais je m’égare la.

  7. Smaragdus

    Bonsoir,
    Je suis bien d’accord avec Cassien et je pense même qu’il y a une sacrée démarche de fond derrière sa réflexion. Ne plus avoir peur de sa « zone d’ombre », ne pas baisser les yeux devant elle, ne pas fuir par convenance sociale ou par dégoût ou par lâcheté, mais bien plutôt aller à sa rencontre, la voir telle qu’elle est (et non pas telle que nous voudrions qu’elle ne soit pas), la comprendre sans la juger, pour finalement s’apaiser soi-même. Là réside sans doute le fondement même de la réconciliation. Mais quel travail et quel courage faut-il déployer chaque jour avant de pouvoir espérer atteindre ce but-là.
    En tous cas merci pour cette très belle réflexion.
    Bien fraternellement.

  8. Cassien

    Lorsque nous étions des jeunes séminaristes, Monsieur l’Abbé nous invitait à nous recueillir et à méditer sur quelques versets ou termes de la bible. L’existence du diable soulevait des interrogations, entre autres: sa nature ou son essence. Est-ce un ange déchu? Qu’est-ce qu’un ange? Peut-il déchoir? Que veut-on dire par « l’homme n’est ni ange ni bête, le malheur veut que qui veut faire l’ange fait la bête »? Ne suis-je pas, en même temps ange et diable? L’histoire de la chute de Lucifer (le patron des démons) ne serait-il pas un joli conte comme notre père et notre mère aimaient nous en raconter avant de nous en dormir au temps où nous étions de petits enfants? Si le diable existe, il doit être un souffle mauvais, me disais-je, à un autre moment.

    Plus tard, à l’école, on apprendra que ce qu’on appelle souffle peut être entendu comme « énergie –conscience » qui, comme le feu ou l’eau, est neutre, autrement dit, sans intention à l’égard de l’Homme et de Dieu. Je concluais que Satan, Diable et Démons sont des créatures imaginaires, des paraboles comme Jésus en aimait conter au public de son temps. Aujourd’hui, je pense que le diable fait partie de mon être. Il cohabite avec mon ange. J’aurais avantage à les réconcilier, en ramenant mon diable à mon ange, au lieu de les opposer.

  9. Anne-Marie K

    Le bien et le mal sont ancrés dans la condition humaine et font l’objet d’un choix permanent, divisant par leur nature contradictoire l’homme dans ses pensées, ses paroles et ses actes. Ils sont des outils qui permettent à l’homme d’évoluer. Leur champ d’action s’étend principalement dans le monde matériel, dans l’espace-temps. Nous gérons et assumons individuellement ou collectivement les activités de ces deux pôles en mouvement permanent, qui d’une part ont leur source en nous et d’autre part peuvent également provenir d’influences extérieures, d’ailleurs très diverses.

    Si nous considérons que chaque pensée est une forme d’énergie et que chaque énergie a un caractère pénétrant et est en mouvement, nous pouvons comprendre que dans le passé une personnification de ces énergies et caractéristiques humaines était le meilleur intermédiaire pour une compréhension rudimentaire de ce qui est bien ou mal. Au Moyen Âge et dans la période de la Renaissance, la scolarité et l’éducation philosophique et morale étaient réservées à un très petit nombre de la population. Il fallait donc faire appel à l’utilisation d’images que chacun pouvait comprendre. Toutefois, comme l’histoire l’a prouvé, cet outil n’a pas toujours été bien utilisé et a fait l’objet de maintes manipulations.

    Un des buts principaux de notre évolution est d’atteindre un haut degré de conscience ce qui consiste entre autres mais primordialement à transmuter le mal dans le bien, un travail bien difficile, considérant que le bien n’est pas toujours bon et que le mal n’est pas toujours mauvais… Le meilleur guide reste notre Maître intérieur.

    Cordialement

  10. Le Tigre

    Le diable n’existe pas. Le mal est fait par l’homme lui-même. Ce dernier doit rechercher et faire le bien pour augmenter le niveau spirituel de l’humanité et se parfaire.

  11. Lermite

    Bien que nous vivions à une époque où l’aspect « diable » de l’homme semble omniprésent, je me sens particulièrement privilégié d’y être et de participer à ce qui est une étape charnière dans l’évolution de l’humanité. Puisque le mal fait beaucoup plus de bruit que le bien, il nous semble, sur cette planète de plus en plus souffrante, qu’il soit sur le point de l’emporter. Et pourtant, je pense que « les adeptes du bien » s’opposent de moins en moins au mal dans un inutile rapport de force. Ils oeuvrent plutôt à établir un équilibre transmutant l’opposition apparente de l’aspect négatif de la nature humaine en l’aspect complémentaire de la force qui provoquera le mouvement vers un pas de géant dans l’évolution de l’homme résolvant (plutôt que de les opposer) l’individualisme et l’individuation. Le mouvement ainsi généré, permettra à la conscience de soi de poursuivre son évolution vers une conscience plus spirituelle résultant en un monde plus harmonieux, qui aura renié le diable pour toujours.

  12. Pax Vobiscum

    Les exorcistes sont des hommes « de Dieu » qui seraient capables de chasser des « démons » qui auraient pris possession d’une personne. Ils procèderaient ainsi à une séance de « délivrance » au cours de laquelle le démon se révèlerait et combattrait farouchement « cet intrus » dans une bataille spirituelle qui, selon ouï-dire, parfois entraînerait le décès de l’exorciste. Personnellement, je choisis de faire sourde-oreille à cette croyance pour n’accepter tout simplement que le diable n’existe pas puisque dans le monde spirituel, il n’existe que Dieu seul ou l’Âme universelle. En y ajoutant Satan, c’est nous qui créons Dieu à notre image (et non le contraire!), en transposant dans l’ « au-delà » nos propres caractéristiques intérieures : bienveillance ou malveillance.

  13. Aetius

    Le traité de la réintégration des êtres de Pasqually explique d’une façon magistrale l’origine du mal, c’est-à-dire la chute des anges, des êtres prévaricateurs.
    Mgr Léonard (archevêque de Malines-Bruxelles) a écrit dans son ouvrage « Les raisons de croire » nous livre un argument redoutable que les athées soumettent aux croyants: »Que l’existence du mal est une pierre d’achoppement en la foi en Dieu ». L’auteur qui est Docteur tout de même en philosophie (thèse sur Hegel) tentera, via la philosophie aidée par la théologie, de convaincre les lecteurs.
    je sais que l’AMORC parraine l’OMT. Le traité sur la réintégration des êtres donne la clé sur l’existence du mal sans remettre la faute en Dieu et le fait mieux que la théologie et la philosophie, car la théosophie va beaucoup plus en profondeur. En conclusion, la doctrine martinésienne-martiniste croit en l’existence d’anges déchus, alors que l’AMORC non.

  14. Ulrich

    Le diable ne peut pas exister ou du moins ne peux s’apparenter à un quelconque esprit en perpétuel conflit avec Dieu. Les croyants qui justifient l’existence du diable se basent sur ce qui est dit de lui dans les Saintes Écritures. Dans ce cas, comment peuvent-ils concevoir que Dieu soit Omnipotent, Omniprésent et Omniscient si son adversaire le diable demeure éternellement invaincu ? Je trouve cela contradictoire pour ne pas dire blasphématoire de supposer implicitement l’incapacité de Dieu a vaincre ce diable. Ces mêmes religieux voudraient admettre une sorte de dualité sur le plan divin, là où n’existe que l’ Absolue Unicité, en concordance avec le bien et le mal qu’ils attribuent respectivement a Dieu et au Diable, ignorant que le mal n’est que l’absence du bien et que Dieu étant l’Unicité et l’Omnipotence absolu ne peut connaitre d’adversité. Ceci étant, il faut cependant comprendre que les religions en général, ne justifient leur raison d’être que par la menace éternelle qu’incarne le diable dont l’homme ne peut s’affranchir que par la protection de Dieu a travers leurs différents cultes. Par ailleurs, a quoi serviraient les religions si le diable n’existait plus? Les Ordres Traditionnels et Initiatiques comme l’AMORC, qui n’admettent pas l’existence du diable, survivraient car leur raison d’être est la recherche du Salut basé sur la Connaissance et non la croyance superstitieuse.

  15. Hervé

    Comme indiqué dans une intervention précédente, le diable signifie le diviseur. Selon la tradition de l’advaïta, il s’agit en fait d’une image traditionnelle décrivant le mécanisme du mental auquel nous les hommes non illuminés, sommes identifiés, et qui nous dit qu’il y a d’un côté ce qui est (la réalité) et de l’autre :
    • ce qui devrait être
    • ce qui ne doit pas être
    • ce que j’aime
    • ce que je n’aime pas

  16. INZA Ouattara - Abidjan- Côte d'Ivoire

    on assimile souvent le diable à Satan. Or le mot « Satan » peut être décomposé en « Sat » et « An ». Une réflexion me fait dire que « An » s’apparente au « In » anglais qui signifie « dans ». Quant à « Sat », il signifierait « le Temps ». Or nous savons que le temps est un pur produit de la condition humaine. En définitive, « Satan » se rapporterait à ceux qui vivent et sont conditionnés dans le Temps. Vu sous cet angle, le diable ou Satan n’est que l’Homme lui-même, dans son incapacité à réfléchir le BIEN qui est Lumière et cela dans n’importe quelle condition.
    Merci

  17. Archimede

    Celui qui fait « le bien », se réfère souvent à Dieu qui l’inspire et le guide. C’est Dieu tel qu’il le conçoit et qui est sans doute différent de celui d’une autre personne. De même on peut dire dire que celui qui fait « le mal » est inspiré par un diable. Un diable qu’il a lui-même créé et nourri de ses envies, de ses jalousies, jusqu’à lui donner une existence et une présence permanente dans son esprit et dans les actes de sa vie quotidienne.
    L’un est ému et soutenu par la beauté du monde ; l’autre est excité par les noirceurs ici bas.

  18. Michel

    Diable , du grec diabolos = diviseur.

    A méditer !

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