Rose-Croix et euthanasie

Le sujet de l’euthanasie revient régulièrement dans l’actualité, généralement après qu’une personne très gravement malade ou très lourdement handicapée a mis fin à ses jours ou a demandé explicitement qu’on le fasse pour elle, ou après qu’un médecin, en accord avec la famille proche, a fait le nécessaire, mettant ainsi un terme à ses souffrances physiques et psychologiques. Se repose alors la question de savoir si on peut, si on doit, si on a le droit de laisser mourir quelqu’un qui le demande pour des raisons compréhensibles, ou de provoquer volontairement sa mort.

L’euthanasie

La grande majorité des médecins sont contre l’euthanasie, qu’ils assimilent à un assassinat ou à un suicide assisté. Considérant que leur devoir est de préserver la vie en tout être humain, et même de la prolonger, ils s’emploient généralement à reculer autant que possible le moment de la mort, parfois en se livrant à un véritable « acharnement thérapeutique ». Quant aux souffrances des patients concernés, victimes de maladies ou d’accidents gravissimes aux effets irréversibles, on s’efforce de les soulager (pas encore suffisamment dans certains hôpitaux et certaines cliniques), étant entendu qu’il vient un moment où l’on n’y parvient plus.

Les autorités religieuses, de leur côté, sont également opposées à l’euthanasie. Elles considèrent en effet qu’aucun être humain n’a le droit de se donner la mort ou de la donner à autrui, y compris dans un contexte médical et même si la personne concernée en a fait la demande. Selon eux, Dieu seul peut décider dans ce domaine. Rappelons qu’il n’y a pas si longtemps, la plupart des religions refusaient que les suicidés bénéficient de funérailles, allant même jusqu’à affirmer que leur âme était perdue à jamais. Par ailleurs, nombre d’entre elles prônent encore l’idée que la souffrance est expiatoire et rédemptrice, ce qui, d’un point de vue rosicrucien, n’est pas le cas.

Rose-Croix et euthanasie

L’Ordre de la Rose-Croix est favorable à l’euthanasie, dès lors qu’il est médicalement avéré que la personne concernée ne pourra jamais guérir ou restera définitivement impotente, qu’elle souffre terriblement malgré les traitements analgésiques ou les soins palliatifs, qu’elle n’est plus en mesure de communiquer avec quiconque, et qu’elle a fait savoir qu’elle souhaitait mourir ou, ne pouvant le faire, que la famille proche a demandé pour elle que l’on mette fin à ses jours. Naturellement, cela nécessite un protocole juridico-médical très strict, afin d’éviter tout abus et toute dérive.

Curieusement, nous vivons dans une société qui ne cesse de prôner des droits en tous domaines : droit au logement, droit à la couverture sociale, droit au travail, droit à la prise en charge médicale, droit aux indemnités de chômage, etc. Aussi contradictoire que cela paraisse, la mort fait partie de la vie. Elle en constitue même l’un des moments les plus importants. Dès lors, pourquoi n’aurions-nous pas le droit de mourir (dans la dignité) lorsque nous nous savons condamnés, que nos souffrances physiques et psychologiques sont devenues insupportables, et que nous souhaitons mettre fin en douceur à une vie devenue pour nous inutile, sans parler du désarroi que notre état suscite chez nos proches ?

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Cet article a 56 commentaires

  1. Sylvain C

    assister le malade en fin de vie pour réduire voire supprimer la souffrance ,pas d’acharnement thérapeutique ;normalement l’être humain doit vivre sans “branchements”.
    Laissons faire la Nature selon ses lois .

  2. Nicolas Oracle

    Totalement d’accord avec votre article.

  3. Che Guevara

    De ma part je suis pour l’euthanasie, puisque la souffrance n’est pas supportable, surtout à un point qu’une personne n’en peut plus et même s’exprimer ! Mieux vaut mettre fin a ses jours !

  4. Roseline joseph

    J’aime ce point de vue.

  5. Irlene Constantin Morisseau

    Il est préférable de pratiquer l’euthanasie pour aider un malade à mettre fin à ses souffrances, que de le regarder souffrir atrocement .

  6. Celine

    Bravo et merci pour cette prise de position.
    L’euthanasie n’est finalement que le moyen qui permet aux hommes et femmes de choisir en pleine conscience, la manière dont va se terminer une vie qui est la leur.
    L’indécence est donc de se permettre de leur retirer de droit.

  7. Vivaldi

    Voir quelqu’un souffrir sans aucune alternative et que consciemment selon tous la seule délivrance serait la mort, alors, des qu’il y a entente et planification entre les principaux membres familiale de la souffrante on pourrait constater que l’unique acte raisonne et judicieux qu’on pourrait avoir recours c’est a l’Euthanasie.

  8. Gael Endamane Minko

    Je souscrit totalement à cette idée du droit à mourir bien que cela soit contradictoire avec nos mœurs habituelles.

  9. esther meledje

    Souvent par humanité, quand un animal tel un cheval dont une personne est propriétaire de même que des animaux dits de compagnie souffrent des suite de graves blessures ou autres dont l’issue est la mort, cette personne décide de les faire euthanasier pour abréger leur souffrance. Ce genre d’acte dans ce cas et seulement ce cas est normal puisque les animaux ne peuvent pas parler et étant d’un règne inférieur à l’homme, après une appréciation de leur état s’en remet à son seul jugement pour faire le choix adéquat. Lorsqu’il s’agit d’êtres humains en souffrance, plus ou moins en fin de vie, la démarche vis-à-vis de l’euthanasie doit être différente et ne pas s’en remettre qu’au jugement peut-être erroné, d’une personne ou d’un tout petit échantillon de personnes, si ce n’est pas le choix de celle ou celui en fin de vie, ne pouvant s’exprimer. Je ne suis pas du corps médical mais suis sûre qu’aujourd’hui, il existe des soins appropriés pour ce genre d’accompagnement. Il arrive que l’euthanasie soit la volonté d’une ou d’un malade, là aussi, et je pense que dans tous les cas, l’éthique doit précéder toute décision de passage à l’acte, car aider médicalement une personne à écourter d’horribles souffrances qui ne se terminera que par la mort est une chose, offrir la possibilité d’un suicide assisté en est une autre (par exemple, une personne qui refuse de continuer à vivre parce que pour lui sauver la vie, elle a dû être amputée des deux jambes). esther melèdje

  10. horus sun

    Il est inhumain de laisser quiconque souffrir, ou dans un état végétatif sans retour. Il est certain que l’influence des religions retarde beaucoup de législations. Il est recommandé à chacun de mettre sur un document ce que l’on souhaite puis le signer et dater chaque année, parce qu’après c’est trop tard.

  11. Monique Stutz

    Bonjour, la personne qui souffre, que les médecins savent que cela est irréversible, ont le devoir pour ne pas dire “la charité” d’exaucer la demande et de la personne et de sa famille ! Au Nom de qui, de quoi laisse t-on souffrir ainsi ? Je suis pour l’euthanasie, c’est un respect pour la personne qui souffre, qui est à bout !

  12. Philippe RC

    Entièrement d’accord avec ce point de vue.L’euthanasie, si elle est bien encadrée d’un point de vue médical et juridique, ne peut être considérée comme un homicide. Il s’agit plutôt, selon moi, de l’ultime acte d’amour d’un proche envers le mourant. Par ailleurs, il faut bien dire que sans l’assistance médicale dont dispose généralement les “candidats” à l’euthanasie, ils seraient certainement déjà passés de l’autre côté du voile. Il n’y a donc pas, à priori, d’opposition aux lois naturelles dans ce genre de cas.L’euthanasie permet aussi de choisir le moment et le lieu de la transition. Une personne atteinte d’un cancer en phase terminale peut donc, si elle le souhaite, finir ses jours dans le jardin familial, sous le soleil et entourée de tout ses proches. Je pense personnellement que cette manière de partir est plus agréable que d’attendre le moment fatal dans l’angoisse d’une chambre d’hôpital aseptisée.Enfin, et au risque de paraître un peu trivial, si j’étais dans une situation sans issue favorable, je préférerai que l’on m’aide à passer l’arme à gauche, afin de laisser mon lit d’hôpital à une personne qui en a réellement besoin. On connait tous les problèmes auxquels les hôpitaux doivent faire face depuis de nombreuses années. Manque de place, de personnel, de moyen etc. Aussi, il est possible que le choix d’être euthanasié pourrait, de fil en aiguille, sauver une vie qui peut l’être.

  13. esther melèdje

    J’ai connu une personne qui, suite à un grave problème de santé qui nécessitait une amputation de pied s’est fait aider à mourir (par sa famille), au sein même de son lieu d’hospitalisation. Une autre était déjà amputée d’une jambe et, n’ayant pas accepté sa nouvelle situation, a juste cessé de prendre les médicaments qui lui ont été prescrit pour son rétablissement complet et s’est juste laissée mourir. Ces faits se sont déroulés en Afrique, et là bas, la société a un “regard” différent sur une personne, une femme estropiée. Pour ces personnes, vivre dans une telle condition physique était une forme d’humiliation…Mais ici en Europe, en France, j’ai connu des personnes qui ont décidé qu’elles ne veulent plus vivre, elles préfèrent mourir passé un certain âge (entre 70 et 80 ans). Certes, elles ont les moyens de leur décision, mais ce qui étonne, c’est que ce sont des personnes en bonne santé, bien entourées, avec des familles aimantes et n’étant pas du tout démunies sur le plan matériel. Ce sont des personnes que je ne côtoie plus, bien que respectant leur choix, je ne partage pas leur philosophie.Pour ma part, je dis que la vie, toute vie doit être respectée. Dans ce processus, personne ne s’est jamais donné la vie, c’est toujours par l’intermédiaire d’une autre personne que nous accédons à la vie consciente et donc, personne n’a le droit d’ôter la vie, auquel cas elle se prendrait pour Dieu(…). Dans certaines extrémités conduisant  à l’étape de l’euthanasie, les personnes devraient prendre leur responsabilité et éviter de trop “ameuter” toute la Terre, ma conviction profonde étant et restant qu’il faudrait laisser agir la nature. E.M.E.

  14. Angélique

    Il me semble que bien souvent si nous laissions la nature faire les choses au lieu de s’acharner à vouloir étirer la longévité, beaucoup de ces questions n’auraient déjà pas lieu. Pour les personnes qui malgré tout vivent beaucoup de mal et de peine en cette fin de cycle de vie, quel que soit la raison, je pense qu’elles ont bien le choix de ce qu’elles font de cette fin de vie et comment elles envisagent de quitter ce monde. Certes, il est important de les aider à soulager leurs souffrances par des soins appropriés, tel que par exemple une approche palliative visant uniquement le confort pour glisser le plus paisiblement possible dans cette dernière phase. La question devient effectivement plus délicate quand ce sont d’autres personnes qui en prennent la décision, je peux m’imaginer qu’il est nécessaire de faire la part des choses et de voir s’il n’y a pas d’abus et si c’est en résonnance avec la personne concernée.

    Vu l’état de la personne qui est prête à demander l’euthanasie, elle-même ou via d’autres, quelle partie de la personne pose la question ? N’est-ce pas l’âme qui en ces cas, quand bien souvent le corps physique et aussi psychique n’en peut plus, reprend le dessus et fait bien comprendre que son cycle de vie est au bout et qu’il ‘peut’ partir car il ne sera plus utile pour l’âme de rester plus longtemps. Comment est-ce que l’âme de cet être vit cet acharnement à vouloir le garder plus longtemps ici sur terre ? Si on pense aux réincarnations, quel en sera le souvenir que cette âme en gardera ? Qui mieux que notre âme sait ce qui est juste et bon pour nous ? !

    Je pense personnellement qu’il faut aussi arrêter de se cacher derrière de fausses culpabilités inculquées au corps médical ou à l’entourage d’un malade ou disons d’un mourant. Comme le dit le Grand Maître, la mort fait partie de la vie, alors regardons la en face avec ce que cela implique, mais osons aussi regarder son reflet dans le miroir nous confrontant à nous-même et notre relation à la vie, la souffrance et la mort.

  15. Jean-Guy

    Pour ma part, je suis tout à fait d’accord avec le Grand Maître de l’AMORC. Il est étonnant de voir que nous avons cette sensibilité pour nos animaux domestiques, qui nous conduit à mettre un terme à leurs souffrances dès lors que l’on sait qu’ils sont condamnés. Mais pour nos semblables, la considération est autre.

    Il est bien évident que tout ceci doit être encadré et qu’il faut réfléchir aux indispensables “garde-fous” éthiques et moraux, permettant d’éviter toute forme de dérive. Mais une société équilibrée ne peut accepter la souffrance qui résulte souvent de l’acharnement thérapeutique d’une médecine qui considère toujours la mort comme un “échec”, ou encore, comme j’ai pu l’entendre à la radio récemment, comme un mal nécessaire à la progression des thérapies.

    Une fin de vie doit être aussi douce et sereine que possible : apaiser les souffrances est un devoir moral et même spirituel…

  16. Luc F.

    Le droit de mourir dans la dignité et la sérénité est un vrai sujet de société. Comment accepter au regard de tous les progrès accomplis par la médecine, qu’un être puisse souffrir inutilement ?

    Il est impensable que cette commission ne puisse influencer la législation en la matière afin de permettre à toute personne “médicalement condamnée”, de pouvoir mettre elle-même fin à ses jours ou de le décider et de le demander.

    Merci aux Rose-Croix d’être de ce combat, ce qui prouve aussi que l’euthanasie n’est pas forcément incompatible avec une vision humaniste et spirituelle de la vie.

  17. Abidy Vincent

    Ayant connaissance du karma, je ne saurai être pour l’euthanasie. La personne souffrante peut se suicider si elle le souhaite, mais par le biais “d’aide à mourir”

  18. Aglae Joy Hoffnung

    Que l’on soit pour ou contre l’euthanasie, il y aura toujours, au-delà des pouvoirs humains ou des possibilités données par les progrès de la science, une Force plus grande (appelons-la Cosmique, Intelligence Universelle, Divine Providence, ou dieu de notre compréhension…).

    Quels que puissent être nos idées, nos choix, nos convictions et nos décisions, qu’il s’agisse de n’importe quel moment de la vie, et donc aussi bien face à la maladie qu’à la décision d’abréger des souffrances, il peut toujours y avoir des “empêchements”, des revirements, des “signes du Destin”. J’entends par là, par exemple, le fait que nous prenions ou manquions un avion ou un train qui va avoir un accident, que nous allions ou non à une soirée où aura lieu un attentat, etc.
    A mon humble avis, si telle est la volonté du Cosmique (de Dieu, de la Providence…), il se peut que malgré les efforts des meilleurs médecins, toutes les thérapies mises en oeuvre pour le rétablissement du malade échouent.
    Inversement, même si la personne a pris toutes les dispositions contre l’acharnement thérapeutique, il pourra se produire plein d’événements, plus ou moins “explicables”, qui retarderont le moment d’arrêt des soins, le moment où se produire la mort physique.

    Plutôt que de nous mettre en souci, surtout pour notre propre vie, mais aussi pour celle des personnes que l’on aime, gardons confiance en l’Intelligence universelle, qui sait bien mieux que nous quand et de quelle manière la vie de chacun d’entre nous, de chaque être, commence et finit.
    Prenons de manière responsable toutes les dispositions légales nécessaires pour que nos proches sachent quoi faire vers la fin de notre vie, et gardons confiance car tout se passera au mieux. Et pour ce qui est de ceux que nous aimons, montrons-leur cet amour dès maintenant, durant toute leur vie et même au-delà.
    Rappelons-nous aussi que tous ceux que nous rencontrons au cours de la vie sont un peu comme des compagnons de voyage : nous ne devons pas vouloir les garder égoïstement auprès de nous pour toujours, nous devons aussi accepter qu’ils aient à prendre le train du départ vers ailleurs.

  19. Pax Vobiscum

    Avant d’exercer leur métier, les médecins prêtent le serment, entre autres, de respecter la volonté de leurs patients, en vue de protéger leur intégrité ou leur honneur. Si un patient demande à mourir, ou si ses proches en formulent la requête lorsque celui-ci est incapable de s’exprimer pour le faire, alors il serait honorable, à mon humble avis, de lui « offrir » cette mort, pour respecter son intégrité. Ainsi, comme pour tous les cadeaux, l’euthanasie devrait engendrer de la joie : celle du patient qui se sait condamné et qui apprend avec grand soulagement que ses souffrances vont être abrégées, celle de ses proches qui souhaitent reprendre le cours normal de leur vie, et celle de ses médecins qui sont impuissants devant l’irréversibilité de la situation de leur patient.

  20. esther melèdje

    Pourquoi, dans certains cas, ne pas laisser les lois de la nature s’accomplir tout simplement ?

  21. esther melèdje

    Euthanasier une personne sans son consentement, c’est violer son droit principal de survie, ne pas essayer de sauver sa vie, sauf bien sûr dans l’unique cas où cette personne n’a aucune possibilité de parler ou d’exercer, de n’importe quel autre moyen que ce soit, sa volonté.
    Merci.

  22. Laurence Surjus de Pomarède

    Le corps humain est bien fait. A un certain degré de souffrance il cède de lui même ; un paroxysme entraîne l’arrêt cardiaque bien souvent.

    D’autre part pour avoir vu partir des êtres chers de cancers extrêmement douloureux j’ai pu voir aussi à quel point quand ils s’approchent de la fin ils font tout pour vivre justement.
    De plus au bout d’un moment ils ont fait une encéphalopathie, ne sentent plus ni douleur ni maladie … On dit souvent ce qui est vrai que subitement la personne semble guérie alors qu’elle décède dans les jours ou semaines qui suivent.

    Nous envisageons la souffrance d’un point de vue erroné. Car nous imaginons ce que nous sommes capable de supporter ou pas sans en être réellement sûrs puisque nous ne sommes pas en situation.

    Ma fille a eu un premier enfant. Mon petit fils est né grand prématuré. Un tendeur du système d’oxygène du service de rea néo natale a lâché ; pendant quatre heures les grands prématurés ont été ballonnés manuellement, condamnant ainsi ces quatre bébés dans la même pièce à des dommages cérébraux irréversibles. Les médecins du service nous ont convoqués quelques jours plus tard pour nous expliquer qu’ils plaçaient mon petit fils en soins palliatifs, entre autres une condamnation à mort déguisée. Ma fille a tenté de s’y opposer sans succès, loi ci… loi ça, donnant tout pouvoir au corps médical de se prendre pour le divin et de décider de qui doit vivre ou non. Motif invoqué ? Ses alvéoles pulmonaires se sont atrophiées… En cachant soigneusement l’incident technique du tendeur d’oxygène… Ils ont textuellement dit “garder votre bébé sous respirateur sachant qu’il restera handicapé est inutile ; ça a un coût pour la société” l’horreur pour une jeune mère! Son bébé est mort après le dernier bip de morphine dans ses bras quelques jours plus tard!
    Aujourd’hui ma mère suite à un essai de traitement chimio nouveau sur le marché a été renvoyée à la maison pour qu’elle meure avec sa famille autour… Ils ont appelé cela soins palliatifs… Et bien je n’ai pas baissé les bras ; je n’ai pas cru dans leur diagnostic, elle est rentrée chez nous inerte en aplasie totale, cela fait un mois, et depuis elle reparle, mange, reprend vie ; ses analyses remontent et finalement il se pourrait bien que mon pressentiment était exact ; elle a fait une réaction au traitement et ils sont passés à côté, et sont également passés à un début d’Avc. Ils avaient déclaré ma mère mourante, atteinte d’un cancer métastasé général et aujourd’hui le bilan sanguin ne laisse apparaître qu’une anémie importante. Aucun signe de métastase sauf peut être un bilan hépatique d’un foie surchargé. Voilà pourquoi je m’oppose vertement à l’euthanasie. Même si ma mère peut-être évolue vers un cancer généralisé toujours est-il que nous aurons gagné quelques mois de plus en sa compagnie. Mon petit fils n’a pas eu la même chance ; il a été pris en otage et ma fille destituée de son pouvoir maternel de décision concernant son enfant ! Tant que les médecins ne seront pas plus humanisés je resterai très prudente à leur laisser un tel pouvoir de vie ou de mort dans les mains.

  23. Colette

    Simplement de se dire que de nos jours, “commence par faire le nécessaire, puis fais ce qu’il est possible de faire et tu réaliseras l’impossible sans t’en apercevoir.” Saint François d’Assise. Ainsi, l’amour est plus fort que la mort.

  24. mcs

    L’on ne peut parler que de ce que l’on connaît. Malheureusement je sais sur quoi je vais disserter. Cela pourrait faire l’objet de maintes réflexions mais ce n’est ici ni le lieu ni l’heure d’étendre mes expériences passées et pour la dernière récente.
    Une maladie cruelle irréversible vient d’emporter ma mère, cette dernière âgée de 88 ans était parfaitement autonome, dirigeait sa vie avec fermeté, ne se laissant jamais abattre par quoi que ce soit.
    L’ombre de la mort vient lui rendre visite un 1er janvier, lui enlevant définitivement la parole, puis l’entraine dans la descente vers la dépendance totale. Pendant 6 mois vous vivez avec elle, avec ses souffrances puis sa résignation ; inutile de préciser les détails sordides que vous devez hélas tous connaître ; vous signez des décharges afin d’arrêter l’acharnement thérapeutique, un point crucial entre vous et votre conscience.
    La symbiose qui vous lie à votre parent, vous savez que vous avez pris la bonne voie. Les soins palliatifs prendront la suite puis viendra l’instant fatal du terminal de vie.
    Vous sentirez par ce fait une délivrance intense, celle d’avoir accompagné jusqu’au bout, aux portes d’une autre vie. Je n’ai point de conseils à donner, pour ma part je porte en permanence sur moi une lettre consignant mon refus à tout acharnement thérapeutique en ayant pris soin d’en informer qui de droit. L’on vit ainsi beaucoup mieux, en organisant au maximum son existence, mais hélas en ne contrôlant jamais l’imprévu.
    Je suis pour l’euthanasie.

  25. Martine Blanco Eline

    Pourquoi comparer l’euthanasie au meurtre ? C’est un manque de logique…
    Si le souhait est émis du vivant de la personne, que cet accompagnement se fait par le biais du corps médical ou l’équivalent, c’est comme avoir une carte de don d’organe ! Si on ne complique pas les choses, au nom de la religion (quelle qu’elle soit) on arrive à penser objectivement. J’ai assisté à l’agonie de mon père, qui finalement est mort de dénutrition, n’a profité de rien pendant ses 6 ou 7 dernières années, ni nous de lui…
    Je suis en bonne santé, et je ferai tout mon possible pour finir mes jours dignement, pas comme un grabataire, ni en infligeant les mêmes souffrances à mon fils ! Chaque personne doit pouvoir décider, le plus tôt possible sur ce sujet, comme pour le dont d’organe !
    Bien cordialement

  26. Irene AYALA

    Je souhaitais rajouter aussi que je suis contre l’acharnement thérapeutique qui est aussi une forme de contrôle sur le droit de vie ou de mort de la personne.

  27. Irene AYALA

    Avant j’étais pour l’euthanasie, pour abréger les souffrances, dans cette grande compassion qui nous unit envers les mourants. Aujourd’hui, j’ai compris que si une volonté divine existe, c’est elle qui nous donne la vie, c’est elle aussi qui nous la reprend. Ce n’est pas à nous de décider du jour et de l’heure. Laissez faire cette volonté, c’est faire un lâcher-prise avec ses souffrances et les vivre car pour une certaine raison qui nous dépasse, elles doivent être vécues et acceptées, et puis ….une étincelle de vie peut toujours surgir. Une solution pour abréger ses souffrances : la morphine. Le passage de la vie à la mort doit être aussi vécue même si on a envie d’en finir le plus vite possible. Il faut respecter ces intants. La naissance est aussi un moment douloureux qui nous permet le passage vers la vie. Tous les passages sont des moments difficiles. Je ne suis pas hindouiste mais comme Daniel, je crois que l’euthanasie est un meurtre ou un suicide.

  28. daniel

    A mon humble avis l’euthanasie est une violence faite à l’homme. Je suis hindouiste et nous sommes tenus de pratiquer l’aîmsa, autrement dit la notion de la non-violence pour tous les être vivant.

    De ce fait encourager l’euthanasie, c’est encourager le suicide, l’une des lois sacrée est: tu ne tueras point. A mon avis même si euthanasier une personne lui permet de se reposer en paix et ne plus souffrir, c’est quant même commettre un meurtre. Nous avons la possibilité de donner naissance à une personne, mais c’est pas nous qui donnons la vie, et peu importe ce qui pourrait arriver. Nous n’avons pas droit de la retirer volontairement, car la vie reste le plus beau cadeau fait à l’homme par son Créateur.

    L’euthanasie c’est du suicide et je suis totalement contre cette pratique, après à chacun sa responsabilité.

  29. Wawayou de côté D'Ivoire

    Dans l’absolu, l’euthanasie est souhaitable, dans la mesure où la personne va se réincarner. Pourquoi des souffrances inutiles? Mais attention, sous nos cieux, on pervertit facilement les lois, et ce qui devait nous servir nous avili. Euthanasie d’accord, mais beaucoup de précautions d’abord.

  30. Smaragdus

    Bonjour,

    Il n’est pas illogique de considérer en parallèle le thème de la peine de mort et celui de l’euthanasie car, dans les deux cas, nous sommes bien sur un acte visant à oter la vie à une personne (ou du moins à abréger volontairement son temps d’incarnation dont – il est quand même bon de le rappeler – ni la personne concernée, ni les autres personnes n’en connaissent en réalité le terme exact).

    Dans les deux cas, j’avais pris comme référentiel de réflexion le cadre pénal qui prévoit la réunion de trois éléments pour caractériser une infraction pénale : l’élément intentionnel, l’élément matériel et l’élément moral. Les débats actuels de société que suscitent aussi bien la peine de mort que l’euthanasie sont principalement (et malheureusement, à mon avis) axés sur l’élément moral. C’est-à-dire axés sur l’élément qui est certainement le plus subjectif et le plus fluctuant des trois. J’avais donc pris l’option de réfléchir à ces deux thèmes sous l’angle de l’intentionalité qui me semblait un peu plus objectif et un peu moins “passionnel”.

    Du coup, si l’on cherche à définir ce dont nous parlons dans cette optique-là, que constatons-nous ?
    Que le crime de sang “pur et dur” peut se définir comme un acte volontaire, prémédité, ayant pour conséquence la mort immédiate (ou pas) d’une victime et commis par un individu dans l’intention est de satisfaire son désir ou son besoin au détriment d’autrui.
    Que la peine de mort peut se définir comme un acte volontaire, réfléchi, ayant pour conséquence la mort immédiate du criminel et pris par un collège de personnes dans l’intention de sanctionner l’individu s’étant rendu coupable d’un comportement constitutif d’une menace grave pour la vie de ceux qui constituent le groupe social.
    Que l’euthanasie peut se définir comme un acte volontaire, réfléchi, ayant pour conséquence la mort immédiate d’une personne en fin de vie et pris (et il faut a minima l’espérer) par un collège de personnes… mais… dans quelle intentionnalité au juste ?
    En quoi l’état psychique ou physique d’une personne en fin de vie constitue-t-il une menace grave pour la vie de ceux qui constitue le groupe social ?
    Alors, après, qu’une personne en fin de vie, très âgée, grabataire, dans le coma, incurable etc… soit une charge émotionnelle, affective, psychique, physique voire financière très lourde pour les proches, l’équipe médicale ou le groupe social en général, çà, je n’en disconviens pas. Mais est-ce une motivation suffisante pour lui appliquer la même sanction radicale et extrême que celle réservée au grands criminels ?!!

    C’est en cela, je pense, que l’euthanasie pose une très grande difficulté juridique car son acceptation reviendrait à dépénaliser certains “homicides volontaires commis en réunion” (pour les personnes en fin de vie non conscientes que l’on “débrancherait” sur décision collégiale de la famille et de l’équipe médicale) et à dépénaliser la non-assistance à personne en danger (pour les personnes en fin de vie conscientes et exprimant la volonté d’être “assistées” pour mourir) car, ne l’oublions pas quand même, une personne en fin de vie est éminement fragile et vulnérable. Donc jusqu’à quel point pouvons-nous affirmer que son acceptation de la mort est bien réelle et voulue ?

    Quoiqu’il en soit, c’est la raison pour laquelle, il me semble que d’un point de vue strictement juridique, il n’est pas totalement aberrant d’être à la fois pour la peine de mort et contre l’euthanasie mais qu’il parait très honnêtement beaucoup plus paradoxal de se déclarer à la fois contre la peine de mort et pour l’euthanasie.

    Après, au-delà du seul aspect juridique, il y a l’aspect éthique de la question qui nous renvoie – encore une fois – à notre rapport à la mort. Comme vous l’avez souligné, la mort (tout comme la vie) est naturelle, mais sommes-nous réellement prêts à accepter cette loi naturelle ? En outre – encore plus difficile pour nous, Occidentaux – la mort fait partie intégrante de notre vie. Mais là aussi, sommes-nous vraiment prêts (et préparés) à affronter cette réalité ? Et l’euthanasie ne serait-elle pas justement un moyen d’essayer de “dissocier” notre mort de notre vie en pensant que parce qu’on “maitrise” notre mort, on maitriserait du même coup la vie et que nous pourrions faire fi de la nature ?

    Pour finir, j’ignore si ma grand-mère a “lâché” ou pas sa vie. Très sincèrement, je ne le crois pas, d’autant plus que durant ses derniers jours, elle ne bénéficiait ni d’un traitement particulier ni même d’une assistance respiratoire ou cardiaque. J’aurais plutôt tendance à penser qu’elle a “accompli” pleinement sa vie, qu’elle a choisi de s’exprimer – à sa façon certes – jusqu’à la dernière seconde du temps d’incarnation qui lui était imparti et que personne justement (ni elle, ni nous, ni ses médecins) n’a “jeté l’éponge” avant la fin.

    Bien fraternellement.

  31. blablabla

    Bonjour a tous

    Smaragdus je partage votre point de vue sur la peine de mort mais je m’étonne de votre position sur l’euthanasie même si je comprends votre raisonnement. Le problème selon moi est que l’interdiction de l’euthanasie ,puisque l’homme cherche a mettre des lois sur tous les aspects de la vie et d’autre moyens permettant de supplanter la nature , ce qui n’est pas (encore?) le cas , me fait vous rejoindre sur la pirouette intellectuelle puisque la nature garde le dernier mots (pour l’instant ? ),

    Mais comment choisir de partir (l’âme) quand le maintien de la vie est assuré par un élément extérieur a notre volonté ?
    On ne crée pas plutôt une prison chimique qui annule l’expression du choix en allongeant à l’infini (?) le temps de “réflexion” ?
    Et pour finir la mort répond à un vouloir puisque qu’on peut se la donner. Vous le confirmez je pense avec l’exemple de votre grand mère qui utilise ces dernières force pour lâcher prise .

    Peut on supplanter quelque-chose ( nature) dont on est apparemment une composante ?
    Je n’en sais rien mais pas mal d’énergie est mise en œuvre pour, et ce qui nous différencie du reste des êtres vivants semble montrer que nous ne somme pas une composante comme les autres. Donc peux être que nous pouvons en dépasser les limites.

  32. Smaragdus

    Bonjour,
    Je me permets de ré-intervenir dans le forum pour partager une nouvelle réflexion : ce n’est pas notre système légal qui donne droit à la vie. La vie ne répond pas à une loi humaine mais à une loi naturelle. La preuve en est que même des couples stériles qui ont la volonté de se faire assister médicalement pour procréer peuvent fort bien, malgré cela, ne jamais avoir d’enfant.
    Il en va de même pour la mort. Elle ne répond pas à une loi humaine, ni même à un “vouloir” humain. Elle répond elle aussi à une loi naturelle.
    Le problème de l’homo sapiens, c’est qu’il se croit suffisamment “sapiens” pour prétendre tout gérer par sa seule volonté. Et comme la mort est une grande énigme pour notre “science”, on préfère penser qu’en autorisant l’euthanasie, on prend ainsi le contrôle sur la mort, ce qui bien sûr n’est qu’une pirouette intellectuelle. Pourquoi ne pouvons-nous pas accepter que certaines choses nous échappent et ne relèvent pas de nous ?
    Bien fraternellement.

  33. frgR.

    L’euthanasie? Je suis un peu perplexe. A la mort de ma mère, j’ai fait une pneumonie qui m’a amenée à la porte de la mort. J’ai vu mon grand-père (décédé) tout de blanc vêtu dans un paysage blanc lumineux qui me tendait les bras et me disait (pas avec des mots mais en pensées):” si c’est ce que tu veux, viens, c’est toi qui décide”. J’ai décidé de vivre. Cette expérience m’a marquée au plus haut point et m’a donné la certitude que c’est nous qui décidons (ou du moins notre âme) quand les épreuves de la vie l’affligent trop. Si des gens dans la souffrance ne partent pas, soit ils ne savent pas qu’ils ont le choix, soit elles ont trop peur et ne sont pas prêtes. Peut-être la souffrance a-t-elle pour fonction de les décider? Je ne sais pas. Je serais plutôt tenter de leur montrer que c’est elle qui décide du moment plutôt que de les débrancher. Je suis mal à l’idée de décider pour une âme qui, malgré la souffrance, ne part pas. J’aimerais l’aider à décider et à se préparer à cette transition plutôt que de décider pour elle.

  34. Le Griot Inconnu

    Contre ou pour l’euthanasie, tout depend de la conception qu’on se fait de la mort. Ceux qui savent que mourir est la fin totale de la vie et qu’il faudra attendre le jugement dernier pour aller croupir en enfer ou pour aller jubiler au paradis, pourront avoir raison de s’opposer à l’euthanasie. Par contre, ceux qui pensent vivre après la mort dans l’au-delà dans la conviction de se réincarner sur cette terre n’ont rien à craindre. Mais la raison reste la raison. Pourquoi continuer à vivre lorsqu’il est établi que c’est impossible de continuer à vivre? Pourquoi dois-je accepter les souffrances physiques qui pourtant troublent mon âme?
    De toutes les façons, tout depend d’un strict avis juridico-médical prouvant que la personne n’a rien à attendre encore dans cette vie. Et si la personne elle-même ne veut plus continuer à supporter les souffrances qui l’accablent, respectons sa liberté de choix…

  35. Antoine Achard

    Le soir journalier, comme celui de la vie, est un moment approprié pour réfléchir sur la vie et la mort et je me dis: vivre et laisser vivre, mais aussi, pourquoi pas, mourir et laisser mourir ? En lisant les commentaires des internautes sur votre blog on peut réellement sentir, au-delà de la distance et du temps, l’inquiétude empreinte d’amour de ceux et celles qui sont confrontés à la fin de vie de leurs proches. Ceux qui sont en fin de vie, vieux ou jeunes, devraient être en mesure de s’attendre au soutien non seulement des leurs mais aussi de l’État au sein duquel ils ont vécu. Dans une Charte des Droits, si ce n’est déjà fait dépendemment du pays où l’on habite, une clause encadrant le droit de mourir dans la dignité devrait y être insérée, faisant corps avec cette Charte. Naturellement, pour éviter les dérapages qui peuvent venir de plusieurs directions: dogmes religieux, dogmes médicaux mais aussi, parfois, rapacité d’une famille mal intentionnée, l’euthanasie devrait être strictement encadrée juridiquement et médicalement tout comme l’est actuellement l’acharnement thérapeutique, même si cette disposition juridique est mal connue . Il me semble qu’un testament, écrit lorsque sain d’esprit, passé et signé devant une instance légale, devrait être suffisant pour nous assurer que nous disposions bien de la fin ultime non seulement de notre corps physique mais de l’entièreté de notre personne. Un citoyen, dans un pays libre, a des droits et des devoirs jusqu’à la fin.

    Je ne crois absolument pas que les souffrances sont une nécessité pour évoluer spirituellement. Je laisse cette pensée archaïque, non fondée et dogmatique, aux religieux. Il est vrai cependant qu’à la suite de choix inadéquats, nous en sommes résolus à souffrir temporairement des conséquences de ces choix. Ceci dit, à quoi cela sert-il de laisser une personne souffrir atrocement des douleurs liées au cancer ou à d’autres maladies tout aussi décrépitantes ? Même nos animaux de compagnie sont mieux traités en fin de vie. Il est vrai que notre espérance de vie s’est allongée depuis le dernier tiers du 20e siècle et que, suite à ce “progrès extraordinaire”, il nous a été offert une opportunité inespérée d’explorer à fond de nouvelles situations de vie mais aussi des maladies qui autrefois étaient rarement vécues et qui sont, maintenant, une occasion en or pour élaborer des médicaments miracles dont la vente est très lucrative…

    Je suis tout à fait en faveur de l’euthanasie sous certaines conditions strictement encadrées. Cependant, au-delà de ce sujet de l’euthanasie et de ces souffrances tout à fait réelles, me vient à l’esprit une réflexion, un peu osée il est vrai, concernant la pertinence ou non de vivre sa transition d’une façon expérimentale, si bien sûr les souffrances sont humainement supportables. Les mourants d’autrefois, eux, n’avaient certainement pas le choix. Je crois toutefois qu’il est très difficile, voire peu probable, de connaître complètement les tenants et aboutissants de cette expérience qu’est la transition. Cependant, je suppose qu’il doit être possible, sous certaines conditions, de vivre sa transition d’une façon plus ou moins consciente. Tous nous le verrons bien assez tôt. Ayant beaucoup de questions mais peu de certitudes, je crois cependant que l’euthanasie ne sied pas à tous, car tous n’ont pas les mêmes convictions et en cette matière. Le respect le plus profond de la personne est garant de son ultime liberté.

  36. Ecureuil

    Les autorités religieuses et laïques ont toujours été opposées à l’euthanasie pour des raisons qui ne sont pas toujours limpides.
    La vie lutte indéfiniment pour se maintenir et grandir, et l’instinct de conservation est l’un des plus puissants dans tous les règnes, végétal, animal et humain.
    Sauf erreur, seul l’humain est en capacité de mettre un terme à ses jours par un acte volontaire. Une longue évolution et un voyage dans tous les règnes ont inscrit dans sa mémoire la connaissance que la vie réside temporairement dans son corps, qu’elle quitte ce corps au moment de la mort,- raison pour laquelle nos tout premiers parents observaient déjà des rites de « transition »-, et que la mort n’est pas la fin de l’histoire.
    Cette connaissance lui confère la liberté d’échapper, dans des circonstances extrêmes, à une survie qu’il juge indigne, dégradante ou insupportable. Cette liberté n’appartient qu’à lui seul et l’euthanasie ne saurait se déléguer. Elle est un attribut sacré de sa personne.
    Ce domaine de liberté n’appartient pas aux « autorités ». Même si elles n’admettront que difficilement que chaque homme, chaque femme puisse disposer de sa vie, il reviendra au législateur de proclamer que cette faculté fait partie de l’héritage inaliénable de chacun d’entre nous, et que l’euthanasie ne peut procéder que de la seule volonté parfaitement lucide et persistante de celui qui la souhaite pour lui-même.

  37. Anne-Marie K

    Récemment, ma Maman, 99 ans, a dû être hospitalisée d’urgence suite à un « infarctus intestinal ». Malgré les antidouleurs, elle souffrait pendant une semaine énormément et elle disait souvent qu’elle voulait mourir tout de suite, afin ne plus devoir subir ces fortes douleurs. Le « verdict » médical étant incertain, on proposait les soins palliatifs et éventuellement l’euthanasie dans le cas où les douleurs escaleraient, car une guérison ne semblait pas évidente. D’abord j’étais choquée, bien que dans certains cas j’approuve l’euthanasie – voire mon point de vue antérieur – ; ainsi s’il n’y a plus d’autre solution je serai bien obligée de consentir. Je préfère ne pas y penser, pas encore.

    … et puis, ils ajoutaient : et vu son âge… ! J’avais les cheveux qui se dressaient.

    J’ai beaucoup parlé avec Maman et j’observais qu’elle avait la volonté de guérir, de combattre et de continuer… comme elle disait pour être avec moi, car elle m’aime beaucoup. Bien-sûr, elle a également peur de mourir, comme la majorité des gens d’ailleurs et c’est tout à fait naturel. Je la voyais, je l’entendais… la peine envahissait tout mon cœur, car j’aime beaucoup ma Maman, tout simplement et comme elle est. Ainsi je lui ai demandé si elle consentirait à me donner quelques jours, afin de tout mettre en œuvre pour l’aider. Avec son accord et étant de formation paramédicale, j’ai coopéré étroitement avec les médecins, je l’ai suivie, je suis restée optimiste, persévérante et surtout je l’ai encouragée (très important). Je tiens ici à remercier l’A.M.O.R.C. pour son grand soutien ainsi que tous ceux qui nous ont aidés personnellement et qui nous aident encore. Le pire est passé mais elle reste très faible. Parfois, elle dit qu’actuellement pour elle la qualité de vie n’est pas satisfaisante et qu’elle ne veut pas continuer de cette façon, s’il n’y a pas d’amélioration. On y travaille, espérant réussir encore une fois. Mais parfois on remet en cause, on doute, on se sent impuissant, on laisse tomber les bras, parfois on redémarre, on avance, on se bat, parfois on accepte, et en fin de compte peut être de plus en plus… reste l’amour, la compassion, le courage, un brin d’humour … Mille soucis et mille questions se posent pour le futur … on les reporte à demain et on travaille …

    Il y a un an et demi, nous nous sommes retrouvées dans la même situation, jadis à cause d’un médicament prescrit par erreur par l’hôpital mais que j’ai pu arrêter à temps après avoir étudié les effets secondaires. J’avais déjà du procurer les « papiers », j’ai lu ce texte…qui me répugnait et puis j’ai refusé en toute âme et conscience, car je voyais la possibilité, qu’elle pourrait encore se rétablir et, en effet, cela s’est produit non sans grands efforts et beaucoup de patience.
    Il me semble aussi que depuis quelque temps les services médicaux ne s’engagent plus pour les personnes âgées (à cause des frais, du manque de personnel, elles ne sont plus rentables…dixit mutuelles, corps médical, la politique…). Je suis horrifiée, car chaque être humain a droit à titre égalitaire aux soins médicaux jusqu’à sa transition. Et pour comble, le médecin traitant de Maman m’a confirmé cela tout honnêtement.

    Peut-être notre vécu pourra aider ceux et celles qui se trouvent dans une situation semblable ou ceux qui abordent ou étudient ce thème. Tant que la volonté y est, on ne doit pas abandonner.

    Cordialement

  38. Le Tigre

    L’Euthanasie contrôlée pour des cas irrécupérables s’avère utile. Ce serait soulager les souffrances des demandeurs concernés, mais après une analyse approfondie de chaque cas.

  39. esther melèdje

    Très juste, mais il est très important de permettre à la personne qui souffre de prendre cette décision, de se servir de son libre arbitre …

  40. jean-michel

    La vie n’est jamais inutile ! Si nous laissons faire ce genre de pratique, on risquerai un jour d’euthanasier n’importe comment et n’importe qui, par exemple ceux et celles qui deviendraient dérangeantes ou deviendraient gênantes pour les familles ou la société.
    Ce serait encore pire que la peine de mort !
    L’extermination, le génocide de la seconde guerre mondiale est une preuve de la folie de l’humain. Nous sommes je pense 7 milliards d’individus sur la Terre-Mère. Ne laissons pas des fous furieux nous exterminer par le biais de l’euthanasie, sous prétexte que nous sommes trop nombreux.
    Nous venons au monde pour la vie. Le passage obligé de notre matière physique c’est la mort en passant souvent par la souffrance. Qu’on le veuille ou pas c’est comme cela, c’est la destinée de tous les êtres animés. La vie vaut la peine d’être vécue jusqu’au bout. Si l’humain pouvait comprendre cela il irait beaucoup mieux et serait en paix avec le Divin qui est en toute chose.
    Amicalement

  41. Louise F.

    Mourir dans la dignité m’apparaît essentiel… L’euthanasie est un sujet qui amène beaucoup d’opposition et même d’intolérance mettant en oeuvre des passions, des peurs etc. En cela le testament biologique me semble essentiel, testament réalisé bien sûr en toute connaissance de cause. Mourir pour la grande majorité signifie disparaître à tout jamais. Cette façon de comprendre la mort me semble attribuée à la vision purement matérialiste. Son contraire étant une compréhension spiritualiste nous invite à vivre ce choix en toute conscience de fait, conscience qui fait vivre le patient en Paix Profonde et lui apporte aussi dans son coeur la certitude qu’il a fait le bon choix et qu’il peut mourir en paix.

  42. Maïe

    J’arrive un peu tard sur ce forum …
    Je viens de vivre une expérience avec mon chien qui avait un empoisonnement des reins. je l’ai veillé toute la nuit et j’ai vu d’heure en heure son état empirer, ses souffrances arriver. Au petit matin j’ai appelé le vétérinaire pour aider à partir ce compagnon que j’aimais tant.
    Quel soulagement quand le vétérinaire lui a fait sa piqure pour l’endormir, afin qu’il ne souffre pas quand il l’a euthanasié.
    Mon chien s’est endormi tranquillement dans mes bras, sous mes caresses, avec mes mots d’amour. Et à ce moment là, dans cet acte ultime d’amour pour mon toutou, je me suis demandé pourquoi ce que l’on accepte pour nos animaux, nous le refusons pour nos frères humains ?

  43. génialitus

    L’euthanasie a toujours existé. Cela dépend du personnel hospitalier. Mon beau-père, cancer des poumons en fin de vie, le médecin m’a proposé d’augmenter la puissance des rayons car sa fin allait être terrible. Un homme hurlait dans une chambre de l’hôpital, le médecin m’a dit que cet homme avait la même maladie et la famille a refusé de l’aider à partir. J’ai accepté. Les rayons ont arrêté le cœur rapidement. Mon beau-frère, cancer de la gorge en fin de vie, l’infirmière a téléphoné pour nous demander de venir lui dire au revoir. En arrivant il était déjà décédé. J’ai demandé à l’infirmière si c’était un acte d’euthanasie. Elle m’a répondu “appelez ça comme vous voulez, il étouffait, les souffrances étaient horribles. Je l’ai simplement aidé à s’endormir”. J’ai dit merci à l’infirmière pour son courage.
    Plus récemment, ma mère atteinte de la maladie d’Alzheimer, était dans un état demi comateux. La souffrance se lisait sur son visage. Cette paralysie complète la faisait souffrir, c’était visible. Avec mon frère nous avons demandé l’arrêt des médicaments, de la nourriture forcée, sauf des anti-douleurs. Nous n’avons pas demandé plus. On nous a fait signer une “décharge”. Ma mère a mis un mois pour partir, c’était horrible à voir.
    La vie n’appartient qu’à nous-mêmes, sauf, comme ma mère, dans l’impossibilité de donner son avis.
    J’ai 68 ans. Je refuse de souffrir comme ceux que je viens de citer. Je préfère partir. Pour comprendre, il faut voir et être passé par ce chemin.
    La vie sur terre n’est qu’une étape, longue ou courte, ou simplement écourtée. Elle ne présente pas un intérêt majeur lorsqu’elle ne répond plus à la qualité que l’on attend d’elle. Je ne vois nullement le besoin de la conserver pour souffrir inutilement, au nom de quelque religion que ce soit,ou principes que la société a fabriqués sous couvert d’une morale juridique. Souffrir ne présente aucun intérêt. Je remercie les médecins et infirmières qui ont le courage d’abréger les souffrances, car, pour faire ce geste, il faut être courageux et je regrette certains procès, mais un procès rapporte quelques fois des dommages et intérêts… Je sais de quoi je parle
    Si je me suis trompé en arrivant là haut, et bien, si je peux, je m’expliquerai. On dit que Dieu est infiniment bon, alors, pourquoi pas avec moi ou ceux qui pensent comme moi.

  44. Caroline

    J’ai lu avec beaucoup d’intérêt tous vos commentaires. Vous êtes tous sensibilisés par le respect de l’être humain, chacun selon son propre point de vue. A mon sens c’est avant tout pour celui qui se trouve en demeure de tuer ou pas le corps physique de l’autre, de soulager ou pas les peines du corps émotionnel de l’autre, et d’intervenir ou pas dans le parcours du corps spirituel de l’autre, que la question de l’euthanasie ou pas prend toute sa dimension.
    J’ai été amenée à plusieurs reprises à vivre de telles situations, mes expériences sont personnelles et ne peuvent pas servir à étayer cette importante question qu’est l’euthanasie, car c’est au moment de passer à l’acte que toute la conscience de l’être prend une autre dimension selon nos propres peurs, notre foi et notre force.
    Légaliser l’euthanasie me parait difficile, car définir un acte vis à vis de la vie d’un point légal comme spirituel, alors que ces deux mondes restent dans leur cadre respectif de références à notre époque, c’est peut-être faire valoir le temporel sans saisir l’essence de l’intemporel.
    Si nous partons du principe que nous sommes tous issus de la même source divine, alors rien n’est inutile en ce bas monde. L’horloge cosmique est d’une grande beauté même si cela peut sembler paradoxal au regard des expériences douloureuses qui se vivent à chaque instant sur notre planète.
    Selon que nous tiendrons compte des obligations inhérentes à la situation, ou à notre sensibilité, ou à nos propres peurs comme à notre compréhension du processus de vie, chacun va agir de manière différente et personnelle.
    C’est bien souvent au moment de cette terrible solitude, lorsque le corps physique d’un être se trouve aux portes de l’infini, que l’âme saisit toute son incarnation et se libère de tout le poids de sa vie.
    Cette situation extrême peut permettre à l’âme de se libérer de son désespoir et de ses souffrances qui se trouvent dans un autre lieu que le corps physique.

  45. dafsam

    je pense pour ma part que l’instant de séparation entre le corps et l’âme doit être des plus naturels car pratiquer l’euthanasie sans la volonté du concerné cadre t’il avec la dignité humaine ? On sortirait très vite des valeurs d’humanisme prônées par vos soins et rentrerait dans une espèce de débarras sentimental et émotionnel sous le fallacieux prétexte qu’on a aidé à partir en bonne conscience sans remord. Attention aux dérives qui en résulteraient. Autant est il vrai que l’on n’accepte pas le clonage humain, autant devrait il en être de même pour l’euthanasie, car après tout, les lois de l’univers nous réservent beaucoup de surprises. Laissons le mystère entier.

  46. Filos

    Délivrer un humain des souffrances inutiles quand il doit passer de l’autre côté du rideau, me paraît un acte humanitaire. Il en est de même pour un animal qui doit être sacrifié pour notre survie.
    La vie est belle quand elle est dénuée de souffrances, de peines. Et l’homme appelle au secours chaque fois qu’il est confronté à la souffrance, de corps ou d’âme. La nature répond souvent à son appel. Elle induit un comma. On n’est plus sensible à aucun stimulus, ni à aucune souffrance, même si elle est atroce.
    Nous ne pouvons rien apprendre de la souffrance à part qu’elle est indésirable dans notre vie et dans celle d’autrui, et que chaque fois qu’elle est présente nous devons rétablir un état d’équilibre ou d’harmonie. Mais ceci n’est souhaitable que lorsque nous avons encore à survivre sur cette Terre.
    Personnellement, je déteste la souffrance, car elle ne me sert à rien. Toute occasion qui s’offre pour ne plus la sentir est la bienvenue. Je sais que je n’hésiterais pas à solliciter la fin immédiate de ma vie sur Terre si je venais à souffrir irrémédiablement, au-delà du tolérable.
    Je pense même que j’aiderais mon cerveau pour qu’il raccourcisse ce que je conçois comme seuil du supportable.
    Les rapports des expériences de mort imminente (EMI), nous disent que la vie ne s’achève pas à l’instant de la mort. Et celle qui vient est dépourvue de toute souffrance selon eux. Est-il utile vraiment qu’elle fasse suite à des atrocités? En cas de maladie incurable, l’euthanasie peut servir de moyen d’aide pour en finir avec la souffrance.
    Mais aussi, un geste d’amour, une pensée affectueuse, un échange de sentiments nobles purs avec l’être souffrant, dans la prière du cœur, peut servir d’euthanasie plus douce encore et accomplir un bien inimaginable, qui neutralise la souffrance, fermant la porte, l’âme se trouvant, soit de ce côté-ci soit de ce côté-là.
    Cordialement.

  47. Anne-Marie K

    Il est vrai que la question sur l’euthanasie pose une réflexion hautement responsable. Elle fait appel non seulement à notre conscience en toute objectivité, mais aussi à notre amour, la dignité et l’humanisme, car il s’agit d’un acte suprême: maintenir ou arrêter le processus de la vie. De ce fait je crois qu’il faut y réfléchir avant d’être confronté  cette situation, pour soi-même, pour un être cher et même pour une personne étrangère, afin de ne pas être submergé quand la situation se présente.

    Pour ma part, si je devais me retrouver dans la phase terminale d’une maladie incurable souffrant de fortes douleurs, je dirai oui. Je consentirais également étant obligée de prendre une décision pour toute autre personne dans la sus-dite situation. Sachant qu’elle partage ou accepte mon argumentation, la réponse me semble allégée. Mais si une personne décide consciemment, en toute connaissance de cause, de vivre les plus fortes douleurs, je dois accepter sa décision, sauf si les souffrances devent inhumaines. Je cèderais alors et j’assumerais la responsabilité de consentir à l’euthanasie, même si cela me donnerait « un mauvais point » karmique (ce que je ne crois pas). Car il est inhumain et insensé, pour les raisons que vous avez déjà décrites, de tolérer ces souffrances.

    Dans le cas de fin de vie, de coma etc. sans grandes souffrances, je ne prendrais pas cette décision, car nombreux sont les rétablissements spontanés qui peuvent se produire même à moyen terme.

    Il y a aussi encore le cas où certaines maladies ou accidents rendent la vie quasi indigne. Là encore, chaque cas est individuel.

    Toutefois, il est primordial que tout soit fait pour garder ou sauver la vie aussi longtemps que possible, à condition que la volonté et la dignité du patient soient respectées, ceci dans un esprit d’amour et d’humanisme, mais sans prendre des décisions irréversibles trop rapidement.

    Cordialement

  48. Le Tigre

    Dans certaines situations sans espoir, on pourrait euthanasier une personne qui le souhaite. Il faudrait un contrôle sérieux par des experts médicaux avant de passer à l’action afin d’éviter tout abus.

  49. Goodman

    Parfaitement d’accord avec vous en pareil cas, étant attendu que la peine de mort est totalement différente de l’euthanasie.

    Pour moi, la vie est certes synonyme d’épreuves, moteur de notre évolution “animique”, mais elle doit être surtout joie !

    Si nous savons que la personne ne pourra pas vivre quels que soient les soins administrés et que rien ne peut calmer sa douleur, alors pourquoi ne pas “aider” cette personne à s’en aller en paix ?

    Ce serait là, un manque de générosité que nous n’aurions pas su manifester à un moment opportun !

    Merci.

  50. isora

    Remerciements à Smaragdus, pour avoir vécu les mêmes moments, ces deux derniers mois et fin septembre 11, en ce qui concerne la fin de vie de ma mère à 92 ans, à la suite d’une vie bien remplie et sur lesquels je n’arrivais pas à mettre de mots. Je souhaite simplement à tous et à moi-même de partir dans la sérénité des soins palliatifs et dernier accompagnement souhaité pour rejoindre la lumière qui nous mène à Dieu et ainsi éviter l’acharnement thérapeutique qui ne sert à rien. Le moment venu, la bougie doit s’éteindre lentement. cordialement.

  51. JMarc

    Il est difficile d’avoir un avis arrêté sur ce sujet. Chaque situation est unique et la décision prise dans un contexte particulier ne peut être envisagée de façon générale.
    De plus, il ne faut pas se leurrer : chaque jour est prise la décision par l’équipe médicale d’administrer un cocktail à une personne en fin de vie et qui souffre, tout cela sans prononcer le mot… Et ce, dans tous les hôpitaux !

  52. Michel C

    – Et arrêter l’acharnement thérapeuthique ? Pourquoi pas?

  53. Smaragdus

    Bonjour,

    Je crois qu’il faut vivre au quotidien avec des personnes en fin de vie pour pouvoir émettre un avis vraiment autorisé sur le sujet, ce qui n’est pas mon cas. Néanmoins, je souhaiterais partager avec vous une expérience de vie qui m’a beaucoup marquée et qui, peut être, sera de nature à faire avancer encore la réflexion.
    De tous mes grands-parents, je n’ai connu que ma grand-mère paternelle. C’était une femme très douce, d’une grande sagesse et d’une droiture bienveillante. J’ai toujours entretenu avec elle un lien filial et spirituel fort. Elle habitait avec mes parents dans une petite ville de campagne à quelques dizaines de kilomètres d’Aix en Provence où je terminais mes études.
    Alors que je venais juste de rentrer dans la période des examens de fin d’année, ma grand-mère rompit un anévrisme au cerveau et fit une hémorragie interne massive qui la plongea dans un coma profond. Elle avait 91 ans et son pronostic vital était engagé. Mes parents firent alors le choix de ne rien dire pour ne pas me perturber pendant les épreuves.
    Dix jours plus tard, mes examens terminés, je retournais chez mes parents et j’appris la triste nouvelle. Je me rendis immédiatement à l’hôpital où se trouvait ma grand-mère, toujours dans le coma.
    Quand je suis entrée dans sa chambre, elle dormait, bien sûr, les yeux fermés mais avec le visage un peu tendu de quelqu’un qui se concentre sur un problème difficile. Elle baillait fréquemment (signe de grande souffrance cérébrale) et était déjà d’une extrême pâleur. Je me suis penchée vers elle et je lui ai chuchoté à l’oreille que j’étais là, tout près d’elle, et je l’ai embrassée. Alors, elle a pris une grande inspiration comme pour respirer mon parfum et ses pommettes ont rougi. Sur le moment, j’ai bien cru qu’elle allait ouvrir les yeux… mais non, tout ce qui lui restait d’énergie, elle l’avait concentré dans cette respiration et cette éphémère carnation de peau, comme pour me dire : “Je t’ai attendue, tu sais. Je t’ai reconnue aussi. Maintenant je peux partir en paix”. Et, de fait, l’après-midi même, mon père recueillait son dernier souffle.
    Pour ma part, je ne remercierai jamais assez son neurologue, ni mes parents (et particulièrement mon père qui, en tant que médecin lui-même, mesurait parfaitement l’irréversibilité de l’état de santé de sa mère) de ne pas avoir cédé à la tentation de l’euthanasier et d’avoir permis à son corps spirituel de s’exprimer jusqu’au bout, alors même que, de toute évidence, son corps physique n’en pouvait plus. Car je reste intérieurement convaincue (même si je ne peux pas prouver ce que j’avance, bien sûr) que l’énorme effort qu’elle a fourni, l’ultime sacrifice d’amour auquel elle a consenti l’ont en quelque sorte fortifiée spirituellement (ou sanctifiée, si vous préférez) et lui ont permis de trouver immédiatement le chemin de lumière qui mène à Dieu.

    J’ajouterai enfin que si, par bonheur, ce témoignage avait la vertu de consoler d’autres personnes ou de leur permettre de retrouver une certaine sérénité de cœur, cela contribuerait un peu à “redonner vie” à ma grand-mère, en quelque sorte. Mais cela prouverait surtout (si tant est qu’il faille prouver quoique ce soit en ce domaine d’ailleurs) que l’Esprit du Bien, lui, ne meurt jamais.

    Bien fraternellement.

  54. Daniele G.

    J’ai accompagné ma mère jusqu’à son décès, celà a duré 3 mois, elle avait un cancer du pancréas. Elle craignait l’hôpital et a voulu finir ses jours chez elle. Les quinze derniers jours ont été les plus horribles, car elle avait de grandes souffrances, et le personnel médical qui venait à la maison a refusé de faire un geste. L’infirmière m’a même jeté à la figure qu’ “on ne pique pas les gens comme des animaux”. J’ai été choquée qu’elle voit la chose sous cet angle, et pour moi, de voir ma mère s’éteindre de cette façon a été un vrai supplice. Aucune dose de morphine ne la soulageait, elle criait jour et nuit, même les voisins l’entendaient, et trouvaient cela insupportable. Je n’aimerais pas finir pareil. 

  55. alain durand

    Je suis contre ce projet de loi,pour la simple raison qu’avec les années ,ça risque de déraper facilement. Comme j’ai pu le constater au fil des ans,avec d’autres lois qui furent votées. Je doute fort que dans que dans quelques années,le gouvernement réussisse à conserver le système de santé tel qu’il est aujourd’hui. Alors, ceux qui coûtent cher au système, risquent fort d’écoper.

  56. annethai

    Entièrement d’accord pour mourir dans la dignité, et c’est moi seul qui décide si je veux vivre ou mourir. C’est un choix et les dogmes humains n’ont pas à décider de l’heure de notre mort.

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