Rose-Croix et parapsychologie

Tout d’abord, il est peut-être utile de rappeler que le mot « parapsychologie » a été créé en 1889 par le psychologue allemand Max Dessoir. D’une manière générale, il désigne l’étude des phénomènes paranormaux, tels que la voyance, la clairvoyance, la clairaudience, la prémonition, la télépathie, la télékinésie (psychokinésie), la vibroturgie (psychométrie), la radiesthésie… De nos jours, ces phénomènes sont étudiés en laboratoire et constituent dans de nombreux pays une discipline scientifique, mais pas en France. Pourquoi cette “exception française” ? Probablement parce que les tenants français de la science, au sens large, se veulent “cartésiens” et se désintéressent par principe des phénomènes touchant à l’irrationnel. C’est là une posture excessivement matérialiste que chacun devrait déplorer.

La parapsychologie

Heureusement, il existe des institutions internationales qui, sans préjugés et avec toute la rigueur scientifique nécessaire, étudient les phénomènes parapsychologiques. Si certains de ces phénomènes sont peu connus du grand public, d’autres lui sont familiers. À titre d’exemple, nombreuses sont les personnes qui “croient” à la télépathie, c’est-à-dire à la transmission de la pensée. Si tel est le cas, c’est non seulement parce que des études scientifiques en ont démontré l’existence, mais également parce que beaucoup parmi elles l’ont expérimentée. Vous-même avez certainement eu l’occasion de capter la pensée d’un proche, au point de ne pas savoir qui des deux avait eu cette pensée en premier. De même, la radiesthésie a donné les preuves de son efficacité dans divers domaines, notamment dans des enquêtes policières. Quant à la clairvoyance et la clairaudience, des médiums reconnus ont montré qu’il s’agissait de pratiques avérées.

Précisément : la parapsychologie doit-elle être considérée comme un ensemble de phénomènes paranormaux ou comme un ensemble de pratiques paranormales ? En fait, elle est les deux à la fois, car nous possédons tous des facultés (et non des “pouvoirs”) parapsychologiques pouvant être développées et appliquées à des fins diverses. On rapporte qu’Albert Einstein aurait déclaré qu’à ce stade de son évolution globale, l’être humain n’emploie qu’environ 10 % de ses capacités mentales latentes. Ce qui est certain, c’est que le commun des mortels est très loin d’utiliser tout le potentiel, non seulement de son cerveau, mais également de sa conscience, dans ses fonctions les plus subliminales. Cela étant, le but de l’existence n’est pas de devenir clairvoyant, clairaudiant, télépathe, télékinésiste…, mais plutôt une personne éclairée dans ses jugements et dans son comportement.

Rose-Croix et parapsychologie

La parapsychologie a toujours fait partie intégrante de l’enseignement rosicrucien. Dans nombre de livres consacrés aux Rose-Croix du passé, on les décrit d’ailleurs comme des mystiques ayant développé des facultés hors du commun. Pour prendre un exemple relativement connu, Joseph Balsamo, plus connu sous le nom de Cagliostro (1749-1795), est présenté dans de nombreux récits comme un Initié qui était capable de se rendre invisible, de communiquer avec les esprits, de matérialiser des objets, d’influencer le comportement des autres… On a attribué les mêmes pouvoirs au conte de Saint-Germain (1690-1784), appelé « le Rose-Croix invisible » dans certains textes ésotériques. Naturellement, il y a une part de légende dans ces récits, mais aussi de réalité.

S’il est un fait que les Rose-Croix s’intéressent à la parapsychologie, et par extension au paranormal, ce n’est pas l’essentiel de leur quête mystique. En effet, ils s’emploient avant tout à se parfaire sur le plan intérieur et à éveiller leurs facultés purement spirituelles, lesquelles correspondent aux vertus que l’on attribue à l’âme humaine, dans ce qu’elle a de plus divin : la tempérance, la bienveillance, la générosité, la tolérance, l’humilité, l’intégrité… Il s’agit là d’une démarche, non pas parapsychologique, mais philosophique. En cela, le Rosicrucianisme a pour but fondamental de cultiver la sagesse, afin de devenir une bonne compagnie pour soi-même et pour les autres. C’est aussi et même surtout cet idéal éthique que les Rose-Croix du passé ont toujours mis en exergue dans leurs écrits.

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