Définition générale
Si le mot « introspection » fait partie du langage courant, peu de personnes en connaissent le sens profond. Comme souvent, l’étymologie est une aide précieuse pour mieux l’appréhender. En effet, ce mot dérive du latin « introspicere », qui signifie littéralement « regarder à l’intérieur ». Nous introspecter, c’est donc tourner notre regard vers ce qui est en nous, c’est-à-dire vers notre vie intérieure : nos pensées, nos émotions, nos sentiments, nos affects, nos idées… À l’inverse, l’extrospection consiste à orienter notre observation vers le monde qui nous est extérieur, notamment au moyen de la vue, de l’ouïe et du toucher. Vous conviendrez que nous passons chaque jour beaucoup plus de temps à nous concentrer sur ce qui est extérieur à nous plutôt qu’intérieur. Cela se comprend, car sur une journée de 24 heures, nous sommes à l’état de veille les 2/3 du temps, le 1/3 restant correspondant à la période de sommeil.
En psychologie
En psychologie, l’introspection est une méthode ayant pour but d’aider une personne à s’observer elle-même sous la conduite d’un psychologue. En règle générale, il s’agit d’aider cette personne à soigner un déséquilibre psychologique ou à transcender des angoisses, des peurs, des craintes, des phobies. Dans les cas extrêmes, on doit faire appel à un psychiatre, qui pose un diagnostic et prescrit un traitement médical, ou à un psychanalyste, qui propose un travail introspectif pouvant se dérouler sur plusieurs années. Comme vous l’aurez compris, l’usage de l’introspection est alors thérapeutique. Autrement dit, elle a pour but d’aider un patient à guérir d’un trouble, voire d’une maladie, qui le fait souffrir intérieurement et l’empêche de mener une vie “normale”. Malheureusement, et comme vous le savez, de nombreuses personnes sont en souffrance psychologique.
En philosophie
En philosophie, l’introspection a pour but d’expérimenter les différents niveaux de la conscience humaine (objectif, subjectif, subconscient, inconscient), afin de mieux comprendre leur fonctionnement et leur spécificité. René Descartes (1596-1650) en a fait l’un des thèmes majeurs de son livre « Méditations métaphysiques ». On peut supposer que c’est l’intérêt qu’il accordait à ce domaine de la philosophie qui le conduisit à exprimer cette formule devenue célèbre : « Cogito ergo sum » (« Je pense donc je suis »). Contrairement à l’interprétation courante de cette formule, elle ne veut pas dire que nous existons tant que nous sommes capables de penser, mais que la seule chose dont nous pouvons être certains et ne pas douter est le fait que nous sommes capables de penser, et donc de réfléchir sur nous-mêmes et sur la condition humaine. Certains firent de Descartes le fondateur du « Cartésianisme », courant philosophique qui oppose la raison à la foi et qui fait de la première le seul fondement de la Connaissance. C’est là une erreur, car il était profondément spiritualiste et admettait l’existence de l’âme et de Dieu, au sens mystique du terme. On sait d’ailleurs qu’il fut en contact étroit avec les Rose-Croix de l’époque.
D’un point de vue rosicrucien
D’un point de vue rosicrucien, l’introspection est indissociable de la spiritualité. Dès lors que l’on admet l’existence de l’âme, elle devient en elle-même un mystère qui nous incite à sonder les profondeurs de notre être. Ce que les mystiques appellent « Quête intérieure » désigne précisément ce processus d’intériorisation, dont le but ultime est de conscientiser notre nature divine et de la manifester à travers notre comportement. Ils utilisent pour cela la méditation, pratique spirituelle qui consiste à s’harmoniser avec la Conscience universelle, laquelle est omnisciente. Vue sous cet angle, cette pratique ne consiste pas uniquement à nous détendre et à faire le vide dans notre mental, mais à nous intérioriser le plus possible, jusqu’à avoir le sentiment d’être une âme à l’état pur. Dès lors, il faut se mettre en état de réceptivité, afin de laisser le Divin s’exprimer à travers nous.
« Trop peu de personne se livrent à l’introspection »
Hélas, en ces temps chaotiques, trop peu de personnes à travers le monde se livrent régulièrement à l’introspection dans le but d’éveiller ce qu’il y a de meilleur en elles, pour ne pas dire de plus spirituel. La plupart sont affairées dans leurs occupations, leurs tâches et leurs activités matérielles, au point que le matérialisme est devenu culturel dans quasiment tous les pays. À cela s’ajoute un manque généralisé de spiritualité et une montée en puissance de l’athéisme. Je pense que c’est la combinaison de ces facteurs qui est à l’origine de la crise à laquelle l’humanité est confrontée depuis plusieurs décennies. Pour y remédier, l’idéal serait que les peuples, dans leur grande majorité, optent pour une approche à la fois humaniste et spiritualiste de la vie en société. C’est précisément ce que tous les Rose-Croix appellent de leurs vœux.




