A propos du Chevalier Rose-Croix

Email this to someoneShare on FacebookTweet about this on TwitterShare on Google+

La notion de chevalier, présente dans l’expression «Chevalier Rose-Croix», remonte en Occident au Moyen-Âge. Elle trouva ses “lettres de noblesse” avec l’apparition des Ordres chevaleresques, en particulier l’Ordre du Temple, fondé en 1118 par Hugues de Payns, durant la première Croisade. Ces Ordres regroupaient des «moines-soldats» qui s’évertuaient à respecter des règles morales inspirées de la religion dominante à l’époque : l’Église catholique. Pour reprendre l’exemple des Templiers, ils suivaient la Règle de saint Benoît, fondée notamment sur les quatre vertus cardinales (la prudence, la tempérance, le courage, la justice) et les trois vertus théologales (la foi, l’espérance, la charité).

Associé à l’origine à des valeurs morales inspirées du Christianisme, le Chevalier en est venu avec le temps à symboliser un idéal éthique plus mystique que religieux. C’est ainsi que pour les membres de l’A.M.O.R.C., le Chevalier Rose-Croix représente l’état de sagesse auquel ils aspirent. Vu sous cet angle, l’Ordre de la Rose-Croix s’apparente à une chevalerie spirituelle réunissant des hommes et des femmes qui, parallèlement à leurs études rosicruciennes, s’évertuent à devenir meilleurs dans leurs jugements et leur comportement. C’est donc un combat contre eux-mêmes qu’ils mènent, ou plus exactement contre leurs faiblesses et leurs défauts. Cela suppose naturellement d’avoir la volonté de se parfaire sur le plan humain.

Comme vous le savez certainement, il existe dans certaines obédiences maçonniques le grade de «Chevalier Rose-Croix» (18e degré dans le Rite Écossais Ancien et Accepté). S’il n’est pas le plus élevé, ce grade, créé vers 1757, est considéré par de nombreux Francs-Maçons comme l’un des plus prestigieux. Quoi qu’il en soit, son existence confirme que la Franc-Maçonnerie, apparue en Angleterre au XVIIIe siècle, a puisé dans la symbolique rosicrucienne, dont on trouve nombre d’éléments dans le livre «Symboles secrets des Rosicruciens des XVIe et XVIIe siècles», publié pour la première fois à la fin du XVIIIe siècle et republié depuis par l’A.M.O.R.C.

Il est intéressant de noter que l’expression consacrée est «Chevalier Rose-Croix» et non «Chevalier Rosicrucien». Si tel est le cas, c’est parce que les termes «Rose-Croix» et «Rosicrucien», bien que souvent employés comme synonymes, n’ont pas tout à fait le même sens. En effet, par définition, être Rosicrucien, c’est être membre de l’Ordre de la Rose-Croix et étudier son enseignement. Dans l’absolu, est Rose-Croix tout Rosicrucien qui, grâce à cette étude et au travail intérieur accompli sur lui-même, a atteint l’état de Sagesse, lequel, précisément, se traduit entre autres par un grand sens de l’éthique.

On confond souvent «Chevalier Rose-Croix» et «Chevalier à la Rose», connu également des Rosicruciens. Si le premier correspond à un archétype, le second est le nom qui a été donné à une statue qui se trouve dans une église d’Aix-en-Provence. D’après ce que l’on sait, elle représente Raymond Bérenger IV, comte de Provence (et beau-père de Saint-Louis), né vers 1198 et mort en 1245. Contrairement à ce que l’on pourrait croire a priori, la rose qu’il tient dans la main droite n’a aucun lien avec la Rose-Croix. Les historiens pensent plutôt qu’elle symbolisait son attachement à l’Église catholique, d’autant qu’il a combattu avec beaucoup de vigueur ceux que le clergé considérait alors comme des “hérétiques”.

Serge Toussaint
Grand Maître de l’Ordre de la Rose-Croix

 

Email this to someoneShare on FacebookTweet about this on TwitterShare on Google+