Pour un autre monde / Spiritualité – Humanisme – Écologie

 NOUVEAUTÉ 

Pour un autre monde / Spiritualité – Humanisme – Écologie (235 pages)

Livre édité par Trajectoire, disponible en librairie.

Écrit dans un langage simple, ce livre est une compilation de points de vue portant sur plus de cent thèmes, les uns concernant des notions purement philosophiques et mystiques, les autres des sujets sociétaux. D’une manière générale, il s’adresse à celles et ceux qui aspirent à un autre monde, fondé sur une vision spiritualiste, humaniste et écologiste de la société. Par extension, il constitue une base de réflexion et de méditation pour quiconque s’interroge sur lui-même et sur le sens profond de l’existence.

 

Index des sujets traités
  • Alchimie spirituelle
  • Âme du monde
  • Amitié
  • Amour
  • Androgynat
  • Animaux
  • Après-vie
  • Argent
  • Avortement
  • Beauté
  • Big Bang
  • Bonheur
  • Compassion
  • Connaissance
  • Conscience
  • Consommation
  • Créationnisme
  • Critique
  • Croyances
  • Culture
  • Destin
  • Diable
  • Écologie
  • Écoute
  • Éducation
  • Égalité
  • Ego
  • Épreuves
  • Erreur
  • Espoir
  • Estime de soi
  • Éthique
  • Être humain
  • Euthanasie
  • Extraterrestres
  • Foi
  • Fraternité
  • Gentillesse
  • Géométrie sacrée
  • Harmonie
  • Hasard
  • Hermétisme
  • Histoire
  • Honneur
  • Humanisme
  • Humanité
  • Illusions
  • Immortalité
  • Indépendance
  • Individualisme
  • Intelligence
  • Intelligence artificielle
  • Intuition
  • Joie
  • Justice
  • Karma
  • Liberté
  • Libre arbitre
  • Livres sacrés
  • Loi d’attraction
  • Luxe
  • Matérialisme
  • Matière
  • Miracles
  • Modes
  • Mort
  • Naissance
  • Nationalisme
  • Nature humaine
  • Pardon
  • Péchés
  • Peine de mort
  • Peur
  • Philosophie
  • Pouvoir
  • Quatre éléments
  • Racisme
  • Rationalité
  • Résilience
  • Rêves
  • Rire
  • Sacré
  • Sacrifice
  • Sagesse
  • Santé
  • Science
  • Science des nombres
  • Secret
  • Soi
  • Solitude
  • Spiritualité
  • Superstition
  • Surpopulation
  • Symbolisme
  • Technologie
  • Temps
  • Théocratie
  • Théorie du complot
  • Tolérance
  • Transcendance
  • Transhumanisme
  • Unité
  • Univers parallèles
  • Utopie
  • Végétarisme
  • Vérité
  • Vieillesse
  • Violence

Extraits :

L’alchimie spirituelle

Les alchimistes du Moyen Âge pratiquaient l’alchimie matérielle (ou opérative) dans le secret de leur laboratoire, à l’aide d’outils et d’instruments insolites, parmi lesquels des cornues, des alambics, des creusets, sans oublier l’athanor, foyer principal des opérations. Leur but était de transmuter des métaux vils (généralement le plomb) en or, selon un processus qui comportait plusieurs étapes (sept d’après la plupart des livres de référence). À l’issue de ce processus, ils étaient censés obtenir la Pierre philosophale qui, après avoir été réduite en poudre et projetée sur le métal en fusion, transformait celui-ci en or. Cela étant, rien ne permet d’affirmer qu’ils y soient vraiment parvenus.

Qu’en est-il de l’alchimie spirituelle ? Par définition, c’est une pratique mystique qui consiste à travailler sur nous-mêmes, afin de transmuter nos faiblesses et nos défauts (nous en avons tous) en leurs qualités opposées : pessimisme en optimisme, impatience en patience, orgueil en humilité, égoïsme en générosité, intolérance en tolérance, etc. Le but d’une telle alchimie est de devenir meilleur sur le plan humain, avec tout ce qui en résulte de positif pour nous-mêmes et pour autrui. Malheureusement, trop peu de personnes ont conscience de l’intérêt et même de la nécessité de se livrer à cette transmutation intérieure, ce qui explique en grande partie l’état quelque peu chaotique du monde.

Certes, il est difficile de transmuter un défaut, car tant qu’il n’est pas maîtrisé, il fait partie intégrante de notre personnalité et tend à s’exprimer chaque fois qu’il en a l’occasion. Pour réaliser sa transmutation, il ne faut surtout pas le combattre, car un tel combat le nourrit et lui donne encore plus d’importance. Comme je l’ai dit précédemment, on doit s’évertuer à lui substituer graduellement la qualité opposée. À titre d’analogie, le seul moyen de vaincre l’obscurité est d’y apporter la lumière. Au début, un tel processus est difficile, mais avec le temps, il vient un moment où cette qualité nous devient « naturelle ». Dès lors, le défaut concerné a été transmuté.

Si l’alchimie spirituelle est fondamentale pour transmuter graduellement nos défauts en leurs qualités opposées et en venir ainsi à exprimer ce qu’il y a de meilleur en nous, une autre forme de transmutation est tout aussi nécessaire : celle qui consiste à remplacer les pensées négatives qui nous viennent à l’esprit par des pensées positives. Par « pensées négatives », il ne faut pas entendre uniquement les pensées empreintes de méchanceté, de rancune, de jalousie, de vengeance, etc. Elles incluent également les pensées générées par la crainte, l’angoisse, le pessimisme, le manque de confiance en soi, etc. Que nous en ayons conscience ou non, elles nuisent à notre bien-être général et sont à l’origine de nombreux troubles psychologiques et physiques.

Quel intérêt y a-t-il à pratiquer l’alchimie spirituelle et mentale ? La réponse à cette question tient en un seul mot : s’améliorer. Mais dans quel but ? En premier lieu, pour devenir une meilleure compagnie pour soi-même, car tout défaut majeur est une cause de mal-être et fait de nous un ennemi de nous-mêmes. En deuxième lieu, pour devenir une meilleure compagnie pour les autres, qu’il s’agisse de nos proches, de nos amis, de nos collègues de travail, de nos voisins, et même des inconnus que nous croisons dans la rue. En troisième lieu, pour devenir un meilleur citoyen et contribuer ainsi à l’amélioration de la société. En fait, ces trois raisons se confondent en une seule : nous parfaire graduellement dans l’intérêt de chacun et de tous, en éveillant ce qu’il y a de plus divin en nous. Cette démarche suppose d’avoir une approche spiritualiste de l’existence, ce qui fit dire à René Guénon : « Le processus initiatique et le Grand Œuvre hermétique ne sont en réalité qu’une seule et même chose : la conquête de la Lumière divine, qui est l’unique essence de toute spiritualité. »

 

L’âme du monde

Sur le plan philosophique, on considère que c’est Platon qui s’est référé pour la première fois à l’Âme du monde (le Timée). Il pensait en effet que l’univers formait un tout organisé (le cosmos) et qu’il était animé par une Âme. Selon lui, c’est cette Âme qui gouvernait le mouvement des astres et, d’une manière générale, l’ensemble des cycles universels et planétaires, ce qui explique pourquoi elle fut désignée en latin sous le nom d’« Anima movens ». C’est à elle aussi qu’il attribuait la vie, telle qu’elle se manifeste à travers les différents règnes de la nature, et à travers l’homme lui-même.

La notion d’Âme du monde a traversé les siècles et inspiré nombre d’écoles philosophiques et de penseurs, et ce jusqu’à nos jours. Les rosicruciens s’y réfèrent également dans leur enseignement. Ils pensent en effet que l’univers est imprégné d’une Âme dite « universelle », laquelle est une émanation de Dieu, qu’ils assimilent à l’Intelligence, la Conscience, l’Énergie, la Force (peu importe le terme) qui est à l’origine de toute la Création. Par extension, cette Âme universelle pénètre la Terre et anime la nature, et à travers elle tous les êtres qui la peuplent. En fait, c’est elle qui fait de notre planète un monde vivant, régi par des lois qui font d’elle un tout cohérent, ordonné et harmonieux.

En raison même de son origine et de sa nature, l’Âme universelle possède un attribut majeur : la Conscience, universelle elle aussi. Elle est présente chez tous les êtres vivants et se manifeste à travers eux à des niveaux divers. Plus ils sont avancés dans la chaîne de la vie, plus l’expression qu’ils donnent à cette Conscience universelle est élevée. En toute logique, et comme le montre l’observation, elle l’est davantage dans le règne humain que dans le règne animal, et davantage dans le règne animal que dans le règne végétal. Ce principe est vrai à l’intérieur d’un même règne. C’est ce qui explique par exemple qu’un dauphin ou un chien sont beaucoup plus intelligents qu’une grenouille ou une poule.

Conformément aux remarques précédentes, tout être humain possède une âme individuelle qui provient de l’Âme universelle. Étant donné que Celle-ci, à l’image de sa Source, est pure et parfaite en essence, il en résulte que nous-mêmes sommes virtuellement purs et parfaits. C’est pourquoi nous sommes capables, lorsque nous exprimons le meilleur de nous-mêmes, de manifester les plus belles qualités que l’on prête à l’âme humaine, qualités que Socrate préférait désigner sous le nom de « vertus » et qu’il attribuait à la présence, en tout individu, d’une parcelle de l’Âme du monde.

Si l’être humain possède une âme virtuellement parfaite, on peut se demander pourquoi il est imparfait dans ses jugements et son comportement, au point d’être parfois malveillant. Parce qu’il n’a pas conscience de sa perfection latente. S’il vit sur Terre, c’est précisément pour réaliser cette prise de conscience et l’exprimer à travers ses pensées, ses paroles et ses actions. Tout individu qui y parvient au terme de son évolution spirituelle devient un agent de l’Âme universelle, ou si vous préférez de l’Âme du monde, et par là même de la Sagesse qui lui est propre. Dès lors, il peut être considéré comme un Sage, un Réalisé, un Maître.

 

L’amitié

À moins de souffrir d’une maladie mentale ou d’un désordre psychologique, tout être humain a besoin d’aimer et d’être aimé pour être heureux. Cela étant, il y a plusieurs degrés dans l’amour : entre deux conjoints, entre des parents et leurs enfants, entre des grands-parents et leurs petits-enfants, entre des oncles ou tantes et leurs neveux ou nièces… et entre des amis. Dans ce dernier cas, on parle plutôt d’amitié, en ce sens que l’affection qu’ils se portent n’est pas filiale et ne concerne pas des membres d’une même famille « de sang », mais des personnes qui sont a priori « étrangères » entre elles. Pourtant, des amis peuvent avoir des liens plus puissants, plus sincères et plus durables.

Une autre particularité de l’amitié réside dans le fait qu’elle est exempte de toute dimension sexuelle, ce qui n’est généralement pas le cas de l’amour qui unit deux conjoints, notamment lorsqu’ils sont jeunes. Il n’y a donc pas d’arrière-pensée de cette nature entre deux amis. De même, il n’y a pas de passion entre eux, au sens véritablement « passionnel » de ce terme. Lorsqu’une amitié se tisse entre des personnes, c’est pour de tout autres raisons. Elles s’aiment et se fréquentent uniquement parce qu’elles s’apprécient en tant qu’individus, ou plus exactement en tant que personnalités.

Il est difficile de décrire ce qui fait que des personnes en viennent à se lier d’amitié. À l’origine, il y a nécessairement une rencontre qui peut être « hasardeuse » ou non. Le plus souvent, il y en a une deuxième, puis une troisième, car on ne devient pas ami sur un « coup de foudre ». Pour qu’il en soit ainsi, il faut apprendre à se connaître, voire à se reconnaître, puis à s’apprécier. Cela demande du temps et, par conséquent, de la patience. Et lorsqu’il s’agit d’une réelle amitié, elle ne cesse de se renforcer au fil du temps et perdure jusqu’à la mort des personnes concernées, au point que celui ou celle qui reste ressent un vide qu’il est difficile de combler, comme c’est le cas lorsque l’on perd un être cher.

La force de l’amitié réside notamment dans le fait qu’elle est désintéressée en tous points et qu’elle donne sans rien attendre en retour. Par ailleurs, elle n’exige pas que l’autre soit tel qu’on voudrait qu’il soit dans sa manière de penser et de se comporter. On l’aime avec ses défauts et ses faiblesses, et les qualités comme les talents qu’on lui connaît sont à la fois une source d’inspiration et une invitation à s’améliorer soi-même. Assurément, l’ami(e) véritable est une âme sœur, ce qui explique pourquoi on se sent autant lié, pour ne pas dire attaché, à lui (à elle).

À plusieurs reprises, j’ai précisé « réelle amitié », « ami(e) véritable ». Pourquoi ? Parce qu’il me semble évident que l’amitié ne se construit pas à travers un « clic » sur tel ou tel réseau social. Ne voyez pas là une critique des relations et des liens que l’on peut tisser sur internet, mais dans la « vraie » vie, il est déjà très difficile d’avoir ne serait-ce qu’une dizaine d’amis dignes de ce qualificatif. Mais rien ne s’oppose à ce qu’un(e) ami(e) virtuel(le) devienne un jour un(e) ami(e) réel(le). Encore faudrait-il qu’ils se rencontrent, se côtoient, fassent des choses ensemble, éventuellement se disputent ; autrement dit vivent des expériences communes.

 

L’androgynat

Si l’on en croit certains textes religieux ou ésotériques traitant de la condition humaine, l’Homme, avant ce que l’on appelle traditionnellement la « chute », était une entité spirituelle androgyne. Autrement dit, il était à la fois homme et femme, ou plus exactement masculin et féminin. Pour des raisons à la fois mythologiques et théologiques, expliquées notamment dans le Traité sur la réintégration des êtres de Martinès de Pasqually, mais aussi dans les ouvrages de Louis-Claude de Saint-Martin (auquel se rattache le martinisme), il « chuta » dans le monde matériel et se dédoubla en deux êtres de sexe différent : l’homme et la femme, d’où naquit graduellement toute l’humanité.

Il est pour moi évident que la « chute de l’Homme » est une allégorie qu’il appartient à chacun d’interpréter à la lumière de ses croyances, de ses connaissances et de ses intuitions. Quoi qu’il en soit, si androgynat il y eut, il fut effectivement de nature spirituelle. Et si androgynat il y a, il concerne l’âme humaine et non le corps humain. Autrement dit, sauf cas très exceptionnel, un être humain est de sexe masculin ou de sexe féminin. C’est sur ce principe, ou plutôt sur cette loi naturelle, qu’est fondée la reproduction de l’espèce humaine. En effet, c’est l’union des deux sexes, ou plutôt la fusion des gamètes mâles et femelles, qui rend possible la procréation d’un enfant, qui lui-même sera de sexe masculin ou de sexe féminin.

Par convention, on a coutume de dire qu’un garçon et par extension un homme appartiennent au genre masculin, et qu’une fille et par extension une femme appartiennent au genre féminin. Malheureusement, au-delà de cette convention qui n’a rien de péjoratif en soi, on en est venu à stéréotyper chacun de ces deux genres et à leur associer des caractéristiques ou des particularités arbitraires : la force, l’autorité, l’endurance, la persévérance… pour le genre masculin ; l’affectivité, la sociabilité, l’écoute, la patience… pour le genre féminin. Plus grave encore, l’idée que le genre masculin est supérieur au genre féminin a perduré pendant des siècles et reste encore ancrée dans les mœurs, d’où les comportements machistes qui perdurent dans la société. Hélas, ce préjugé est à l’origine d’inégalités flagrantes entre les hommes et les femmes, notamment sur le plan socioprofessionnel.

En ce qui me concerne, il est évident que le genre masculin n’est en aucun cas supérieur au genre féminin, et inversement. Je pense néanmoins qu’il y a une psychologie plutôt masculine et une psychologie plutôt féminine, que Jung désignait respectivement par les termes « animus » et « anima ». Autrement dit, il existe une manière d’analyser et de ressentir plutôt propre aux hommes, et une autre plutôt propre aux femmes. Ce fait transparaît notamment dans le choix des films que les uns et les autres préfèrent regarder : plutôt de l’action, voire de la violence, chez les premiers ; plutôt de l’émotion, voire du romantisme, chez les secondes. On le constate également dans les métiers exercés par les hommes et par les femmes : il y a beaucoup plus d’informaticiens que d’informaticiennes (domaine qui privilégie le rationalisme), mais beaucoup plus d’infirmières que d’infirmiers (domaine qui privilégie l’empathie).

L’évolution accomplissant graduellement son œuvre, on constate que les hommes et les femmes ne cessent de se rapprocher sur le plan psychologique et en viennent à vivre au diapason de pensées et d’émotions communes. Cette tendance laisse supposer que l’animus et l’anima sont en voie de s’équilibrer à travers un genre androgyne. Cela étant, je pense que cet androgynat à venir n’aura rien d’anatomique, car aussi longtemps qu’ils vivront sur Terre, il me semble évident que les êtres humains seront soumis à la loi de dualité, de sorte que les hommes seront de sexe masculin et les femmes de sexe féminin.